Bilan

De bonnes habitudes font la différence

Pour développer son patrimoine, il ne suffit pas de s’y connaître un peu en finance. Il faut surtout adopter les bons comportements et s’y tenir. Présentation de cinq points essentiels.

Crédits: Illustration: Malte Mueller/Getty images

Comment choisir un placement dans la nébuleuse des produits financiers? Peut-on composer un portefeuille d’actifs qui préserverait le capital tout en visant un rendement convenable? Pour répondre à ces questions, il faut bien sûr des connaissances générales de la finance; mais cela ne suffit pas! Il faut surtout développer les bonnes habitudes financières. Et la clé réside dans l’application systématique de celles-ci. Le philosophe Aristote le disait déjà: «L’excellence est un art que l’on n’atteint que par l’exercice constant. Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est donc pas une action, mais une habitude», et cela est aussi valable en finance.

1. Réfléchir à long terme

Le célèbre investisseur Warren Buffett affirme que l’effet boule de neige est un concept sur lequel il mise beaucoup. Ainsi, avant même de fixer le montant que l’on souhaite investir, il convient de considérer l’horizon du placement en fonction des objectifs à court (zéro à trois ans), moyen (trois à huit ans) et long terme (plus de huit ans). Un horizon d’investissement long offre des avantages… à condition d’y penser suffisamment tôt car, en général, des investissements à plus long terme peuvent mieux parer aux baisses des marchés financiers. Autrement dit, le risque de placement diminue à mesure que l’horizon d’investissement augmente. Cela implique que sur cette période, il vaut mieux investir les capitaux dont on peut se passer.

En guise d’exemple, 800 fr. investis par mois dans un portefeuille au rendement attendu de 3,5% donneraient un capital après huit ans de 88 482 fr. et jusqu’à 835 733 fr. sur quarante ans.

2. Etre discipliné

La route de la liberté financière commence par la maîtrise de la discipline financière. Cela signifie qu’il faut connaître exactement ses entrées et surtout ses dépenses, ces dernières devant être soigneusement analysées. En effet, certaines dépenses courantes peuvent se révéler très coûteuses à long terme. Par exemple, un café pris tous les jours dans une cafétéria et qui coûte 4 fr. 50 correspond à un montant annuel de 1143 fr. par année (254 jours ouvrés). Or, ce montant placé chaque année dans un portefeuille 100% actions sur quarante ans avec un rendement moyen de 4,5% rapporterait 122 336 fr. Aussi, une fois déterminés sa capacité d’épargne et le bon profil d’investisseur, il convient de choisir l’allocation de l’épargne et veiller à conserver le cap choisi sur le long terme.

3. Apprendre de ses erreurs

L’une des erreurs les plus courantes, qui n’en est pas vraiment une sur le fond mais plus sur la manière, est de vouloir profiter des baisses du marché pour effectuer des rachats à bon compte et le faire avec trop de précipitation. Personne ne peut en effet prévoir les rebonds du marché.

Une autre erreur est de vouloir anticiper le marché. Cette problématique peut être identifiée comme du market timing. Il est en effet très difficile de faire un «bon market timing» à répétition sur le long terme. Pour l’investisseur particulier qui n’a ni le temps ni l’envie de surveiller quotidiennement la bourse, mieux vaut l’éviter et se concentrer sur l’investissement de long terme.

4. Développer un processus d’épargne

La quatrième habitude consiste à déterminer clairement où les économies doivent être investies. Avant tout, il est primordial de rembourser ses «mauvaises dettes» rapidement. Une «bonne dette» est celle qui permet par exemple l’achat d’un bien immobilier, tandis qu’une «mauvaise dette» est liée à la consommation ou aux dépassements des cartes de crédit dont les taux peuvent s’élever jusqu’à 12%!

Ensuite, il s’agit de procéder par étapes en constituant en premier lieu des liquidités nécessaires pour les dépenses courantes (pas plus de deux salaires mensuels), puis une épargne pour le moyen terme (pas plus de quatre salaires mensuels), investir ensuite dans la prévoyance défiscalisée par le biais du 3e pilier ou de la caisse de pension en n’hésitant pas à optimiser ses placements en optant pour des actions (entre 25 et 100%).

Enfin, l’épargne excédentaire devrait être placée sur le long terme dans des actions représentant une sélection stricte des entreprises les plus productives et les plus solides, de toutes tailles, cotées en bourse ou accessibles au travers du private equity, où qu’elles soient dans le monde.

5. Bien choisir son partenaire financier

Il faut savoir s’entourer de professionnels. Faites confiance à l’institution financière qui, avant de vous proposer un placement, s’intéresse à vos besoins et vos objectifs financiers, votre fiscalité, le coût réel de vos dettes, entre autres. Bref, la philosophie d’investissement de votre partenaire financier doit vous correspondre. Dernier conseil: faites jouer la concurrence, il s’agit de votre épargne!

* Directeur, Wealth Planning, BCGE

Albert Gallegos*

Aucun titre

Lui écrire

Aucune biographie

Du même auteur:

Comment investir à partir d’un héritage?
Faut-il ajourner ses rentes à la retraite?

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."