Bilan

Dans le sillage de la Chine, les marchés européens chutent

Les Bourses européennes évoluaient en forte baisse lundi, plombées par un mauvais indicateur chinois qui nourrit les craintes sur la croissance mondiale.

Sur le terrain des indicateurs, la croissance du secteur manufacturier de la zone euro s'est accélérée en décembre, le PMI manufacturier s'établissant à 53,2 selon un chiffre définitif qui n'a pourtant pas apporté de réconfort au marché.

Crédits: AFP

Les Bourses européennes évoluaient en forte baisse lundi, plombées par un mauvais indicateur chinois qui nourrit les craintes sur la croissance mondiale.

Repli de l'activité manufacturière en Chine

L'activité manufacturière s'est de nouveau contractée en Chine en décembre, pour le cinquième mois consécutif, mais de façon moins prononcée qu'en novembre, selon des données officielles publiées vendredi qui soulignent la relative faiblesse actuelle de la deuxième économie au monde.

La Chine est un acteur clé de l'économie mondiale, et l'indice PMI des directeurs d'achat calculé par le Bureau national des statistiques (BNS) -qui illustre l'activité des usines et des ateliers du pays- est pour les investisseurs un baromètre clé de la santé économique chinoise.

Cet indice s'est établi pour le mois dernier à 49,7, contre 49,6 en novembre, une valeur qui constituait un plus bas en trois ans.

Un chiffre supérieur à 50 marque une expansion de l'activité manufacturière, tandis qu'un indice inférieur à ce seuil signale une contraction.

Cette légère amélioration intervient après une série de mesures du gouvernement chinois pour dynamiser l'économie.

La banque centrale chinoise a abaissé fin octobre ses taux d'intérêt pour la sixième fois en l'espace d'un an, pour favoriser l'octroi de crédits bancaires. Pékin a également diminué le taux de réserves obligatoires des banques, pour favoriser l'emprunt.

"Bien que le PMI ait légèrement rebondi, il demeure en dessous du point critique et est inférieur aux niveaux historiques à la même période", a observé Zhao Qinghe, statisticien au BNS, dans un communiqué sur le site du Bureau.

Cet indice est le dernier en date à illustrer le ralentissement de l'économie chinoise, qui a connu une croissance de 6,9% sur le trimestre allant de juillet à septembre, soit le rythme le plus faible depuis 2009.

La Bourse de Francfort plonge de plus de 4%

A 12H18 GMT, l'indice Dax des trente valeurs vedettes chutait de 4,48% à 10.262,39 points. Le MDax des valeurs moyennes cédait lui 3,04% à 20.143,60 points.

La place Francfortoise, qui avait déjà chuté de 2,39% dès l'ouverture, continue de broyer du noir, déprimée par la dégringolade des marchés asiatiques dans la nuit.

Les places chinoises ont suspendu leurs cotations en vertu d'un nouveau mécanisme anti-volatilité controversé, après la chute de plus de 7% d'un indice, alors que l'activité manufacturière s'est encore contractée dans la deuxième économie mondiale en décembre, pour le cinquième mois d'affilée. A la Bourse de Shenzhen, l'indice CSI300 s'est effondré de 8,22%, tandis qu'à Tokyo, le Nikkei a accusé une chute de plus de 3% à la clôture.

Ces dérapages ne reflètent toutefois pas de bouleversement économique fondamental, estime l'économiste Paul Donovan de la banque UBS. "C'est vraiment seulement l'impact sur le moral (des investisseurs) qui devrait importer dans ce cas", a-t-il avancé.

Sur le terrain des indicateurs, la croissance du secteur manufacturier de la zone euro s'est accélérée en décembre, le PMI manufacturier s'établissant à 53,2 selon un chiffre définitif qui n'a pourtant pas apporté de réconfort au marché.

Les investisseurs se tourneront cet après-midi vers les États-Unis où sont attendus l'indice ISM d'ctivité dans l'industrie pour le mois de décembre, ainsi que les dépenses de construction pour le mois de novembre.

L'inflation provisoire de décembre en Allemagne sera connue en début d'après-midi. Un chiffre particulièrement suivi, puisqu'il est déterminant pour l'inflation européenne, qui végète toujours malgré les efforts de la Banque centrale europénne (BCE).

Côté valeurs, toutes les sociétés du Dax accusaient des chutes marquées, à l'exception notable du transporteur aérien Lufthansa, qui affichait un gain de 0,31% à 14,61 euros. Le numéro un européen avait annoncé vendredi son intention de créer 4.000 postes au sein des différentes compagnies aériennes du groupe.

