Bilan

Credit Suisse porté par l'entrée au capital de l'investisseur RBR

L'action Credit Suisse avait le vent en poupe mardi, suite à l'entrée au capital de l'investisseur activiste Rudolf Bohli qui milite pour la scission du groupe en trois entités distinctes.

A 10h55, la nominative CS s'enrobait de 1,2% à 15,65 CHF, après avoir marqué un plus haut à 15,83 CHF et dans des volumes élevés. 

Crédits: keystone

L'investisseur zurichois Rudolf Bohli est sur le point de débuter une campagne contre Credit Suisse avec pour objectif la scission de la grande banque. Selon un article du Financial Times (FT) basé sur des sources proches du dossier, son fonds RBR Strategic Value prévoit de présenter des plans dans ce sens à l'occasion de la conférence d'investisseurs Robin Hood de JPMorgan, qui se tiendra dans le courant de la semaine.

Dans la matinée, un porte-parole de RBR a confirmé l'information. Le financier alémanique souhaite scinder Credit Suisse en trois entités: une banque d'investissement, un gestionnaire de fortune et un gestionnaire d'actifs. Par ce biais, il désire s'attaquer à la structure de conglomérat de la banque. Les entreprises ciblées fonctionnent mieux que celles qui possèdent un modèle intégré, a précisé le porte-parole, en référence notamment à Julius Bär.

Selon ses propres indications, le fonds serait en discussion avec divers investisseurs. Ces derniers comprennent non seulement des personnes qui voudraient intégrer RBR mais aussi des actionnaires existants. Le projet aurait d'ores et déjà reçu le soutien de Gaël de Boissard, ex co-CEO de la division Investment Banking.

Citant un document de présentation du plan Bohli, le quotidien britannique indique que l'opération permettrait de doubler la valorisation actuelle de la banque, qui avoisine les 40 mrd CHF.

Selon Bloomberg, M. Bohli est actuellement propriétaire de 0,2% du numéro deux bancaire helvétique.

Cap actuel maintenu

Interpellée par le FT sur l'entrée de M. Bohli à son capital, la banque aux deux voiles a fait savoir que si tous les points de vue des actionnaires étaient les bienvenus, elle entendait poursuivre sur la voie actuelle.

Celle-ci comprend la mise en oeuvre du plan stratégique et celui sur trois ans, qui devraient selon Credit Suisse garantir une plus-value aussi bien aux actionnaires qu'aux clients. La mise en oeuvre est en bonne voie, a ajouté l'établissement.

M. Bohli et son fonds d'investissement RBR Strategic Value ont récemment fait parler d'eux en raison des participations acquises dans le gestionnaire d'actifs GAM et dans le spécialiste du service à bord Gategroup.

L'annonce de l'entrée au capital de l'investisseur activiste et ses velléités de scission ont été accueillies plutôt favorablement par le marché, même si la communauté financière reste sceptique sur l'influence réelle qu'aura le nouvel actionnaire.

"Avec une part de 0,2%, M. Bohli ne devrait pas pouvoir faire de grandes manoeuvres, mais il sera en mesure d'influer sur le flux de nouvelles", commentent les analystes de la Banque cantonale de Zurich (ZKB). En raison de l'évolution latérale du titre, la direction du numéro deux bancaire helvétique reste sous pression.

Propositions pas viables

Andreas Venditti, de la banque Vontobel, estime qu'une banque d'investissement ou un gestionnaire d'actifs ne seraient pas viables pris séparément, et cite la diversification de géants comme Goldman Sachs et Morgan Stanley en direction du crédit et dans les activités avec les clients fortunés. Par ailleurs, la fragmentation de l'actionnariat de CS n'est pas propice à l'action d'un investisseur activiste.

Reste à voir si les actionnaires de référence de CS comme Qatar Holding ou BlackRock s'engageront dans la brèche ouverte par le bouillonnant Bohli.

Dans une prise de position reprise par le Financial Times, David Herro, responsable des investissement (CIO) auprès de Harris Associates, se montre sceptique à l'égard des projets de M. Bohli et souligne que son engagement se monte moins d'un demi-pourcent.

Selon lui, les propositions de RBR, si elles étaient appliquées, ne créeraient pas de la valeur, mais en détruiraient. Le plan se base sur une valorisation trop élevée de la banque d'investissement. Par ailleurs, un changement de cap à ce stade ne serait "pas très intelligent", estime le CIO du fonds américain.

En août dernier, Harris Associates avait porté sa participation au capital de CS à 5,03%. A en croire Bloomberg, son engagement se monte actuellement aux alentours de 9%.

A la Bourse suisse, la nouvelle a cependant été bien accueillie. A 15h25, la nominative Credit Suisse prenait 1,4% à 15,67 CHF dans des volumes nourris, surperformant nettement l'indice phare SMI, qui grappillait 0,1%.

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