Bilan

Faute de taux d'intérêts élevés, les particuliers vont investir dans les actifs

Alors que les taux d'intérêts restent très bas, les particuliers devraient investir dans les actifs pour générer des revenus. L'étude menée par le cabinet Schroders auprès de 20'000 investisseurs de 28 pays indique que la plupart d'entre eux attendent une performance de 12% sur les mois à venir.
  • Déçus par les taux d'intérêts très bas, les investisseurs particuliers vont investir pour générer des revenus dans les mois à venir.

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  • Malgré leur volonté de générer des revenus, les investisseurs particuliers ne vont placer que 21% de leur portefeuille en actions.

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  • Avec les taux d'intérêts très bas en ce moment, il n'est pas très lucratif de laisser son capital en banque.

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Depuis plusieurs mois, les taux d'intérêts sont orientés à la baisse. En Suisse, les taux sont même négatifs depuis peu. Mais le phénomène des taux atteignant des records de faiblesse est général dans les économies développées. Pour générer des revenus, les investisseurs doivent opter pour des actifs et non se contenter de placements traditionnels ou d'obligations. Une tendance que vient confirmer la dernière enquête Schroders sur les tendances mondiales d'investissements qui indique que 87% des particuliers interrogés envisagent d'investir dans des actifs pour générer un revenu.

Menée ces derniers mois auprès de 20'706 particuliers de 28 pays ayant prévu d'investir au moin 10'000€ dans les douze prochains mois, l'étude montre aussi un retour de la confiance des investisseurs: 54% des personnes interrogées se disent plus confiants dans les opportunités d'investissements de l'année à venir que l'an dernier; et ils sont plus de neuf sur dix (91%) à s'attendre à une hausse de leurs investissements sur la période étudiée. En moyenne, une performance de 12% sur les douze prochains mois est espérée par les particuliers.

Plus d'audace sur les marchés émergents

«Les investisseurs particuliers du monde entier s'intéressent à la génération de revenus en raison d'une part de la faiblesse des rendements obligataires et des taux d'intérêt et, d'autre part, des opportunités et de la stabilité à long terme qu'offrent généralement les entreprises versant des dividendes. Ils savent l'importance que jouent le réinvestissement des dividendes et la croissance des portefeuilles dans la génération de revenus. Il est également essentiel qu'ils diversifient leurs investissements sur le plan géographique et des classes d'actifs», analyse Massimo Tosato, vice-président exécutif de Schroders.

Cette appétance pour des placements rémunérateurs est largement partagée sur la planète. Mais la volonté des particuliers d'opter pour des placements moins sûrs (et donc potentiellement plus lucratifs) est encore plus marquée en Asie, dans les Emirats Arabes Unis, en Amérique du Sud et en Afrique du Sud où plus de 90% des investisseurs veulent opter pour ces choix davantage rémunérateurs. L'intérêt pour ces placements est presque aussi élevé en Amérique du Nord et en Europe continentale avec plus de 80% de particuliers prêts à faire ce choix. Curieusement, c'est en Grande-Bretagne que la proportion est moins élevée, avec 70% d'investisseurs décidés à se lancer dans ces décisions-là.

Les actions pour 21%... seulement

Vers quels placements vont-ils donc précisément se tourner? Malgré leur appétance pour les investissements rémunérateurs, ils ne devraient placer que 21% de leur portefeuille dans des actifs avec un profil rendement/risque assez élevé comme les actions, contre 45% dans des placements concernant des actifs avec un profil rendement/risque faible (comme les liquidités). Les placements plus sûrs comme les obligations devraient attirer 35% des actifs. Globalement, les auteurs de l'enquête observent «un biais en faveur des investissements à court terme, près de la moitié (46 %) des investisseurs préférant des échéances de un à deux ans».

Recherche de revenus substantiels donc, sans prise de risque excessive non plus, afin de financer des projets personnels ou familiaux notamment: «Les investisseurs particuliers cherchent à répondre à des objectifs spécifiques comme le financement des études de leurs enfants, l'achat d'une première maison, la création d'entreprise ou compléter leurs revenus existants lors de la retraite. Le besoin en revenus (et les défis que cela induit) est fort, en particulier compte tenu de la faiblesse des taux d'intérêt à l'échelle mondiale», constate Massimo Tosato.

Avec seulement 21% du portefeuille placé dans les actions pourtant, il semble subsister une distinction entre les intentions et les réalisations: «Le fait d'attendre des performances à deux chiffres au cours des 12 prochains mois et de placer moins d'un quart (21 %) de leur portefeuille dans des actifs risqués montre que les investisseurs n'adoptent pas une approche réaliste en matière d'investissement. Il est primordial qu'ils façonnent leur portefeuille de manière à trouver un équilibre entre leur profil de risque et les performances qu'ils visent. Dans la plupart des cas, ils auront besoin pour cela des conseils d'un professionnel», avertit Massimo Tosato.

La confiance comme levier majeur

Un conseil que peu de particuliers envisagent pourtant de suivre a priori: 23% seulement des investisseurs particuliers envisagent de faire appel à un conseiller financier professionnel. Et l'attente de revenus plus élevé de nombre de particuliers semble déconnectée d'une stratégie adaptée: 34% d'entre eux ne comptent pas modifier leurs placements par rapport aux années précédentes et espèrent donc que leurs choix seront cette année, à la différence du passé récent, couronnés de succès.

Ne rien changer mais gagner plus: une équation étrange mais qui semble pourtant convaincre de nombreux particuliers, sans doute convaincus que la reprise économique dopera des placements déjà réalisés ou répétés à l'identique par rapport à l'an dernier. Car c'est l'optimisme retrouvé qui se dégage de l'enquête 2015: ils n'étaient que 38% en 2013 et 43% en 2014 à compter sur une croissance de leurs revenus alors que ce chiffre atteint donc 50% cette année.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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