La Bourse de Paris chute de 2,17%

A 15H36 (14H36 GMT), l'indice CAC 40 perdait 100,75 points à 4.536,31 points, dans un volume d'échanges de 2,0 milliards d'euros, à l'occasion de sa première séance de l'année, marquée également par de fortes tensions géopolitiques.

Le marché a démarré la séance en forte baisse, puis a creusé à nouveau ses pertes en début d'après-midi, au point de lâcher brièvement plus de 3%, avant de revenir à davantage de mesure. De son côté, Wall Street a ouvert sur un repli très marqué.

Les investisseurs étaient déstabilisés depuis l'ouverture par la statistique chinoise.

"La Chine gâche le début d'année", résument les stratégistes chez Crédit Mutuel-CIC.

"L'onde de choc s'étend à l'ensemble de l'Asie et risque de toucher aussi l'Europe et les Etats-Unis alors que les doutes sur la croissance mondiale seront au coeur des préoccupations des investisseurs durant les premiers mois de l'année", selon eux.

Le marché guettera à ce titre des indicateurs d'importance aux Etats-Unis plus tard dans la journée avec l'indice ISM d'activité dans l'industrie pour décembre et les dépenses de construction pour novembre.

"Ce début d'année s'annonce houleux sur les marchés financiers avec la chute des Bourses asiatiques. A l'origine de cette baisse, les craintes sur la croissance chinoise suite au recul des indices PMI et surtout l'imminence de la fin de l'interdiction de ventes de certains titres qui avait été mise en place cet été face à la panique boursière", selon Crédit Mutuel.

Ces doutes sur la Chine interviennent en plein regain de tensions géopolitiques, alors que l'exécution d'un dignitaire chiite par l'Arabie saoudite continue de susciter la colère de la communauté chiite dans le monde arabe et musulman, en particulier en Iran.

Parmi les valeurs, les entreprises exposées à la Chine chutaient, à l'image de LVMH (-3,90% à 139,25 euros), Kering (-3,89% à 151,80 euros), Pernod Ricard (-2,57% à 102,50 euros) et ArcelorMittal (-3,64% à 3,76 euros).

Le secteur industriel était également sous pression avec Vallourec (-4,79% à 8,19 euros) et LafargeHolcim (-3,83% à 44,93 euros).

Orange perdait 1,03% à 15,33 euros alors que Bouygues prenait 1,45% à 37,08 euros. Orange et Bouygues Telecom ont fait un premier pas prudent vers des fiançailles en signant un accord de confidentialité juste avant Noël pour des négociations de rapprochement qui n'incluent pas la chaîne TF1, selon le Journal du dimanche (JDD).

Air France-KLM progressait de 2,99% à 7,23 euros après un relèvement de recommandation par Bank of America de "sous-pondérer" à "acheter".

La Bourse de Londres perd 2,02%

Après une petite demi-heure de cotation, l'indice FTSE-100 des principales valeurs cédait 125,96 points à 6.116,39 points.

Mike van Dulken et Augustin Eden d'Accendo Markets ont expliqué ce début difficile "par le mauvais début d'année en Asie après la contraction aggravée de l'indice PMI chinois, qui s'est montré en deçà des prévisions".

Ces analystes ont ajouté que cela renforçait "les craintes d'un ralentissement de l'économie et les appels à plus de soutien de la part de Pékin" à l'activité de la deuxième puissance économique mondiale.

La totalité des grandes entreprises cotées au FTSE-100 perdait du terrain en Bourse en conséquence lundi à Londres, le ralentissement économique chinois faisant craindre des mois difficiles dans une large variété de secteurs.

Les grandes compagnies minières étaient en première ligne, les difficultés de l'Empire du milieu affaiblissant les cours des métaux industriels: Anglo American s'enfonçait de 6,01% à 281,45 pence, Glencore de 4,33% à 86,56 pence, Rio Tinto de 3,13% à 1.917,50 pence et BHP Billiton de 2,96% à 737,50 pence.

Le secteur financier était aussi à la peine: les gestionnaires d'actifs Old Mutual et Aberdeen Asset Management chutaient respectivement de 4,97% à 170 pence et de 3,35% à 279,70 pence et les assureurs Prudential et Aviva perdaient pour leur part 3,43% à 1.478,50 pence et 3,18% à 499,60 pence. Particulièrement exposée à la Chine, la banque Standard Chartered diminuait de 3,16% à 545,90 pence.

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