Bilan

EFG fusionne avec BSI et se hisse au 5e rang de la gestion de fortune

Avec quelque 170 milliards de francs d'actifs sous gestion, la nouvelle entité bancaire se profile comme un acteur de premier plan dans la gestion patrimoniale en Suisse.

A la conclusion de la transaction, BSI continuera à exister sous sa forme actuelle jusqu'à la migration sur une plateforme informatique commune d'ici fin 2017.

Crédits: Keystone

Après des semaines de tergiversations, d'annonces et de démentis, le repreneur de la banque privée BSI est désormais connu. Le gestionnaire de fortune zurichois EFG International a annoncé lundi l'aboutissement des "négociations exclusives" avec BTG Pactual, actuel propriétaire de BSI. Avec une masse d'actifs sous gestion (AuM) de 170 mrd CHF, la nouvelle entité devient le numéro cinq de la gestion patrimoniale en Suisse, entre le genevois Pictet et le bâlois J. Safra Sarasin.

Même si les deux partenaires préfèrent parler de fusion que d'acquisition, EFG va devoir débourser 1,33 mrd CHF, répartis entre 975 mio CHF en espèces et 52,6 mio actions EFG. La valeur comptable de BSI s'élève à quelque 1,43 mrd CHF, précisent les deux établissements dans un communiqué conjoint.

Afin de financer l'opération, le groupe zurichois va procéder à une offre de droits de souscription pour 500 mio CHF. Un apport supplémentaire de 250 mio CHF sera assuré par le biais des fonds propres.

L'augmentation de capital prévue sera garantie par les deux actionnaires de référence de la nouvelle entité, EFG et BTG. Si les conditions économiques venaient à entraver la levée de capitaux auprès du public, le groupe zurichois s'engage à souscrire 125 mio CHF de capital-actions supplémentaire, et la banque d'investissement brésilienne jusqu'à 250 mio en capital additionnel et jusqu'à 125 mio en fonds propres durs (Tier 1).

Augmentation de capital garantie

"Dans un contexte marqué par une grande volatilité, il est important pour toutes les parties prenantes d'avoir une certaine certitude concernant le financement de la transaction", a déclaré lundi en conférence de presse Piergiorgio Pradelli, directeur financier (CFO) du groupe zurichois.

Ce "scénario du pire", qui ferait grimper la participation de BTG à 30%, n'impressionne pas outre mesure le directeur général (CEO) d'EFG, Joachim Strähle. Par ailleurs, l'accord signé entre les deux partenaires prévoit qu'EFG reste quoi qu'il arrive l'actionnaire principal, avec une part de plus de 35%.

Le financement d'une partie de la transaction par l'émission d'actions permet au ratio de fonds propres de rester en dessus des dispositions légales en la matière. "Pour les investisseurs, la transaction est intéressante dans la mesure où elle permet des économies d'échelle réparties entre les deux banques" a poursuivi le CFO, soulignant que plus de 50% des 185 mio CHF d'économies escomptées d'ici 2019 seront réalisées moyennant la migration des deux banques vers une plateforme informatique commune.

Siège à Zurich

Interrogé sur le siège du futur groupe, M. Strähle a déclaré qu'il se situera vraisemblablement sur les rives de la Limmat, s'empressant d'ajouter que la Romandie et le Tessin continueraient d'abriter une partie substantielle de la force de travail de la nouvelle entité.

La réponse est restée vague en ce qui concerne les suppressions de postes, que ce soit sur leur ampleur ou sur leur répartition. "Il est trop tôt pour se prononcer, nous communiquerons à ce sujet une fois la transaction finalisée", a lâché M. Strähle. En marge de la conférence, Stefano Coduri, CEO de BSI, a évoqué la baisse des effectifs "dans certains secteurs" et l'augmentation dans d'autres.

En novembre, EFG avait annoncé un vaste programme de réduction de coûts, avec à la clé la suppression de 200 postes. BSI pour sa part avait confirmé un mois plus tôt que 160 postes allaient passer à la trappe dans le cadre de son programme de restructuration.

Un épais mystère enveloppe également la structure de la future direction. La nouvelle équipe dirigeante sera déterminée "en temps voulu" et BSI sera représentée "équitablement", a assuré M. Strähle. Plusieurs voix prophétisent cependant le départ de M. Coduri.

Masse critique pour l'international

L'opération, dont la finalisation est prévue au 4e trimestre 2016, sous réserve de l'approbation des actionnaires et le feu vert des autorités de surveillance, permettra aux deux établissements de rester concurrentiels dans le secteur de la gestion de fortune internationale.

Si au niveau suisse, 88 mrd CHF d'actifs représentent une masse d'AuM suffisante pour opérer, "ce n'est plus suffisant aujourd'hui pour un groupe présent dans une vingtaine marchés différents", a déclaré M. Coduri, en référence à l'augmentation des coûts dans les domaines technique et régulatoire ces dernières années.

La banque Vontobel évoque une opération "audacieuse", mais des objectifs de synergie "pas très ambitieux". Selon elle, les coûts d'intégration de 200 mio CHF sont relativement élevés.

Le rachat de BSI devrait transformer EFG et représente une nouvelle stratégie, ont pour leur part estimé les spécialistes de Baader Helvea. Le groupe zurichois était jusqu'à présent axé sur une croissance organique avec le recrutement de nouveaux conseillers.

Pour la Banque cantonale de Zurich (ZKB), la reprise de BSI n'est plus vraiment une surprise, l'établissement "était condamné à faire des acquisition" pour atteindre une masse critique.

A la Bourse suisse, l'annonce n'a pas vraiment suscité l'euphorie auprès des investisseurs. Après une ouverture en hausse, la nominative EFG a pris le chemin de la cave. A 15h35, le titre plongeait de 7,9% à 6,17 CHF, alors que le marché global (SPI), prenait 1,05%.

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