Bilan

Credit Suisse abandonne l'entrée en Bourse de sa banque suisse

Credit Suisse veut conserver 100% des parts de sa banque universelle suisse et privilégier une augmentation de capital de 4 milliards de francs.

Le premier trimestre 2017 s'est révélé très favorable et s'est soldé par un bénéfice de 596 millions de francs.

Crédits: Reuters

Credit Suisse renonce à son projet d'introduction en Bourse (IPO) partielle de sa banque universelle suisse. Le numéro deux bancaire helvétique va privilégier une augmentation de capital de 4 mrd CHF afin de renforcer ses fonds propres, indique-t-il mercredi. Le premier trimestre 2017 s'est révélé très favorable et s'est soldé par un bénéfice de 596 mio CHF, contre une perte de 302 mio en comparaison annuelle.

Le choix du conseil d'administration de ne pas recourir à l'IPO pour Credit Suisse (Suisse) constitue tout sauf une surprise. Les dirigeants de la grande banque ont envoyé des signaux contradictoires depuis l'annonce de cette cotation. Cette décision a été prise sur proposition du directeur général (CEO) Tidjane Thiam et du comité exécutif après avoir pesé tous les arguments, explique l'établissement.

"Nous pensons que conserver 100% des parts de notre précieuse banque suisse, tout en levant du capital (...) constitue la meilleure façon de procéder et débouchera sur une création de valeur significative pour les actionnaires à long terme", déclare le président Urs Rohner, cité dans le communiqué.

Dans le cadre de l'augmentation de capital, le groupe veut émettre quelque 380 mio de nouvelles actions d'une valeur nominale de 0,04 CHF. Une assemblée générale extraordinaire aura le dernier mot le 18 mai.

Cette opération doit permettre de renforcer le ratio de fonds propres durs à 13,4%, contre 11,7% à fin mars. Cet indicateur s'est amélioré de 0,2 point de pourcentage depuis la fin 2016. Le ratio de levier a grappillé 0,1 point à 3,3%.

Afflux de plus de 24 milliards

Les trois premiers mois de l'exercice 2017 ont permis à la banque aux deux voiles de relever la tête. Le produit d'exploitation s'est étoffé de 19% à 5,53 mrd CHF. Le groupe a retrouvé les chiffres noirs aussi pour le résultat avant impôts, qui s'est inscrit à +670 mio CHF contre une perte de 305 mio au 1er trimestre 2016.

Credit Suisse dépasse les prévisions du consensus AWP, surtout en ce qui concerne les bénéfices avant impôts et net.

Dans la gestion de fortune, l'afflux d'argent frais a bondi à 24,2 mrd, contre des sorties de 6,7 mrd au quatrième trimestre de l'année dernière. La masse sous gestion a gonflé en trois mois à 1304,2 mrd, soit une progression de 4,2%.

L'unité International Wealth Management a étoffé son chiffre d'affaires mais accusé une légère baisse du bénéfice avant impôts. Pour Asie/Pacifique, le tableau est moins réjouissant avec un repli du produit d'exploitation (-3%) mais surtout du bénéfice avant impôts (-44%). Dans les deux cas, une hausse des charges explique les replis.

Les recettes ont stagné pour la banque suisse universelle, à 1354 mrd CHF et le bénéfice avant impôts a reculé de 6% à 404 mio. Des dépenses supplémentaires expliquent ce recul.

Du mieux pour la banque d'affaires

En pleine restructuration, la division Global Markets a connu une évolution favorable, avec une hausse du produit d'exploitation de 29% à 1,61 mrd CHF. Cette unité appartenant à la banque d'affaires a dégagé un bénéfice avant impôts de 317 mio CHF, contre une perte de 198 mio l'année dernière.

L'autre division de banque d'affaires, Investment Banking & Capital Markets, a également renoué avec les bénéfices et gonflé substantiellement ses recettes (+56%).

La dynamique positive actuelle semble se poursuivre au deuxième trimestre au niveau des volumes, avec des entrées d'argent frais dans toutes les segments de gestion de patrimoine.

"Nous réalisons de bon progrès dans notre stratégie visant à devenir un gestionnaire de fortune avec de fortes capacités de banque d'affaires", a souligné M. Thiam, cité dans le communiqué.

Les responsables de Credit Suisse se montrent confiants quant aux objectifs d'économie. La base de coûts devrait être réduite sous 18,5 mrd CHF d'ici la fin 2017 et sous 17 mrd au terme de l'exercice 2018. Les 5500 suppressions de postes prévues seront atteintes dans le courant de l'année, assure le groupe.

La liquidation de la banque de défaisance ou Strategic Resolution Unit (SRU) est annoncée pour fin 2018. Au premier trimestre, cette division a réduit ses pertes sur un an à 206 mio CHF, contre -541 mio auparavant.

Par ailleurs, le conseil d'administration va proposer qu'à l'avenir le dividende ne soit versé qu'en numéraire.

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