Bilan

Coup d'arrêt pour les banques privées suisses en 2015

Les banques privées suisses de taille moyenne tirent la langue et l'engagement de personnel se fait désormais principalement à l'étranger.

UBS, Credit Suisse ainsi que les acteurs importants dominent le marché domestique. 

Crédits: Keystone

La marge de manoeuvre des banques privées suisses et liechtensteinoises s'est considérablement réduite entre 2011 et 2015. L'année dernière a résonné comme un coup d'arrêt pour la croissance à long terme de ces établissements, indique mercredi le cabinet de conseil Roland Berger. Les banques de taille moyenne tirent la langue et l'engagement de personnel se fait désormais principalement à l'étranger.

L'évolution des banques privées en Suisse et au Liechtenstein s'est révélée positive ces cinq dernières années. "Mais il va être de plus en plus difficile de continuer à croître et à réaliser des bénéfices supérieurs", explique Robert Buess, partenaire et spécialiste des banques privées de Roland Berger à Zurich, cité dans un communiqué.

Le cabinet allemand a constaté l'année dernière un recul de 2% des actifs sous gestion, cassant une tendance de développement soutenu et ininterrompu entre 2011 et 2014. La marge brute s'est étiolée de 86 points de base, selon l'étude "Quo vadis, banques privées?".

Le ralentissement ne se limite toutefois pas à 2015: 75% des établissements concernés ont accusé une perte de recettes et/ou de marge brute ces cinq dernières années, malgré un ratio coûts/revenu stable à 79%. Les mesures d'économies entérinées ont porté leurs fruits dans ce domaine, analyse Thomas Volland, expert principal en banque privée de Roland Berger Suisse.

"Société à deux vitesses"

Pour les auteurs de l'étude, le monde des banques privées se transforme en "société à deux vitesses". UBS, Credit Suisse ainsi que les acteurs importants - c'est-à-dire affichant une masse sous gestion de plus de 100 mrd CHF - dominent le marché domestique, grâce à des achats significatifs et une puissante croissance organique. Les petits et très petits établissements tirent leur épingle du jeu et affichent des progressions flatteuses grâce à des "niches à succès".

Les banques de taille moyenne, avec des actifs entre 25 mrd et 100 mrd CHF, se situent du mauvais côté de la barre, selon l'étude, qui identifie néanmoins certaines exceptions. Elles souffrent de leur position "en milieu de peloton".

Les sociétés en difficulté sont invitées à se réorienter, condition indispensable à leur réussite, selon le communiqué. Roland Berger propose trois stratégies, à savoir expansion galopante, croissance et consolidation conjuguées ainsi que concentration sur une ou plusieurs activités.

La branche emploie 10% de collaborateurs de moins qu'il y a cinq ans. Durant la période sous revue, de nombreux établissements suisses ont principalement créé des postes à l'étranger.

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