Bilan

Du private banking à moindres frais, cela existe

La banque privée zurichoise Lienhardt lance un service de gestion à moindres coûts en Suisse romande, basé sur des fonds de placement.

A l’origine, Lienhardt est un grand nom de la banque privée, établi depuis 150 ans (1868) dans la gestion de fortune zurichoise. Récemment, l’établissement, qui voulait pénétrer le marché romand, s’est associé à MicroGestion, société genevoise fondée en 1996 et détenue à 52% par Giuseppe Urro. Cette petite firme agréée par la Finma proposera les nouveaux concepts de son partenaire alémanique en Suisse romande. Objectif: offrir des services de banque privée à moindres coûts.

A travers cette approche, «le client pourra ouvrir un compte dès 50 000 fr.., explique Giuseppe Urro, et pour seulement 0,1% de frais de gestion». La prémisse de base est la volonté de «ne pas bousculer le client». Rien ne l’oblige à investir tout de suite ses avoirs; s’il ne s’y sent pas prêt, il est libre de garder un compte de dépôt. S’il décide d’investir, ses frais iront au maximum à 0,8% par an pour une prise en charge complète et une gestion de type discrétionnaire. Des frais à comparer à une moyenne située entre 1% et 1,2% sur la place pour des services équivalents.

Bien entendu, cette stratégie à faibles commissions ne peut se faire à travers des achats et ventes de titres en direct par le gérant du portefeuille, ce qui serait alors bien plus coûteux. «Nous utilisons des fonds de placement en actions et obligations; à noter que la Banque Lienhardt a exclu les hedge funds de sa gestion», précise le Genevois d’origine italienne.  

Pas de robo-advisor

A vrai dire, la stratégie n’émane pas de la sélecte Lienhardt & Partner, mais de son entité Lienhardt Investment, basée à Berne. Microgestion, agissant comme son antenne de gestion à Genève, travaille en architecture ouverte, cherchant les meilleurs fonds sur le marché. Giuseppe Urro indique qu’il ne prélève pas d’honoraires directs au client; uniquement les frais de la Banque Lienhardt sont facturés. Quant à penser qu’une gestion à faible coûts est obtenue grâce à une automatisation (robo-advisor), rien de tel ici.

«Nous voulons être proches du client et à son écoute. Et si nous utilisons un logiciel pour sélectionner les fonds selon quatre profils de risque, alors nous facturons moins de 0,8% car nous ne pourrions justifier des tarifs plus élevés.» La concurrence dans le private banking est en marche. 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante, spécialisée en économie et finance, et conseillère pour influenceurs et leaders d’opinion. Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque genevoise Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale". Elle obtient le prix Schweizer Journalist 2008. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle prédit que la fin du secret bancaire profitera à d'autres centres financiers. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin du billet vert comme monnaie de réserve, puis «La finance de l'ombre a pris le contrôle» en 2016.

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