Bilan

Ebranlée par les scandales, HSBC vend ses activités au Brésil

HSBC a fait état lundi d'une légère baisse de son bénéfice net au premier semestre sous le poids notamment de la hausse des coûts d'exploitation et a annoncé la vente de sa filiale brésilienne.

De nouveaux nuages se sont depuis accumulés au-dessus de la banque avec l'ouverture aux Etats-Unis d'une enquête sur le rôle de grandes banques dans le scandale de corruption qui éclabousse la Fifa et une procédure de l'organe antimonopole du Brésil (Cade) pour formation présumée de cartel afin de manipuler les taux de change du réal et d'autres devises.

Crédits: Reuters

HSBC a fait état lundi d'une légère baisse de son bénéfice net au premier semestre sous le poids notamment de la hausse des coûts d'exploitation, malgré de bonnes performances sur les marchés, et a annoncé la vente de sa filiale brésilienne.

HSBC va céder cette filiale, la septième banque en actifs au Brésil, au groupe local Bradesco pour 5,2 mrd USD (5 mrd CHF).

Ébranlée par des scandales et des résultats financiers décevants, HSBC avait annoncé début juin qu'elle se séparait de presque 50'000 employés dans le cadre d'un plan de restructuration planétaire incluant la vente de ses activités au Brésil et en Turquie.

La vente à Bradesco, réalisée en numéraire, "constitue une étape importante dans l'exécution des mesures annoncées aux actionnaires le 9 juin", a estimé HSBC dans un communiqué boursier.

Une présence va être maintenue dans le pays pour les grandes entreprises. Le Brésil est un marché généralement attirant pour les banques mais HSBC y avait été déficitaire en 2014.

La réduction massive des effectifs engagée par la première banque européenne - dont la moitié touche le Brésil et la Turquie - est destinée à l'ancrer encore davantage en Asie où sont identifiés les plus grands potentiels de croissance.

La banque, qui veut également délocaliser des milliers de postes dans des pays à "faible coût/haute qualité" de main-d'oeuvre, vise des économies de 4,5 à 5 mrd USD par an d'ici à 2017 et entend ramener ses dépenses opérationnelles au niveau de 2014 à la fin 2017.

Entre le 1er janvier et le 30 juin, HSBC a dégagé un bénéfice net de 9,618 mrd USD (8,756 milliards d'euros), en recul de 1,31% sur un an.

Le bénéfice imposable corrigé des effets de change et des éléments exceptionnels s'est inscrit en hausse de 2%, à 13,0 mrd USD.

Les activités traditionnelles de banque ont dans l'ensemble reculé sur un an mais HSBC tire son épingle du jeu grâce à ses activités de gestion d'actifs et de placements sur les marchés qui lui permettent de faire ressortir un produit de 31,5 mrd USD, en hausse de près de 1%.

HAUSSE DES COÛTS

"Ce résultat, qui reflète la croissance des revenus et de moindres pertes sur créances, a été en partie grevé par des coûts croissants", a toutefois reconnu le PDG Stuart Gulliver.

Au premier semestre, les coûts totaux d'exploitation ont de fait augmenté de 5% par rapport au trimestre correspondant de 2014, à 19,187 mrd USD.

HSBC impute cette hausse à des "investissements pour la croissance future" ainsi qu'aux multiples frais légaux engagés pour régler ses litiges avec les autorités de régulation, au Royaume-Uni et ailleurs.

HSBC a récemment été ébranlée par l'opération SwissLeaks, des révélations d'un réseau mondial de journaux sur le système d'évasion fiscale mis en place par la banque britannique avec, pour plaque tournante, sa filiale suisse HSBC Private Bank Suisse (HSBC PB), basée à Genève.

HSBC a en outre dû verser l'équivalent de milliards d'euros d'amendes et d'indemnités dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni et aux États-Unis, pour solder des scandales de blanchiment d'argent et de manipulations des marchés.

De nouveaux nuages se sont depuis accumulés au-dessus de la banque avec l'ouverture aux Etats-Unis d'une enquête sur le rôle de grandes banques dans le scandale de corruption qui éclabousse la Fifa et une procédure de l'organe antimonopole du Brésil (Cade) pour formation présumée de cartel afin de manipuler les taux de change du réal et d'autres devises.

Par ailleurs, les impôts acquittés par HSBC en Grande-Bretagne se sont montées à 2,9 mrd USD, soit 44% d'augmentation sur un an.

Un impôt britannique pesant spécifiquement sur les banques, relevé régulièrement ces dernières années, a été souvent cité par les médias comme une des causes de la réflexion engagée par HSBC sur le déménagement de son siège mondial de Londres à Hong Kong.

Le président de la banque, D.J. Flint, a répété lundi que cette réflexion devait "se conclure avant la fin de l'année".

Ce sera un des points-clés du second semestre, estime Jackson Wong, directeur associé chez Simsen Financial Group, soulignant aussi que la chute des marchés chinois, si elle se poursuit, "pourrait avoir un impact sur le système bancaire international".

L'action HSBC était stable lundi à la mi-journée à la Bourse de Hong Kong, à 69,7 dollars de Hong Kong (8,2 euros).

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