Bilan

Edgar de Picciotto, banquier jusqu’au dernier souffle

Le fondateur de l’Union bancaire privé est décédé ce dimanche, à 87 ans. Visionnaire et bâtisseur, il a marqué de son empreinte le monde bancaire et celui des hedge funds.

Edgar de Picciotto a fondé l'Union Bancaire Privée.

Crédits: Lionel Flusin

L’un des plus grands banquiers genevois vient de nous quitter. Edgar de Picciotto, fondateur de l’Union bancaire privée (UBP), est décédé dimanche soir à 87 ans, «des suites d’une longue maladie», indique lundi le service de communication de l’UBP.

Père du CEO de la banque Guy de Picciotto, il présidait le conseil d’administration jusqu’au dernier jour. D’origine libanaise, Edgar de Picciotto était l’un de ces leaders charismatiques qui marquent leur temps. Bâtisseur de banque de renommée internationale, il fut aussi l’un des pionniers historiques de la finance alternative (hedge funds).

L’aventure a commencé en 1969 lorsqu’il a fondé la Compagnie de Banque et d’Investissements (CBI). En 1990, il poursuit l’expansion en rachetant la Trade Development Bank, que le non moins illustre Edmond Safra avait vendue en 1983 à American Express.

L’UBP naît de la fusion entre la CBI et la TDB. S’ensuivra un ère de croissance ininterrompue pour l’Union bancaire privée qui devient le numéro deux mondial de la gestion alternative en 2007. La crise de 2008 incite la banque à réduire cette activité au profit de l’asset management, plus stable. Sa restructuration achevée, la banque a effectué ces dernières années plusieurs acquisitions, pour se hisser à son niveau d’avant-crise (la filiale suisse d’ABN Amro, Coutts International, le private banking international de Lloyds Bank..). Une stratégie qui devient la signature de la banque, désormais. Edgar de Picciotto a fait de l’entreprise l’une des plus grandes banques familiales au monde, ce qu’a également permis l’engagement de la deuxième génération. 

Ces dernières années, le fondateur de l'établissement de la rue du Rhône ne s’est jamais départi d’une hauteur de vues qui lui était caractéristique. En janvier 2009, au sortir de la crise financière, il prédisait, en préambule du rapport annuel de la banque, que dans le monde remodelé d’après-crise, « les Etats-Unis et, dans une moindre mesure, l’Europe seront alors devenus les nouveaux pays émergents ».

Edgar de Picciotto avait quitté la direction opérationnelle de l’UBP il y a une vingtaine d’années et mis en place une structure de gouvernance destinée à en garantir la pérennité. Son fils Guy de Picciotto est depuis 1998 président du comité exécutif, tandis que sa fille, Anne Rotman de Picciotto, et son fils aîné, Daniel de Picciotto, sont membres du conseil d’administration.

« Edgar de Picciotto, écrit la banque dans un communiqué, restera assurément un modèle et une source d’inspiration au quotidien pour l’ensemble des collaborateurs de la banque. Nos pensées vont à la famille de Picciotto, qui demande le respect de son intimité en ces moments douloureux. »

 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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