Bilan

Credit Suisse écope d'une amende record dans l'affaire des "dark pools"

Credit Suisse va payer une amende de 84,3 millions de dollars aux Etats-Unis. Le montant servira à solder des accusations de malversations dans le courtage alternatif ("dark pool").

Les "dark pools", ou places de courtage alternatif, sont des marchés anonymes où s'échangent des milliards de dollars par jour en transactions de gré à gré. Le prix et les identités du vendeur et de l'acheteur ne sont connus qu'une fois l'opération conclue.

Crédits: Keystone

Credit Suisse va payer une amende de 84,3 mio USD aux Etats-Unis, a annoncé dimanche la SEC, gendarme de la bourse américaine. Le montant servira à solder des accusations de malversations dans le courtage alternatif ("dark pool").

En plus de l'amende dont a écopé Credit Suisse Securities (USA), une autre de 70 mio USD a été infligée pour des motifs semblables à la filiale américaine de la banque britannique Barclays Capital Inc. Il s'agit des "pénalités les plus fortes" jamais ordonnées dans des enquêtes concernant les opérations de courtage alternatif, selon le communiqué de la SEC.

"Ces affaires sont parmi les plus récentes d'une série d'actions répressives concernant les dark pools et autres systèmes de courtages alternatifs", a commenté Mary Jo White, présidente de la SEC, citée dans le communiqué. L'institution "continuera de faire la lumière" sur ces plateformes de courtage opaques "afin de mieux protéger les investisseurs", a-t-elle poursuivi.

Les "dark pools", ou places de courtage alternatif, sont des marchés anonymes où s'échangent des milliards de dollars par jour en transactions de gré à gré. Le prix et les identités du vendeur et de l'acheteur ne sont connus qu'une fois l'opération conclue.

"Le prix fort" à payer

"Les dark pools ont un rôle important sur la place des échanges boursiers aujourd'hui", a souligné le directeur de l'exécution de la loi de la SEC, Andrew Ceresney. "Les firmes qui font fonctionner ces plateformes doivent s'assurer qu'elles ne font pas de déclarations erronées à leurs clients à propos de ces opérations", a-t-il ajouté.

Il a précisé que ces amendes record "impliquant deux des plus importantes plateformes de courtage alternatif du marché montrent que les établissements paient le prix fort lorsqu'ils trompent leurs clients".

La SEC et le ministère de la Justice de New York accusaient notamment le numéro deux bancaire helvétique d'avoir favorisé certains traders au détriment d'autres participants, de ne pas avoir divulgué le prix des actions échangées et de ne pas avoir révélé les règles de fonctionnement de sa plateforme d'échanges.

Traders de haute fréquence

Dans le détail, Credit Suisse a accepté de payer une amende de 30 mio USD à la SEC, 30 autres millions aux services du procureur général de New York ainsi que 24,3 mio d'autres droits à la SEC, soit un total de 84,3 mio.

Barclays paiera pour sa part 35 mio USD à la SEC et 35 mio aux services du procureur général de New York, soit un total de 70 mio.

Les régulateurs américains ont lancé plusieurs enquêtes sur la transparence et les avantages éventuels que ces plateformes accordent aux traders de haute fréquence. Ces participants utilisent des systèmes automatisés pour échanger des actions instantanément alors que d'autres intervenants n'y ont pas accès.

En janvier, le numéro un bancaire suisse, UBS, a été de son côté condamnée à une amende de 14,4 mio USD pour avoir privilégié des traders de haute fréquence.

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