Bilan

Credit Suisse encaisse les critiques

Pas moins de 1600 petits actionnaires, représentant 1,15% des droits de vote, avaient fait le déplacement à l'assemblée générale de Credit Suisse vendredi à Zurich.

Urs Rohner a enfin nié avoir influencé la société de conseil d'actionnaires ISS, comme certains le lui reprochaient.

Crédits: Keystone

Réunis vendredi au Hallenstadion de Zurich en assemblée générale, les actionnaires du Credit Suisse ont approuvé tous les points à l'ordre du jour à l'issue d'une séance pourtant houleuse. Ils ont notamment donné leur aval au rapport de rémunération de la direction par 79% des voix.

Les actionnaires ont également approuvé par 97% des voix le versement d'un dividende de 0,70 CHF par action, en espèces, en actions ou en une combinaison des deux. Urs Rohner, président du conseil d'administration, a été reconduit dans son fauteuil par 92% des voix.

L'assemblée générale a réélu les dix autres administrateurs sortants à des taux compris entre 92,2% et 94,4%. Alexander Gut, fils du président honoraire et figure patriarcale du Credit Suisse Rainer Gut, a été élu au conseil d'administration avec un score de 94,3%. Il y fera son entrée aux côtés de Joaquin Ribeiro, élu par 94,6% des suffrages.

L'assemblée générale a été marquée par une forte participation. Pas moins de 1600 petits actionnaires, représentant 1,15% des droits de vote, avaient fait le déplacement. En tout, 1300 mio de voix étaient représentées, en grande partie via des intermédiaires indépendants, contre 1113 mio de voix l'an dernier.

La direction a dû encaisser des critiques parfois acerbes. "Des montagnes d'actifs toxiques surgissent de nul part", a tempêté Rudolf Meyer, de l'association d'actionnaires Actares. "La direction a l'air de tomber des nues." Rudolf Meyer s'étonne également que les résultats du premier trimestre ne seront publiés qu'après l'assemblée générale. "Je crains des mauvaises surprises", a-t-il ajouté.

Chantier permanent

"La direction n'a pas encore réussi à donner des gages suffisants pour rassurer le marché", a constaté Dominique Biedermann, de la fondation Ethos, qui regrette la chute du cours, les provisions élevées pour frais de justice et la perte annuelle en milliards. "Le Credit Suisse est un chantier permanent", résume-t-il.

Ethos et Actares recommandaient de refuser le rapport de rémunération et le dividende.

"Après une année aussi désastreuse, il n'est pas pensable de verser autant de millions en rémunérations", a déclaré le politicien et entrepreneur Thomas Minder, à l'origine de l'initiative contre les rémunérations abusives. Thomas Minder recommande également de ne pas donner décharge au conseil d'administration. "Diriger implique de montrer l'exemple, ce d'autant plus dans un contexte de suppressions de postes".

Rohner à la rescousse

Pour sa part, Urs Rohner a défendu le rapport de rémunération de la direction en 2015. D'un point de vue opérationnel, 2015 a été une année positive, estime le président. Une perte pour une transaction opérée il y a seize ans n'est pas une raison suffisante pour refuser le rapport. Au quatrième trimestre 2015, la banque avait dû inscrire un correctif de valeur de 3,8 mrd CHF lié à l'acquisition en 2000 de la banque américaine Donaldson, Lufkin & Jenrette (DLJ).

Urs Rohner a nié avoir influencé la société de conseil d'actionnaires ISS, comme certains le lui reprochaient. ISS, dont les décisions ont un poids important, recommande d'accepter tous les points à l'ordre du jour.

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