Bilan

Des stratégies pour protéger la planète

Ouragans, incendies, déluges ou sécheresses sont devenus plus fréquents et plus violents. Face au changement climatique, nombre d’entreprises adoptent déjà des mesures. Par Michael Baldinger*

Les événements climatiques provoquent d’énormes dommages économiques et sociaux.

Crédits: Luke Sharrett/Bloomberg via Getty Images

Les opportunités et les risques des facteurs ESG (environnement, social et gouvernance) ont fait leur chemin dans la tête des investisseurs. Ces dernières années, le marché de l’investissement durable a fortement augmenté. Rien qu’en 2019, il a plus que doublé à 173 milliards de dollars et, au premier semestre 2020, les apports mensuels moyens se sont même situés à 35% au-dessus de ceux de l’année précédente.

UBS Asset Management en a mis en lumière les raisons en 2019, au terme d’un sondage auprès de plus de 600 investisseurs institutionnels. Ils ont été plus de 80% à indiquer que négliger les critères ESG comportait de gros risques et 55% se sont montrés convaincus que le fait de tenir compte de ces critères avait des effets positifs sur les rendements financiers. La majorité a même prédit que, ces cinq prochaines années, les facteurs environnementaux auraient une influence plus grande sur les décisions d’investissement que les traditionnels critères financiers.

Du coup, les investissements soucieux du climat ont connu un essor particulier. A la fin de juillet, 92 milliards de dollars étaient investis dans des fonds axés sur le climat. Depuis le début de l’année, l’apport a été de 18 milliards. Sur les sept premiers mois de l’année, 63 nouveaux fonds climatiques ont été lancés dans plusieurs pays. L’objectif est d’intégrer les avoirs institutionnels et privés dans une économie plus respectueuse du climat. Car c’est là le seul moyen de colmater la brèche du financement censé déterminer le succès de l’accord de Paris de 2015 sur le climat. Jusqu’ici, les objectifs de cet accord ne sont de loin pas atteints.

Réorienter les investissements

Reste que pour transférer du capital en faveur du passage à une économie pauvre en carbone, les investisseurs nécessitent des instruments et techniques concrets. La méthode d’UBS Asset Management comporte trois éléments permettant de constituer un portefeuille et s’avère applicable à des solutions d’investissement actives et passives de diverses classes d’allocation. Les placements à haut risque climatique sont réduits, les placements dans des solutions et innovations liées au climat sont augmentés et le portefeuille est orienté sur le programme d’engagement climatique choisi. Avant toute chose, les risques liés à la durabilité doivent être réduits dans le portefeuille. A cette fin, les investissements sont orientés vers des entreprises qui, dans leur modèle d’affaires, tiennent compte systématiquement des risques du changement climatique. Tous les secteurs doivent fournir leur contribution.

Le commerce de détail, par exemple, doit trouver des solutions pour diminuer les déchets et le gaspillage de denrées alimentaires. Les banques, quant à elles, peuvent assumer un rôle de pont entre les investisseurs et les entreprises en quête de capital, permettant de réaliser ainsi des projets à répercussions positives sur l’environnement.

Par ailleurs, le portefeuille est adapté afin d’exploiter au mieux les opportunités liées à la protection du climat. Les investissements vont à des entreprises dont les technologies ou les services ont un effet positif sur le climat. Les entreprises industrielles et technologiques, les producteurs d’énergies renouvelables permettent désormais de modifier les modèles d’affaires et les habitudes de consommation.

Voir à long terme

Pour finir, il importe de garder à l’esprit le programme d’engagement climatique à long terme des entreprises. L’investissement privilégie celles qui s’acheminent vers un surcroît de protection du climat et deviennent ainsi une partie de la solution au lieu de rester une partie du problème. Certains secteurs tels que l’industrie du pétrole et du charbon sont largement responsables de l’émission de gaz nuisibles au climat. Mais en même temps, le potentiel d’amélioration est énorme dans ce secteur. Plutôt que d’exclure entièrement les secteurs à fortes émissions de CO2, il faut entretenir un dialogue avec les entreprises afin d’attirer leur attention sur les risques, mais aussi les opportunités que présente le changement climatique. On peut ainsi influencer leur comportement et les accompagner lors de leur transition vers un modèle d’affaires plus soucieux du climat.

* Responsable Team Sustainable and Impact Investing, UBS Asset Management

Bilan.ch

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."