Bilan

Et si on s’inspirait des meilleures caisses de pension?

Flexibilité dans la gestion et souplesse dans l’allocation d’actifs sont les principaux facteurs à l’origine des bonnes performances réalisées par certains fonds de pension étrangers.

 

 

Crédits: Retrorocket/Shutterstock

Certaines caisses de pension affichent des rendements remarquables sur le long terme. C’est le cas d’institutions en Suède ou au Canada qui présentent des performances – en monnaie locale – à deux chiffres. En comparaison, le rendement annuel moyen se situe entre 2,5 et 3,1% en Suisse, selon une étude publiée cette année par Swisscanto. Ces mêmes caisses de pension helvétiques anticipent en moyenne des rendements évalués à 3,4% sur dix ans. Comment explique-t-on ces différences avec les «Best in Class» étrangers et les rendements attendus?

Et dans un environnement marqué par des rendements faibles, que peuvent faire un patron de PME, un entrepreneur ou un indépendant tels qu’un médecin ou un avocat pour obtenir de tels résultats pour leurs collaborateurs et eux-mêmes ?

Plusieurs facteurs expliquent ces rendements. Le premier élément à prendre en compte est d’ordre réglementaire. Les restrictions à l’égard des placements sont plus flexibles dans ces pays et la réglementation plus volontariste qu’en Suisse. La structure des assurés – qui reflète la proportion de rentiers par rapport au nombre d’actifs – joue aussi un rôle. Elle se veut plus favorable dans ces cas particuliers. La fortune gérée par ces différentes caisses de pension est aussi nettement plus élevée.

Cela permet à leurs gérants d’accéder à des instruments financiers et à des classes d’actifs nécessitant des mises de fonds importantes. Le phénomène de concentration des caisses de pension, observé depuis plusieurs années déjà en Suisse, devrait persister voire s’accélérer. Ainsi, les institutions helvétiques devraient pouvoir aussi accéder à l’avenir à ce type d’actifs comme investir par exemple en direct dans le private equity. 

Jusqu’à 90% d’actions dans les portefeuilles

L’élément déterminant se situe cependant au niveau de l’allocation des actifs de ces caisses de pension étrangères. Ces dernières ont reconnu depuis longtemps que les actions et d’autres véhicules moins liquides comme l’immobilier, le private equity ou l’infrastructure s’imposent comme les «moteurs» de la performance. Elles ont intégré cet enseignement. Leur allocation d’actifs peut représenter dans certains cas jusqu’à 90% d’actions dans les portefeuilles. L’observation de cette pratique pose la question des objectifs poursuivis par les caisses de pension suisses. Ne devraient-elles pas plus orienter leurs objectifs sur le long terme?

La bonne nouvelle pour les PME et leurs patrons, les entrepreneurs ainsi que les indépendants – soit près de 80% des assurés en Suisse – est la possibilité qu’ils ont de pouvoir déterminer librement l’architecture de leur caisse de pension. Malheureusement, cette opportunité n’est que très rarement exploitée. Ainsi, plusieurs choix doivent être considérés. Il s’agit de séparer la prévoyance de base de la prévoyance complémentaire.

Il faut choisir en effet une fondation de base permettant une allocation adaptée aux besoins de l’entreprise et sélectionner une fondation complémentaire en mesure de proposer plusieurs stratégies de placement. Et finalement, il importe de prendre chaque décision en connaissance de cause tant au niveau de l’entreprise que de l’assuré, en s’appuyant sur un conseil externe.

Ainsi, si un patron de PME, un entrepreneur ou un indépendant prennent conscience de l’importance de la gestion de fortune dans le cadre de leur propre caisse de pension, ils n’en tireront que des avantages. Ils pourront bénéficier d’un rendement plus attrayant, d’une protection contre l’inflation à venir mieux adaptée et d’un accès facilité à des instruments financiers réservés jusqu’alors à des investisseurs qualifiés. Ils pourront aussi compter sur une meilleure protection pour leur famille et eux-mêmes renforçant ainsi la probabilité d’atteindre les objectifs de financement fixés pour leur retraite. L’enjeu mérite clairement une remise en question de la pratique actuelle. 

* Gérant de clientèle et membre du conseil de fondation de la caisse complémentaire chez Lombard Odier. 

Knut Giersch*

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