Bilan

Credit Suisse renoue avec les bénéfices contre toute attente

Credit Suisse a bouclé le second trimestre 2016 sur un bénéfice net de 170 millions de francs, contre une perte nette de 302 millions au trimestre précédent.

La direction reste prudente pour le second semestre de l'année, évoquant l'incertitude liée aux tensions géopolitiques et à des problèmes macroéconomiques importants.

Crédits: Keystone

Credit Suisse a bouclé le 2e trimestre 2016 sur un bénéfice net de 170 mio CHF, après avoir essuyé une perte nette de 302 mio sur les trois premiers mois de l'année, et contre un bénéfice net de plus de 1 mrd un an plus tôt. Toutefois, à y regarder de plus près, la performance de la banque aux deux voiles, qui a dépassé les attentes de tous les analystes, est essentiellement à mettre au crédit d'effets non récurrents.

Le résultat avant impôts est revenu dans le vert, à 199 mio CHF, contre une perte opérationnelle de 484 mio au premier trimestre, indique le numéro deux bancaire helvétique jeudi dans un communiqué.

Le produit d'exploitation réalisé entre avril et juin est ressorti à 5,11 mrd CHF, en hausse de 10,1% par rapport à la période précédente, mais en chute de plus d'un quart en comparaison annuelle. Les charges d'exploitation ont été ramenées à 4,94 mrd CHF (-6%).

Les résultats publiés par Credit Suisse ont surpris l'ensemble de la communauté financière. Parmi les analystes consultés par AWP, pas un seul n'avait tablé sur un retour en territoire positif, le résultat étant attendu à -168 mio CHF. Le produit et les charges d'exploitation en revanche se sont inscrits dans le cadre des prévisions.

"Credit Suisse a continué de servir et de soutenir ses clients dans un environnement défavorable. Nous avons été en mesure d'améliorer notre performance au deuxième trimestre et d'opérer de manière rentable dans ce contexte volatil", a indiqué le directeur général (CEO) Tidjane Thiam, cité dans le communiqué.

Les trois unités géographiques de gestion de fortune (Asie-Pacifique, Swiss UB et International WM) ont dégagé ensemble un bénéfice avant impôts (ajusté) de 993 mio CHF. La croissance rentable reflète l'afflux net de nouveaux capitaux dans ces trois divisions, à hauteur de 11,3 mrd CHF, précise le communiqué.

Fin juin, les actifs sous gestion (AuM) de Credit Suisse totalisaient 1218 mrd CHF, 3% de plus qu'au bouclement du premier trimestre.

Capitalisation renforcée

Credit Suisse a également renforcé sa capitalisation. Fin juin, le taux de fonds propres durs (CET1, look-through) s'élevait à 11,8%, après 11,4% plus tôt. Lors d'une téléconférence à l'attention des médias et des analystes, le CEO a réaffirmé son objectif de 11 à 12% pour cet indicateur à fin 2016.

Dans la division Global Markets (GM), la banque espère ramener d'ici la fin de l'exercice ses actifs pondérés des risques (RWA) à 60 mrd USD et son exposition au levier d'endettement à 290 mrd USD. Fin juin, ces valeurs s'établissaient respectivement à 52 et 286 mrd USD. Une fourchette située entre 52 et 60 mrd USD est sensée "sur le plan tactique", a commenté Tidjane Thiam.

La direction reste prudente pour le second semestre, évoquant l'incertitude liée aux tensions géopolitiques et à des problèmes macroéconomiques importants, récemment renforcés par l'issue du référendum au Royaume-Uni, dont les conséquences sont encore incertaines.

Pour ce qui est de l'échange automatique de renseignements (EAR), dont l'entrée en vigueur est prévue pour début 2017, Credit Suisse est déjà prêt depuis plusieurs années, a assuré le directeur financier (CFO) David Mathers. Le modèle d'affaires a été adapté en conséquence, a-t-il ajouté.

Le scepticisme succède à l'enthousiasme

Dans un premier temps, le marché a accueilli avec enthousiasme les chiffres trimestriels de Credit Suisse. Pourtant, dans leur appréciation de la performance du numéro deux bancaire helvétique, les analystes se sont montrés plutôt réservés.

De manière générale, le retour aux bénéfices a été salué, au même titre que le dépassement des prévisions du consensus et l'amélioration du ratio de fonds propres durs. Les résultats supérieurs aux attentes sont cependant vite relativisés, du fait qu'une part importante est à mettre au crédit de la dissolution de provisions et de coûts de restructuration moins importants que prévu.

Les analystes avaient tablé en moyenne sur la constitution de provisions à hauteur de 120 mio CHF, alors que la banque en a dissout pour 28 mio. Quant aux coûts de restructuration, devisés à 271 mio CHF, ils sont finalement ressortis à 91 mio, relève la Banque cantonale de Zurich (ZKB).

Après une ouverture sous le signe de l'euphorie (+3,9% avant-Bourse, +2,9% à l'ouverture), les investisseurs ont rapidement tourné le dos à la nominative CS, qui est retombée dans le rouge en deuxième partie de matinée. Peu avant 14h00, elle tenait la lanterne rouge au classement des valeurs vedettes, accusant un recul de 3,1%, sous-performant largement le SMI (-0,49%).

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