Bilan

Deutsche Bank affiche une perte nette record au troisième trimestre

Deutsche Bank a essuyé une perte nette record d'environ 6 milliards d'euros en raison d'importantes dépréciations et de nouvelles provisions pour risques juridiques.

Deutsche Bank justifie cette perte par de très lourdes dépréciations d'un montant de près de 6 milliards d'euros dans sa banque d'investissement et dans celle de détail, conséquence du durcissement anticipé de la réglementation financière et de la cession prévue du réseau de détail Postbank.

Crédits: AFP

La banque allemande Deutsche Bank, géant européen du secteur, a confirmé jeudi avoir essuyé une perte nette record d'environ 6 milliards d'euros au troisième trimestre, en raison d'importantes dépréciations et de nouvelles provisions pour risques juridiques.

Entre juillet et septembre, la perte nette part du groupe s'affiche à 6,01 milliards d'euros contre une perte de 94 millions sur la même période l'an passé, a fait savoir le groupe dans un communiqué. Ce résultat est quasiment similaire au chiffre provisoire de 6,2 milliards annoncé mi-octobre par le groupe.

Le chiffre d'affaires de Deutsche Bank a lui chuté de 7% sur un an au troisième trimestre à 7,3 milliards d'euros.

Il s'agit d'un résultat "très décevant", a commenté dans le communiqué le nouveau patron, le britannique John Cryan, appelé au commandes du groupe début juillet pour remplacer l'ancien patron Anshu Jain tombé en disgrâce.

Deutsche Bank justifie cette perte par de très lourdes dépréciations d'un montant de près de 6 milliards d'euros dans sa banque d'investissement et dans celle de détail, conséquence du durcissement anticipé de la réglementation financière et de la cession prévue du réseau de détail Postbank.

Le groupe a également passé une nouvelle provision pour risques juridiques de 1,2 milliard d'euros afin de faire face aux quelque 6.000 litiges de par le monde dans lesquels son nom est cité.

D'autres charges, telles qu'une dépréciation de presque 650 millions d'euros sur la part de 20% qu'il détient dans la banque chinoise Hua Xia Bank, ont également grevé les résultats.

Source de satisfaction toutefois pour le géant bancaire allemand, son ratio de fonds propres "durs", un indicateur clé de solidité financière, a légèrement progressé à 11,5% contre 11,4% fin juin, tandis que les actifs pondérés en fonction des risques, montant de capital dont doit disposer un établissement de crédit pour faire face aux coups durs, ont été ramenés à 408 milliards d'euros, en recul de 2%.

Mercredi soir, Deutsche Bank avait averti renoncer à verser un dividende à ses actionnaires en 2015 et 2016, afin de parvenir à atteindre les objectifs financiers qu'il s'est fixés pour les années à venir.

Le groupe de Francfort prévoit "l'élimination" du dividende pour les années fiscales 2015 et 2016, a-t-il fait savoir dans un communiqué, précisant que le conseil de direction entendait rémunérer à nouveau les actionnaires au titre de l'exercice 2017.

Une telle décision est inédite pour ce géant du secteur qui, même au plus fort de la crise financière de 2008-2009, n'avait pas renoncé à verser un dividende.

Elle s'explique par le fait que Deutsche Bank a dévoilé mercredi soir de nouveaux objectifs financiers pour l'horizon 2020, qu'il ne compte pouvoir atteindre qu'en renonçant à rémunérer ses actionnaires au titre de l'exercice en cours et du suivant.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."