Bilan

EFG-BSI précise ses synergies informatiques

Le groupe bancaire EFG-BSI compte dégager des synergies de 100 millions de francs suite à la migration de la plateforme informatique de BSI vers celle de son repreneur.

La plateforme utilisée par EFG est celle du développeur genevois Temenos. BSI abandonnera d'ici fin 2017 la solution Avaloq.

Crédits: Keystone

Le groupe bancaire fusionné EFG-BSI compte dégager des synergies de 100 mio CHF suite à la migration de la plateforme informatique de BSI vers celle de son repreneur zurichois d'ici fin 2017. Dans un communiqué diffusé jeudi, la direction confirme son objectif de synergies de 185 mio CHF d'ici 2019. Elle a identifié des doublons mais n'a pas fourni de détails quant à la réduction de la voilure en termes de personnel.

"Dans une perspective d'avenir, nous avons décidé que la banque fusionnée allait opérer sur la plateforme de base d'EFG à partir de 2018, en raison de la réduction des coûts engendrée", a déclaré Joachim Strähle, directeur général (CEO) d'EFG International, cité dans le communiqué.

Actuellement, le coût combiné des deux plateformes se monte à 240 mio CHF, dont deux tiers échoient à BSI, a précisé lors d'une téléconférence le directeur financier (CFO) d'EFG, Giorgio Pradelli. En 2018, après la migration sur la plateforme commune, ce montant devrait être ramené à 170 mio CHF, et dès 2019 à 140 mio.

La plateforme utilisée par EFG est celle du développeur genevois Temenos. BSI abandonnera donc d'ici fin 2017 la solution Avaloq mise en place par son ex filiale B-Source, dont elle a vendu sa participation début février.

Enumérant les critères qui ont amené le groupe fusionné à opter pour la plateforme utilisée par EFG, le CFO a mentionné les coûts, l'adaptabilité, l'indépendance opérationnelle et la couverture géographique. Le début de la migration est prévu pour le début du 2e trimestre 2017.

Interrogé sur une possible pénalité en faveur de B-Source suite à la résiliation de son contrat de service, le CEO de BSI Stefano Coduri a botté en touche, rappelant que la plateforme restera en service jusqu'à la fin de l'année prochaine et que le développeur tessinois serait impliqué de près dans la migration. "Il y aura vraisemblablement zéro impact", a tranché M Strähle.

Suppression de doublons

"L'économie d'échelle est l'élément déterminant de l'opération", a assuré le CFO. La nouvelle entité compte supprimer des doublons dans plusieurs centres opérationnels, à Zurich, Genève, Monaco, Luxembourg, Hong Kong, Singapour et aux Bahamas.

S'il a admis une probable réduction de postes dans le cadre de la fusion, M. Strähle s'est cependant montré évasif sur l'ampleur et la localisation des coupes. "Nous examinons actuellement les activités qui font doublon, mais il est encore trop tôt pour articuler un nombre", a-t-il expliqué. Les deux banques mènent déjà de vastes programmes d'économies de coûts qui impliquent la suppression de quelque 400 emplois.

La simplification de la structure du groupe devrait générer des synergies à hauteur de 27 mio CHF, les mesures d'amélioration de l'efficience dans le coeur d'activité 21 mio et la centralisation des processus et "autres économies" 28 mio supplémentaires.

Au niveau des résultats, EFG-BSI s'attend à un recul des recettes de 15 mio CHF suite à l'abandon de certaines activités et une contraction du résultat avant impôts comprise entre 60-105 mio CHF.

Les coûts de l'intégration sont devisés à 200 mio CHF pour EFG, alors que le brésilien BTG Pactual, actuel propriétaire de BSI, prendra à sa charge 53 mio CHF. Les charges relatives à la migration représentent 80 mio CHF, ceux liés à l'adoption d'un plan social 30 mio.

Les préparatifs en vue de la fusion ont connu un "bon départ", selon le CEO d'EFG. Ce dernier n'a cependant pas souhaité s'exprimer sur la marche des affaires au cours du premier trimestre 2016.

Risques sous-estimés

Les analystes ont accueilli la présentation d'EFG avec un certain scepticisme. Outre le fait que celle-ci n'a rien apporté de nouveau sur le fond par rapport à fin février, les experts estiment toujours que les risques liés au rapprochement des deux entités sont sous-estimés.

Dans un premier commentaire, la Banque cantonale de Zurich (ZKB) s'attend à une certaine retenue de la part du marché, dans la mesure où la perte de clients est souvent minimisée et le potentiel de synergies exagéré dans ce genre de transaction. Son analyste confirme sa recommandation "pondérer au marché".

Vontobel se montre plus critique, évoquant les risques liés à la complexité du processus d'intégration, auxquels s'ajoutent ceux liés à des litiges juridiques. L'expert de la banque privée zurichoise s'en tient à "hold" et place sous révision négative l'objectif de cours actuel, fixé à 7,50 CHF.

Les détails fournis par EFG-BSI ont en revanche eu la faveur des investisseurs. Après avoir marqué une pointe à 5,71 CHF (+5,9%) une demi-heure après l'ouverture, la nominative EFG a perdu de sa superbe. A la clôture, l'action a terminé en hausse de 2,04% à 5,50 CHF, dans un SPI en repli de 0,35%.

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