Bilan

Deux visions du luxe pour un même fonds

Le fonds de placement lancé il y a trois ans par une alliance originale entre l’horloger Franck Muller et le gérant indépendant Notz Stucki a atteint un capital de 55 millions de francs.
  • Associés: Raffi Balyozyan (Franck Muller Group) et Marie-Caroline Fonta (Notz Stucki).

    Crédits: Dr

C’était une première en Suisse: fin 2014, le groupe Franck Muller et le gérant indépendant Notz Stucki, dont la masse sous gestion se monte à 8 milliards de francs, s’associaient pour lancer un véhicule d’investissement sous le nom de DGC Franck Muller Luxury Fund. L’originalité de l’approche? Tous les mois, la société Franck Muller, qui détient 650 points de vente dans le monde, sonde les tendances du marché du luxe (positionnement de la concurrence, coût des matières premières, effets de mode, etc.) alors que Notz Stucki analyse en détail les éléments de valorisation, le cash-flow, la qualité du bilan ou encore les perspectives de croissance des sociétés concernées. 

Qu’est ce qui a poussé ces deux entreprises basées à Genève à se lancer dans un fonds commun? «Nous avons la même vision du luxe, souligne Marie-Caroline Fonta, gérante de fonds chez Notz Stucki. Nous nous réunissons tous les dix jours pour analyser 150 titres et comparer les sociétés. Toutes les décisions sont communes et nous portons une attention particulière à la bonne gouvernance des sociétés que nous sélectionnons.»  

«L’an dernier, nous avons observé une consommation plus grande des biens de luxe dit «accessibles», donc nous avons décidé de miser sur des entreprises comme Pandora, Movado ou Folli Follie», explique pour sa part Raffi Balyozyan, managing partner à Genthod Global Wealth Management (Franck Muller Group). «Nous restons aussi concentrés sur nos «coups de cœur», des sociétés comme Vail Resorts, Treasury Wine Estate ou Calida (détenteur d’Aubade)», renchérit Marie-Caroline Fonta.

Ce fonds, investi en actions internationales, détient, après trois ans d’existence, un capital de 55 millions de francs. Il comprend une trentaine de titres d’entreprises de luxe avec des fondamentaux solides, dont 10% d’horlogerie. A préciser que le groupe Franck Muller n’est pas coté donc n’entre pas dans ce pourcentage. Le fonds est distribué en Suisse et à l’étranger.

Un marché secoué

Les débuts furent pourtant un peu compliqués pour le DGC Franck Muller Luxury Fund: l’été 2015 a été marqué par la crise horlogère en Asie et le ralentissement de la croissance en Chine. Après une année 2015 en dents de scie, le fonds a connu une jolie performance de 5,7 % en 2016 alors que l’indice de référence du luxe en euro a fait -1,2%.

Depuis le début de l’année 2017, le fonds est monté de 4 à 5%, soit un peu en retrait par rapport à son indice de référence, mais devant l’indice mondial (voir ci-dessous). L’élection de Donald Trump a pour sa part favorisé le haut de gamme, malgré les craintes sur les taxes et une possible guerre commerciale. «Les Etats-Unis connaissent le plus grand nombre de millionnaires du monde», explique Raffi Balyozyan.

Depuis 2017, le secteur du très haut de gamme (plus de 10 000 dollars) continue à avoir des difficultés en Europe alors que l’entrée (moins de 1000 dollars) et le milieu de gamme (de 1000 à 3000 dollars) font mieux qu’en 2016. Par ailleurs, la reprise de la consommation se confirme au Moyen-Orient et en Chine pour la tranche de prix au-dessus de 3000 dollars. «Certaines marques l’ont compris en lançant des produits moins chers, comme le joaillier Tiffany qui a commercialisé des bijoux à partir de 500 francs, une stratégie qui a permis de relancer sa croissance», détaillent les deux associés. 

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