Bilan

En 2018, les banques suisses devraient générer 61 milliards de revenus

Les banques suisses devraient enregistrer une progression annuelle de 2,5% de leurs revenus bruts jusqu'en 2018. Une étude prédit une pression sur les coûts accrue, induite par les nouvelles réglementations. Les petites banques y seront davantage sujettes que les autres.

L'étude de l'Association suisse des banquiers (ASB) et du Boston Consulting Group identifie des potentiels de croissance dans tous les domaines, mais principalement pour les activités de banque privée.

Crédits: Keystone

Les banques suisses devraient enregistrer une progression annuelle de 2,5% de leurs revenus bruts jusqu'en 2018 à 61,6 milliards de francs, selon une étude de l'Association suisse des banquiers (ASB) et du Boston Consulting Group. Le rapport publié jeudi identifie des potentiels de croissance dans tous les domaines, mais principalement pour les activités de banque privée. Les petits établissements auront fort à faire pour s'adapter aux nouvelles réglementations.

Les perspectives pour la place bancaire suisse sont "favorables" malgré un "contexte exigeant", affirme l'ASB dans un communiqué. La croissance des revenus bruts devrait ainsi s'afficher en hausse par rapport aux trois dernières années. Elle sera portée par le renforcement des activités de banque privée et la solidité des opérations avec la clientèle privée et celle des entreprises, selon cette mise à jour de la première étude menée en 2011.

L'ASB souligne toutefois que les opportunités supplémentaires sont "substantielles" dans tous les domaines. La faîtière les chiffre à 2,0 mrd CHF pour la banque privée et à 0,4 mrd CHF pour la gestion d'actifs en 2018. Selon cette étude, la Suisse devrait rester en tête des centres offshore mondiaux pour la banque privée, avec toutefois des taux de croissance moins élevés par rapport aux places concurrentes.

La croissance de ces activités restera fortement dépendante des pays émergents, qui demeurent les principaux contributeurs. L'étude anticipe un afflux de fonds accru de la part des clients riches (HNWI, patrimoine net de +1 mio CHF) et ultra riches (UHNWI, au-delà de 20 mio CHF). La Suisse reste numéro un mondial de la gestion de fortune.

DES RÈGLES DIFFÉRENTES POUR LES PETITES BANQUES

Rien ne sera facile pourtant. L'ASB prédit une pression sur les coûts accrue, induite par les nouvelles réglementations. Les petites banques y seront davantage sujettes que les autres. L'accès aux marchés internationaux, essentiel pour l'ASB, constitue le "plus important facteur d'incertitude" pour l'heure.

M. Margelisch a renouvelé ses inquiétudes à ce sujet. "Ce qui était encore un principe il y a peu est devenu aujourd'hui la règle", a-t-il déclaré, en faisant allusion à l'échange automatique d'information. Par ailleurs, M. Margelisch a mis une nouvelle fois en garde contre les "tendances protectionnistes" en Suisse, après le vote du 9 février.

L'étude met également le doigt sur les conséquences de l'harmonisation des normes internationales, propres à influencer l'offre des prestations, le comportement des clients et les qualités distinctives de la Suisse. Enfin, l'ASB prédit une différenciation plus marquée des places bancaires concurrentes en raison de la mise en place à l'échelon suisse des réglementations.

L'association établit une liste de recommandations. Elle préconise notamment une réglementation différenciée pour les petits établissements, afin que ceux-ci puissent absorber plus facilement la hausse des coûts liée à la nouvelle législation. Claude-Alain Margelisch, président du comité exécutif de l'ASB, a suggéré d'assouplir le ratio de liquidités exigé des petits établissements.

RALENTISSEMENT DE LA CROISSANCE ENTRE 2010 ET 2013

Les banques sont, pour leur part, invitées à adapter leur modèle d'affaires. Parmi les défis qui les attendent, la numérisation figure en bonne place, notamment pour le conseil à la clientèle. Il s'agit selon M. Margelisch d'une "opportunité à saisir" pour les institutions. "La technologie est là", a-t-il rappelé.

L'étude détaille également quelques statistiques touchant au secteur bancaire pour la période 2010-2013. La croissance "modeste" s'est élevée à 1,1% par an, à en moyenne 54,4 mrd CHF. Cette progression ralentit par rapport au 1,8% enregistré lors de l'étude 2011. "Le secteur bancaire suisse a crû de manière moins prononcée que l'économie suisse", remarque Daniel Kessler, de Boston Consulting Group.

Les activités de banque privée, qui représentent près de 50% des revenus des banques, étaient moins dynamiques. Une érosion des marges est constatée mais celle-ci a pu être compensée par la hausse des volumes.

Par secteur, les activités de banque privée ont crû de 0,6%, celles destinées à la clientèle privée de 2,1% et des entreprises de 2,3%, tandis que la gestion d'actifs a progressé de 1,9%. La grosse contreperformance est réalisée par banque d'investissement, qui accuse un repli de 10,9%, malgré une bonne année 2010.

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