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Des banques centrales pourraient émettre de la cryptomonnaie, mais pas en Suisse

D'une manière générale, la banque centrale helvétique est plutôt réservée en matière de devises électroniques, principalement en raison des fortes fluctuations qu'elles présentent. Elles ne peuvent donc que difficilement exercer la fonction de moyens de paiement, d'instruments de réserve de valeur et d'unité de compte.

Le bitcoin a enregistré des variations très importantes depuis le début de l'année. Alors que son prix s'établissait à 3746,71 dollars au 1er janvier, la devise électronique s'est envolée à 13'387,26 dollars le 26 juin avant de repasser à 9518,23 dollars le 30 août.

Crédits: AFP

Des banques centrales ou d'autres autorités officielles pourraient émettre des jetons de monnaie numérique, soit uniquement à destination d'acteurs spécialisés ou pour l'ensemble de la population, a indiqué jeudi le président de la BNS Thomas Jordan. Ce dernier voit cependant d'un oeil critique un tel développement en Suisse.

"L'accès à ces jetons pourrait être accordé soit à l'ensemble des ménages et des entreprises, soit uniquement aux banques commerciales et à d'autres acteurs des marchés financiers", a dit le patron de la Banque nationale suisse selon le texte de son discours prononcé à l'université de Bâle.

Mais la président de la direction générale de l'institut d'émission a averti que permettre en Suisse "à tous les ménages et à toutes les entreprises d'accéder à la monnaie centrale électronique (...) présenterait un certain nombre de risques".

La BNS considère ainsi "d'un oeil critique l'idée d'élargir l'accès à la monnaie centrale électronique à l'ensemble des ménages et des entreprises", a souligné M. Jordan. Par contre, l'introduction d'un jeton numérique émis par une autorité officielle à la seule intention des acteurs des marchés financiers "requiert une analyse approfondie".

Pourquoi pas des «stablecoins»

D'une manière générale, la banque centrale helvétique est plutôt réservée en matière de devises électroniques, principalement en raison des fortes fluctuations qu'elles présentent. Elles ne peuvent donc que difficilement exercer la fonction de moyens de paiement, d'instruments de réserve de valeur et d'unité de compte.

A titre d'exemple, la principale cryptodevise, le bitcoin, a enregistré des variations très importantes depuis le début de l'année. Alors que son prix s'établissait à 3746,71 dollars au 1er janvier, la devise électronique s'est envolée à 13'387,26 dollars le 26 juin avant de repasser à 9518,23 dollars le 30 août.

"Les crypto-jetons ne présentent pas les propriétés attribuées à une monnaie digne de ce nom, qui sont la stabilité de la valeur, une large acceptation et la possibilité d'effectuer des paiements de manière efficace. Dans ce contexte, il semble actuellement improbable que les crypto-jetons soient largement utilisés comme monnaie en Suisse", a insisté Thomas Jordan.

D'autres monnaies électroniques, les "stablecoins", pourraient être plus à même de remplir ces fonctions. Selon M. Jordan, "ces jetons numériques, également émis par le secteur privé, ont pour particularité d'être conçus de façon à présenter des variations de valeur les plus faibles possible par rapport à des monnaies officielles ou à des placements stables".

Il existe actuellement une vingtaine de ces cryptomonnaies jugées plus stables, notamment le Basis, le Dai, le Havven, le Tether et le TrueUSD.

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