Bilan

Des comptes suisses dans le viseur du Guatemala

A la demande de la justice guatémaltèque, Berne vient de saisir les actifs de l’ancien ministre Alejandro Sinibaldi. Celui-ci est accusé de corruption et blanchiment d’argent dans son pays.

Alejandro Sinibaldi, ancien ministre des Communications du Guatemala, fait les gros titres de la presse dans le cadre du scandale de la «Cooperacha».

Crédits: Sandra Sebastian

Après les Etats-Unis, la France, l’Espagne et l’Argentine, le Guatemala vient encore allonger la liste des pays qui règlent leurs comptes avec le secret bancaire suisse. Cette fois, l’affaire concerne l’ancien ministre des Communications, le sémillant Alejandro Sinibaldi.

L’homme aurait dissimulé près de 60 milllions de quetzals, soit 8 millions de francs, dans des établissements bancaires helvétiques, dont Credit Suisse et Santander Suisse. Ces actifs sont désormais séquestrés, à la demande du Ministère public guatémaltèque. L’information, d’abord dévoilée par le site Soy502, a été confirmée à Bilan par l’Office Fédéral de la Justice (OFJ).

La demande d’entraide judiciaire a été reçue le 31 janvier, précise Raphael Frei, porte-parole de l’OFJ, sans donner plus de détails. Au Guatemala, l’histoire fait grand bruit. Cela fait plusieurs mois déjà qu’Alejandro Sinibaldi fait les gros titres de la presse dans le cadre du scandale de la «Cooperacha». Plusieurs anciens ministres du président Otto Pérez Molina sont accusés d’association illicite et de blanchiment d’argent et Alejandro Sinibaldi fait partie de ceux-là.

Cadeaux de luxe

Selon les révélations de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala, ces membres du «Parti Patriote» auraient détourné de l’argent public entre 2012 et 2014 afin d’offrir des cadeaux d’anniversaire de luxe au président et à la vice-présidente, Roxana Baldetti. Une maison sur la plage, un immeuble et un hélicoptère auraient entre autres été achetés par ce biais.

Mais ce n’est pas le seul fait qui lui est reproché: l’homme est aussi éclaboussé par l’affaire Petrobras. Au moment où il se lançait comme candidat à l’élection présidentielle, il aurait reçu une enveloppe de ce groupe pétrolier brésilien, accusé de corruption dans plusieurs pays, dont en Suisse.  

Depuis sa mise en examen, en juin dernier, Alejandro Sinibaldi a disparu de la circulation et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. En fuite, l’ancien ministre ne s’exprime que par voie de communiqué. C’est ainsi que le 31 janvier dernier, il niait par écrit posséder des comptes à son nom à l’étranger et demandait que soit respectée la présomption d’innocence. Hasard ou pas, c’est le même jour que Berne recevait la demande d’entraide judiciaire le concernant.

Sociétés offshore

Selon l’enquête parue dans Soy502, les comptes suisses de l’ancien ministre étaient enregistrés à son nom, mais d’autres l’étaient aussi sous le nom des sociétés offshore «Media Intercontinental Structures, S.A.» et «Madagascar Oil Company Inc. Panamá», dont il était le bénéficiaire final. Les fonds transférés provenaient d’entreprises basées au Panama, aux Iles Vierges mais aussi en Allemagne, ceci rendant l’origine des fonds plus complexe à définir.

Contacté sur le sujet, Credit suisse ne fait pas de commentaires et rappelle qu’il «s’engage à gérer ses affaires dans le strict respect de toutes les lois, règles et réglementations applicables dans les marchés dans lesquels il opère». La banque Santander Suisse, elle, n’a pas répondu à nos questions.

 

 

Sophie Bly

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