Bilan

EFG International a finalisé l'acquisition de BSI

EFG International a finalisé l'acquisition de la banque tessinoise BSI au prix provisoire de 1,1 milliard de francs.

Avec le rachat de BSI, EFG International devient la plus grande banque privée de Suisse.

Crédits: Keystone

EFG International a finalisé l'acquisition de la banque tessinoise BSI au prix provisoire de 1,1 mrd CHF. La transaction constitue une "étape importante pour le positionnement et la croissance" du groupe zurichois, a indiqué ce dernier mardi.

EFG International a conclu avec le brésilien BTG Pactual l'acquisition de BSI, après avoir obtenu le feu vert des régulateurs. Dans le détail, la banque zurichoise a dépensé 575 mio CHF en numéraire, 86,2 mio en action EFG pour une valeur de 454 mio CHF et 31 mio CHF sous la forme d'instruments AT1 pour acquérir la totalité de l'établissement tessinois.

Pour BSI, le prix d'achat correspond à une valeur comptable de 1,4 mrd CHF. L'opération va générer un écart d'acquisition négatif de 329 mio. EFG a précisé que "le prix d'achat définitif de BSI dépendra du résultat de l'audit final" et pourra encore être ajusté. BSI sera gérée comme filiale jusqu'à sa pleine intégration au deuxième trimestre.

BTG Pactual a pour sa part consenti à indemniser EFG International au titre de responsabilités et dommages connus liés au non-respect de déclarations, de garanties, d'accords ou d'obligations et "d'autres aspects ayant trait à des affaires juridiques spécifiques". EFG a ainsi transféré 51 mio de ses propres actions sur un compte bloqué suisse, où elles seront retenues pendant deux ans.

Au terme de l'opération, EFG Group reste le principal actionnaire d'EFG International avec une participation de 44,2%, alors que BTG Pactual détiendra 30,0%.

Avec ce rachat, EFG International devient la plus grande banque privée de Suisse avec des actifs sous gestion d'environ 148 mrd CHF et plus de 700 conseillers clientèle, a-t-elle indiqué. Le groupe prend "une position concurrentielle significative sur le marché mondial en pleine croissance de la gestion de fortune", selon un communiqué.

Le taux de fonds propre durs (CET 1) du groupe combiné se monte à 16,8% selon la norme Swiss GAAP et un ratio de couverture des liquidités de 219%.

Objectifs confirmés

Le directeur général (CEO) d'EFG International, Joachim Straehle, a évoqué "un tournant historique" pour les deux établissements. "Le nouveau groupe affichera une robuste situation en termes de capitaux et de liquidités, qui viendra s'inscrire en soutien de la poursuite du développement des activités", a-t-il ajouté.

Au niveau de la direction, le vice-président de BSI, Steve Jacobs, et le CEO Roberto Isolani, sont entrés au conseil d'administration comme représentants de BTG Pactual.

Le groupe a également détaillé ses performances au troisième trimestre et a fait le point sur les mesures de réduction des coûts. Le nombre d'emplois (équivalent temps plein) a ainsi été réduit de 40 à 2016 postes et devrait passer à 1990 à la fin de l'année.

Les afflux nets d'argent frais sont restés stables, néanmoins avec une "tendance positive" en Europe et au Royaume-Uni. Les actifs sous gestion se sont repliés de 1% à 79,8 mrd CHF fin septembre par rapport à fin juin.

Les résultats trimestriels, non détaillés, sont restés stables au niveau opérationnel et des marges. Le résultat net a quant à lui notamment été affecté par les coûts et provisions liés à l'acquisition et à l'intégration de BSI.

Côté BSI, les actifs sous gestion générateurs de revenus ont diminué de 9,2% à 69,0 mrd CHF fin septembre comparé à fun juin.

Le groupe a confirmé ses objectifs à moyen terme.

D'autres reflux possibles

La direction d'EFG International n'exclut pas que les reflux de capitaux auxquels est actuellement confrontée BSI se poursuivent y compris après la finalisation du rachat de la banque privée tessinoise par son homologue zurichoise. Dans un entretien accordé mardi à AWP, le directeur général (CEO) d'EFG, Joachim Strähle, a cependant confié qu'il s'attendait à voir l'hémorragie parvenir à son terme.

Au 1er semestre, BSI a enregistré un reflux net d'avoirs clientèle de 9,6 mrd CHF. Les actifs sous gestion (AuM) sont retombés à 73,7 mrd CHF, après 84,3 mrd à la fin de l'exercice précédent. Le reflux constaté est survenu essentiellement après les décisions des autorités suisses et singapouriennes.

Prise dans le scandale du fonds souverain malaisien 1MDB, la banque tessinoise s'est vu révoquer sa licence bancaire à Singapour en mai, alors que le gendarme suisse des marchés (Finma) a exigé sa dissolution complète dans un délai de douze mois après son intégration dans EFG.

Entre-temps, le groupe bancaire fusionné évoque désormais une masse sous gestion se montant à 148 mrd CHF, après les 170 mrd prévus lors de l'annonce de la fusion.

EFG a prévu de tenir le 8 décembre prochain une conférence à l'attention des analystes et des investisseurs sur l'état actuel des synergies.

Dans leurs commentaires, les analystes divergent quant à leur appréciation sur l'action EFG. Alors que certains y voient une opportunité de placement, d'autres estiment avoir pêché par optimisme dans leurs prévisions tant pour EFG que pour BSI.

Vers 16h30, l'action égarait 4,7% à 5,07 CHF dans un SPI (-0,48%) en légère baisse.

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