Bilan

Cotisants, quel mode de gestion privilégier?

Quels sont les avantages d’une gestion basée sur le risque, de l’utilisation d’instruments passifs ou d’un 3e pilier B? Synthèse de tout ce à quoi il faut être attentif dans le cadre de sa prévoyance.

la fortune confiée aux caisses de pension représente clairement la «face cachée de l’iceberg».

Crédits: keystone

La fortune détenue par les fonds de prévoyance est confiée généralement à un conseil de fondation. Ce dernier délègue ensuite sa gestion à proprement parler à des gérants de fortune. Ainsi, il est rare qu’un cotisant ou un assuré s’intéresse à la manière dont cet argent est géré, alors même qu’il est destiné à financer sa retraite. A tort, car la fortune confiée aux caisses de pension représente clairement la «face cachée de l’iceberg», soit une part importante de son patrimoine.

Ce désintérêt des cotisants pousse souvent à considérer également leur patrimoine en trois silos bien distincts qui sont la fortune privée, la fortune liée à la prévoyance et la fortune immobilière. Ce choix implique qu’aucune décision ne soit prise en tenant compte de la fortune globale. Pourtant, une approche regroupant ces trois silos créerait de la valeur. Dans ce contexte, à quoi le cotisant doit-il être attentif dans le cadre de la gestion de sa prévoyance?

Dans la prévoyance de base, on distingue généralement la gestion «active» et «passive». La première estime être en mesure de créer de la valeur ajoutée, ce que les financiers dénomment «l’alpha». La seconde repose sur la réplication d’indices de référence (l’indice regroupant les principales capitalisations de la Bourse suisse, par exemple). Pour appréhender la volatilité – aujourd’hui omniprésente sur les marchés – une approche alternative est souvent retenue.

Il s’agit d’une gestion basée sur le risque. Son objectif est de ne pas mettre en péril toute la fortune de la caisse de pension en cas de choc, comme on a pu le vivre en 2008 ou 2011. Cette approche dite «risk based» a fait ses preuves ces dernières années. Elle a atteint ses objectifs de performance tout en limitant de manière conséquente le risque. Indépendamment des approches considérées, le cotisant n’a toutefois pas directement «voix au chapitre» dans le cadre de la prévoyance de base. 

Une réflexion essentielle 

Les choses sont bien différentes pour la prévoyance complémentaire ou surobligatoire (Bel Etage). Cette poche offre plus de flexibilité au cotisant, notamment sur le choix de sa stratégie de placement. Désormais, il a la possibilité également de lier les silos comprenant la fortune privée et la fortune liée à la prévoyance dans son approche. Souvent méconnue, cette création de valeurs repose sur l’utilisation des outils de prévoyance et l’allocation de l’ensemble des avoirs – composés par la fortune privée et la fortune liée à la prévoyance surobligatoire – via les différents modes de gestion décrits précédemment. On se situe alors dans le domaine de l’optimisation destinée à créer sur la durée une valeur ajoutée estimée entre 0,5 et 1,5% par an pour un portefeuille consolidé.

En complément de la prévoyance de base et de la prévoyance complémentaire, la prévoyance du 3e pilier B est une autre approche où le «cotisant investisseur» dispose d’une certaine liberté d’action au niveau des choix de stratégies de gestion. Il s’agit d’un outil particulièrement méconnu qui permet assurément une optimisation intéressante («alpha tax») pour des investisseurs qui ne consomment pas le rendement que leur portefeuille génère.

Ainsi, une gestion basée sur le risque dans le cadre de la prévoyance de base répondra à la volatilité ambiante. Une gestion active avec l’utilisation d’instruments passifs, voire une sélection d’indices «smart beta» entre les silos «privés» et «prévoyance», créera de la diversification tout en protégeant le capital lié à la prévoyance surobligatoire. Enfin, le choix d’un 3e pilier B permettra de compléter une approche réellement globale de son patrimoine. Si la réflexion semble fastidieuse, elle est juste essentielle à la construction de sa retraite. 

* Gérant de clientèle et membre du conseil de fondation de la caisse complémentaire chez Lombard Odier.

Knut Giersch*

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