Bilan

Credit Suisse provisionne 390 millions CHF pour litiges, moins que la concurrence

Le numéro deux bancaire helvétique a constitué des provisions pour anticiper d'éventuels frais dans le cadre de litiges juridiques. UBS ou encore la Deutsche Bank ont annoncé mettre de côté des sommes bien plus importantes.

Selon des déclarations formulées dans la foulée de la publication des chiffres trimestriels la semaine dernière, CS estime actuellement entre 0 et 1,2 milliard de francs les coûts non couverts par les provisions.

Crédits: Keystone

Credit Suisse (CS) a provisionné 390 mio CHF nets dans ses comptes au troisième trimestre 2014 au titre d'éventuelles conséquences de litiges juridiques. La somme se révèle toutefois nettement inférieure aux provisions effectuées par certains concurrents du numéro deux bancaire helvétique.

Compte tenu de ces provisions, la banque s'attend, sur la base des informations disponibles, à ce que le dénouement des litiges juridiques n'ait pas d'impact significatif sur sa situation financière, assure-t-elle dans son rapport de gestion publié vendredi.

Reste qu'au vu des incertitudes qui demeurent quant aux procédures des régulateurs et des autorités gouvernementales, le coût total des résolutions ou des arrangements pourrait toutefois être plus important que les provisions actuelles, explique CS. Un dépassement pourrait alors affecter considérablement les résultats opérationnels sur une durée limitée.

Selon des déclarations formulées dans la foulée de la publication des chiffres trimestriels la semaine dernière, CS estime actuellement entre 0 et 1,2 mrd CHF les coûts non couverts par les provisions.

Le rapport de gestion ne fait pas état d'ajustements en termes de bénéfices. Comme annoncé la semaine dernière, la banque a réalisé au niveau du groupe un bénéfice de 1'025 mio CHF pour un chiffre d'affaires de 6,54 mrd CHF.

Le rapport trimestriel fait mention des plaintes déposées par les Etats du New Jersey et de Virginie.

MOINS QUE LA CONCURRENCE

Cette semaine, d'autres banques ont annoncé constituer des provisions, souvent bien plus importantes que celles de CS. UBS a ainsi provisionné 1,8 mrd CHF supplémentaires au troisième trimestre, portant le total des provisions à 3,5 mrd, dont pas moins de 2 mrd pour des litiges et autres risques d'ordre réglementaire. Outre-Rhin, la Deutsche Bank a mis de côté quelque 3 mrd EUR (3,6 mrd CHF).

CS a déclaré récemment n'être que marginalement impliqué dans les affaires de manipulations de taux de change. En revanche, à l'instar de Barclays, UBS, Deutsche Bank, Goldman Sachs et Morgan Stanley, le numéro deux helvétique a été prié par les autorités américaines de fournir des documents dans le cadre d'enquêtes sur les "dark pools".

Il s'agit de plateformes de négoce hors-Bourse où les transactions sont effectuées à l'aveugle, sans que le prix et l'identité du vendeur et de l'acheteur ne soient connus. L'opérateur, souvent une banque d'affaires, y joue un rôle d'intermédiaire.

Contrairement aux marchés réglementés, il est difficile de tracer qui a acheté et vendu quoi. Les "dark pools" sont utilisés essentiellement par des investisseurs institutionnels (fonds d'investissements, de pension ou spéculatifs) qui achètent et vendent de gros blocs de produits financiers (actions, obligations) tout en souhaitant conserver le secret sur ces transactions.

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