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Coronavirus: trois raisons pour lesquelles le renminbi est proche du creux de la vague

Une analyse approfondie montre que l’apparition du virus en Chine devrait avoir un impact économique significatif mais transitoire. Par Vasileios Gkionakis*

Devise L’impact du nouveau coronavirus (2019-nCov selon son nom officiel) a laissé une empreinte très visible sur la monnaie chinoise, le renminbi (RMB ou CNY).

Après sa rapide appréciation au dernier trimestre de 2019, le CNY a ainsi perdu près de 2,5 % par rapport au dollar depuis l’apparition du virus à la mi-janvier, le taux de change du CNY est même repassé au-dessus de 7 début février. La Chine ayant été l’épicentre de la récente crise, les marchés ont commencé à intégrer la baisse de l’activité intérieure et, par conséquent, ils ont fixé une prime de risque élevée à la monnaie chinoise.

Il ne fait guère de doute que l’explosion du virus aura un impact négatif sur l’activité économique (principalement dans le secteur de la vente au détail et celui des transports). Cependant, nous voyons trois raisons pour lesquelles le renminbi est proche du creux de la vague.

Premièrement, la réponse des autorités chinoises à l’apparition du virus a été plus rapide que par le passé: des restrictions de transport et la mise en quarantaine de plusieurs villes ont été relativement rapides et, surtout, diverses organisations ont déployé des efforts synchronisés pour sensibiliser la population sur les risques sanitaires. Un public mieux informé est plus susceptible de prendre les précautions appropriées sans pour autant se résoudre à des mesures extrêmes (comme éviter complètement toute activité quotidienne). Cela devrait limiter quelque peu l’impact sur la croissance économique nationale.

Par ailleurs, les autorités monétaires chinoises ont injecté 150 milliards de yuans le 3 février et ont réduit les coûts d’emprunt de 10 points de base pour tenter d’apaiser les investisseurs. Bien que cela puisse éroder le portage du CNY, il s’agit d’un signal clair quant à l’intention de la banque centrale d’amortir tout coup porté à la croissance par le virus. Cela devrait soutenir la monnaie à moyen terme. L’expansion fiscale est également un outil supplémentaire que les autorités chinoises pourraient utiliser. En résumé, l’impact net sur l’activité économique de la Chine peut être significatif mais transitoire.

Deuxièmement, l’histoire montre que les actifs à risque ont fortement rebondi après des pics d’infection par des épisodes de virus similaires. Bien que nous n’en soyons pas encore là, les preuves empiriques des épidémies précédentes suggèrent que ce pic pourrait être atteint au cours des deux prochains mois.

La paire USD/CNY ayant déjà intégré un grand nombre de mauvaises nouvelles, nous pensons que la zone proche du niveau de 7 marquera un plafond.

Troisièmement, et malgré le choc transitoire lié au virus, l’économie mondiale et le commerce mondial se sont redressés ces derniers mois, l’industrie manufacturière a passé le creux de la vague, et les tensions commerciales se sont atténuées.

Un tel environnement est propice à la faiblesse du dollar et, comme le montre le graphique ci-dessous, l’USD/CNY (ainsi que la fixation du taux de change USD/CNY par la Banque populaire de Chine) est trop élevé si l’on tient compte de la dynamique générale du dollar.

Dans l’ensemble, l’apparition du virus représente un risque à court terme pour notre point de vue constructif sur l’USD/CNY. En supposant que l’impact sera transitoire (comme dans les cas précédents), nous maintenons notre prévision de 6,70 pour l’USD/CNY d’ici à la fin de l’année.

*Vasileios Gkionakis, responsable de la stratégie FX, Banque Lombard Odier & Cie

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