Bilan

Crédit Agricole espère clore son litige aux Etats-Unis en 2015

Crédit Agricole, qui a passé une nouvelle provision pour parer à une probable sanction pour non-respect des embargos américains, espère voir ce dossier clos en 2015.

Le montant total de la provision pour litiges du groupe atteint désormais 1,6 milliard d'euros mais la banque n'a pas souhaité détailler le montant dévolu au dossier américain.

Crédits: AFP

Le groupe Crédit Agricole, qui a passé une nouvelle provision pour parer à une probable sanction dans le cadre d'une enquête américaine sur les paiements en dollars vers des pays soumis à embargo, espère voir ce dossier clos en 2015.

Au terme de discussions "très avancées" avec les autorités américaines, "nous avons considéré que nous devions augmenter notre provision pour litiges de 350 millions d'euros", a indiqué mardi le directeur général de Crédit Agricole SA, Philippe Brassac, lors de la présentation des résultats trimestriels.

"Nous comptons sur une résolution dans les mois qui viennent, d'ici la fin de 2015", a-t-il précisé, ajoutant que le groupe avait "une idée plus claire de ce que serait l'amende".

Le montant total de la provision pour litiges du groupe atteint désormais 1,6 milliard d'euros mais la banque n'a pas souhaité détailler le montant dévolu au dossier américain.

Dans une affaire similaire, sa concurrente française BNP Paribas avait écopé de sanctions record et avait dû débourser la somme de 6,6 milliards d'euros.

La banque mutualiste avait toutefois assuré l'année dernière que les transactions passées en revue dans ce cadre étaient de moindre ampleur que celles de BNPP.

Philippe Brassac, qui présentait ses premiers résultats après avoir pris les rênes de Casa, l'entité cotée du groupe, en mai, a fait rattacher la fonction conformité, qui veille au respect des réglementations, à la direction générale.

Ce changement s'inscrit dans une refonte de l'organisation de Casa autour de quatre pôles métiers et trois pôles "transversaux".

M. Brassac souhaite s'appuyer sur cet état-major pour présenter à la rentrée un nouveau projet commercial et pour réfléchir aux évolutions de l'organisation du groupe.

Un projet de réforme prévoyait que la Fédération, organe politique, récupère les pouvoirs d'organe central détenu par Casa, mais les contraintes réglementaires n'ont pas été levées par la Banque centrale européenne.

"A ce stade il n'y a aucune opération susceptible de modifier substantiellement le périmètre de Casa qui soit envisageable", a indiqué M. Brassac.

LE BÉNÉFICE S'ENVOLE

Sur le plan financier, Crédit Agricole a enregistré une hausse de son bénéfice net au deuxième trimestre, alors qu'un an auparavant ses résultats avaient été plombés par les déboires de la banque portugaise BES, dans laquelle il détenait une participation.

Casa a ainsi dégagé un bénéfice net de 920 millions d'euros, contre 17 millions d'euros un ans plus tôt, soit mieux qu'attendu par les analystes qui tablaient en moyenne sur un bénéfice de 859 millions, selon un consensus diffusé par FactSet.

Hors éléments exceptionnels, le bénéfice net de Casa progresse de 6,2% sur un an, et celui du groupe Crédit Agricole, qui intègre la totalité du résultat des caisses régionales, est stable à 1,5 milliard d'euros.

Ce sont les pôles épargne et assurances (gestion d'actifs, banque privée et assurances) et services financiers spécialisés (crédit conso, leasing...) qui tirent la croissance, avec respectivement des bénéfices en hausse de 16,7% (à 457 millions d'euros) et de 45,2% ( à 125 millions d'euros).

La banque de financement et d'investissement (BFI), qui supporte la nouvelle provision pour litige, voit son bénéfice fondre à 82 millions d'euros. Hors exceptionnels, le résultat baisse de 8,3% sur un an, pénalisé notamment par la dépréciation de deux participations.

Côté banque de détail, les caisses régionales ont vu leur produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d'affaires) progresser de 1,9% à 3,5 milliards d'euros, quand LCL a vu le sien baisser de 1,4% à 944 millions d'euros.

Le groupe a activé ce trimestre le mécanisme "switch" par lequel les caisses régionales apportent une garantie à Casa en cas de baisse de ses plus-values latentes.

Cette opération a permis à la structure cotée d'enregistrer 80 millions d'euros en résultat net ce trimestre, et 3 points de base (0,03 point de pourcentage) sur son ratio de fonds propres "durs" (apports des actionnaires et bénéfices mis en réserve rapportés aux crédits consentis). Il atteignait 10,2% fin juin, stable par rapport à fin mars.

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