Bilan

Deutsche Bank sur le point de refermer la page des scandales aux Etats-Unis

Engagé dans une drastique cure d'austérité, Deutsche Bank s'active aux Etats-Unis pour tourner la page des scandales ayant fortement terni son image.

Deutsche Bank envisage de se délester d'actifs en Chine et en Inde et à réduire la taille de son activité de banque d'investissement, l'une des plus importantes au monde.

Crédits: AFP

Le géant bancaire allemand Deutsche Bank, engagé dans une drastique cure d'austérité, s'active aux Etats-Unis pour tourner la page des scandales ayant fortement terni son image.

Après avoir longtemps traîné les pieds, la première banque allemande serait sur le point de résoudre de nombreux dossiers épineux, sources de tensions avec des régulateurs américains.

Elle a trouvé un accord avec le régulateur des services financiers de New York (DFS) et la Réserve fédérale (Fed) qui l'accusent de violations d'embargos américains contre la Syrie et l'Iran, a indiqué mardi à l'AFP une source proche du dossier.

Elle écoperait d'une amende de plus de 200 millions de dollars dans le cadre de ce compromis qui pourrait être annoncé dès cette semaine.

Le DSF, réputé pour son intransigeance envers les grandes banques, cherchait à déterminer si l'antenne new-yorkaise du premier établissement bancaire allemand avait effectué des transactions pour le compte d'entités ou de personnes iraniennes et syriennes.

Au final, le volume d'opérations litigieuses serait faible comparé à celui d'autres grandes banques européennes, avance la source à l'AFP.

C'est ce qui explique le montant de l'amende qui est relativement peu important comparé aux 8,9 milliards de dollars payés par BNP Paribas en 2014 ou encore aux 787 millions de dollars acquittés par Credit Agricole la semaine dernière.

Les banques française Société Générale et italienne Unicredit restent les deux grandes firmes européennes encore dans le viseur des autorités dans cette affaire de violations de sanctions.

Nouveau chapitre

Deutsche Bank n'en a pas pour autant fini avec cette affaire puisque d'autres régulateurs poursuivent leurs enquêtes, à l'instar du département de la Justice (DoJ), qui a ouvert une investigation au pénal.

C'est toutefois un grand soulagement pour la banque, dont le nouveau patron John Cryan veut repartir de bon pied en se débarrassant au plus vite du lourd héritage juridique laissé par ses prédécesseurs.

Après avoir stagné, les discussions entre le DFS et Deutsche Bank ont bien avancé sur les accusations de manipulations des taux de change et de blanchiment d'argent supposé en provenance de Russie, ont indiqué à l'AFP mardi deux sources proches du dossier.

Des accords ne sont pas exclus d'ici la fin de l'année, ce qui coïnciderait avec le départ du patron du DFS Anthony Albanese, a-t-on souligné de mêmes sources.

L'enquête sur la filiale moscovite de la banque allemande entre dans le cadre d'une vaste enquête du DSF sur le blanchiment de plusieurs milliards de dollars en provenance de Russie, en passant par Moscou et Londres, utilisant des produits financiers complexes, avaient indiqué en juillet des sources proches de l'enquête à l'AFP.

Selon le quotidien économique russe RBK, la fraude pourrait s'élever à six milliards de dollars depuis 2011.

Des clients russes voulant dissimuler l'origine de leurs avoirs ont notamment essayé de verser un pot-de-vin à un trader de Deutsche Bank à Moscou, ont appris les autorités américaines, indique-t-on.

Deutsche Bank a finalement décidé en septembre de mettre fin à son activité de banque d'affaires en Russie.

Cette décision fait partie du grand nettoyage entrepris par John Cryan, qui a remplacé en juin aux commandes de la banque l'Indo-britannique Anshu Jain et l'Allemand Jürgen Fitschen englués dans une spirale de scandales et de mauvais résultats financiers.

Fin octobre, M. Cryan a annoncé la suppression de 9.000 emplois et 20.000 devraient disparaître via des cessions d'actifs dans les deux prochaines années.

Deutsche Bank envisage de se délester d'actifs en Chine et en Inde et à réduire la taille de son activité de banque d'investissement, l'une des plus importantes au monde.

Les bonus sont menacés et les actionnaires ne percevront pas de dividende en 2015 et 2016.

L'incertitude demeure sur la facture totale des scandales: Deutsche Bank, qui a écopé d'une amende de 2,5 milliards de dollars pour manipulations du taux interbancaire Libor aux Etats-Unis en avril, a provisionné fin octobre 1,2 milliard d'euros supplémentaires pour faire face à d'éventuelles nouvelles amendes.

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