Bilan

Etre informé aide à prévoir les risques

Certaines caisses de pension consultent régulièrement la direction financière de l’entreprise pour gérer leurs risques. Qu’ils soient actifs ou rentiers, les assurés y gagnent.

Roland Schmid, directeur de Swiss Life Pension Services.

Crédits: Dr

Légalement responsable des décisions prises par la caisse de pension dans l’intérêt de ses assurés, un conseil de fondation avisé se comporte de plus en plus souvent comme le conseil d’administration d’une entreprise. Il cherche à apprécier le risque global de son institution de prévoyance et à le gérer au mieux pour pouvoir verser les prestations prévues.

Pas si simple: Roland Schmid, directeur de Swiss Life Pension Services, a suggéré, lors du Salon de la prévoyance professionnelle à Lausanne, l’instauration d’une sorte de «cabine de pilotage des risques». A l’instar du tableau de bord dont sont familiers les membres des grands conseils d’administration et les directions générales d’entreprises.

Ce pour être à même de réagir rapidement si l’un des risques préidentifiés est en passe de se concrétiser. En outre, cet expert relève qu’«une mauvaise sélection des indicateurs» retenus dans cette boîte à outils de la gestion des risques «entraîne une évaluation totalement erronée de la situation actuelle et future».

Au nombre des éléments importants gages de la stabilité financière d’une caisse de pension s’inscrit le rapport entre assurés actifs et rentiers. Plus le nombre de retraités est élevé dans une institution de prévoyance, plus sa capacité à prendre des risques sur les marchés financiers est restreinte. Or certaines décisions à venir de l’employeur sont de nature à modifier ce rapport entre actifs et rentiers ou la structure d’âge des assurés actifs, qui influe également sur la gestion de la caisse de pension: un licenciement économique, par exemple, ou encore une vague de préretraites.

«De nombreux conseils de fondation discutent donc régulièrement avec la direction financière de l’entreprise pour être informés en amont des décisions managériales susceptibles d’avoir un impact sur les comptes de l’institution de prévoyance», indique ce spécialiste.

Ce mode de pilotage des risques va dans l’intérêt des assurés, surtout ceux qui sont encore actifs. En effet, une liquidation partielle de la caisse de pension – qui intervient parfois en cas de départ groupé d’assurés pour cause de licenciement économique – a souvent pour conséquence de réduire le taux de couverture de l’institution de prévoyance. Une discussion en amont avec l’employeur permet à la caisse de pension d’apprécier différemment ses risques à venir et donc l’objectif de rendement de la fortune raisonnablement réalisable sans fragiliser le taux de couverture.

Visibilité à long terme

De leur côté, les employeurs sont tenus par les normes de comptabilité internationales IAS/IFRS d’identifier et de provisionner leurs contributions futures au titre de la prévoyance des employés. Ils apprécient donc d’avoir une visibilité à long terme sur leurs dépenses à venir en la matière. Quant à la caisse de pension, une information la plus étendue possible sur les événements futurs susceptibles d’impacter ses comptes lui permet de dynamiser ses indicateurs de risques. Une façon efficace de concilier au mieux les intérêts de ses assurés actifs et ceux de ses assurés déjà rentiers tout en préservant sa santé financière à long terme.  

Geneviève Brunet

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