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Conseils pour investir dans le renminbi

Alors que les marchés développés ne rapportent que 0%, la monnaie chinoise offre des rendements nettement supérieurs. Comment profiter de son potentiel haussier ces prochaines décennies.
  • Le renminbi est sans doute la monnaie au plus fort potentiel haussier de ces prochaines décennies.

    Crédits: Bloomberg/Getty Images

Le 9  octobre, le FMI indiquait que la Chine était officiellement passée devant les Etats-Unis comme première économie mondiale en parité de pouvoir d’achat. Depuis une décennie, la Chine s’attelle à libéraliser, lentement mais sûrement, sa monnaie.

Pour l’investisseur suisse, en particulier les institutions de prévoyance et les entreprises disposant d’importantes liquidités, il peut s’avérer judicieux d’investir une partie en monnaie chinoise. En effet, le cash en francs, euros et dollars rapporte actuellement des intérêts négatifs, puisque l’inflation, même faible, dépasse les taux d’intérêt.

Le renminbi est sans doute la monnaie au plus fort potentiel haussier de ces prochaines décennies. Et déjà, on assiste à l’essor rapide d’un marché obligataire offshore libellé en renminbis.

La Banque Julius Baer, notamment, est en train de développer sa gamme de produits d’investissement pour les institutionnels et particuliers suisses en renminbis. Parmi les produits les plus simples, le marché monétaire en renminbis offre un rendement plus attrayant que ceux en euros et dollars, qui sont à 0%.

«Nous avons un partenariat avec la Banque de Chine qui nous permet de proposer à nos clients des dépôts fiduciaires à douze mois à un taux de 3,1%, en renminbis offshore (CNH)», indique Jiazhi Chen Seiler, cheffe des investissements sur les marchés en croissance de Julius Baer. A titre de comparaison, le taux offert par BNP Paribas s’élève à 2,75% et celui de Rabobank atteint 2,6% pour le dépôt fiduciaire à douze mois en CNH.

Parmi les autres placements intéressants figure le certificat de dépôt, un titre à taux fixe, similaire à une obligation. De tels certificats émis par des banques chinoises offrent des rendements attrayants. Le coupon en CNH de la Banque China Everbright Bank (filiale d’Hongkong) rapporte 3,2% sur douze mois. A noter que les certificats de dépôt sont moins liquides que les dépôts fiduciaires.

«Il n’existe pas de marché secondaire pour les certificats de dépôt, explique Jiazhi Chen Seiler. Ils sont destinés à être détenus une année. Si vous souhaitez les vendre avant maturité, il se peut que vous deviez les céder à l’acheteur à une décote.»

Le Dim Sum Bond

Parmi les produits qui ont popularisé l’investissement en renminbis, le Dim Sum Bond figure au rang des favoris. Il s’agit des obligations émises par des entreprises occidentales libellées en renminbis et cotées à Hongkong. Leurs maturités vont de trois à cinq ans. Chez Julius Baer, pour investir dans un Dim Sum Bond noté AAA, la mise de départ peut être modeste: 10 000 renminbis, soit environ 1630 dollars.

En général, toutefois, les investisseurs placent au minimum 1  million de renminbis. Avantages de ce produit: un coupon fixe et un émetteur au nom connu, tel que Volvo ou VW, parmi les fabricants automobiles. Un coupon VW offre 3,75% de rendement en renminbis, alors que la même obligation en euros rapporte nettement moins, souligne Jiazhi Chen Seiler.

Autre produit désormais standard pour des clients sous mandat discrétionnaire: les fonds obligataires en renminbis, à l’instar du fonds Deutsche Invest China Bond (ISIN: LU0616856422), géré par DWS Investment. Libellé en dollars, il est couvert en renminbis et offre donc une exposition à la monnaie chinoise. Une tranche spécifiquement libellée en renminbis existe également (ISIN: LU0813328787). Le ratio de frais totaux est de 1,18% par an.

Il investit dans des obligations à haut rendement, des titres de banques et d’entreprises chinoises. Outre le coupon, l’investisseur peut, avec un tel produit, jouer l’appréciation de la monnaie chinoise.

Dans la gamme des produits de change (dits «forex»), les banques comme HSBC ou Barclays créent notamment des produits structurés à la demande des clients. Un produit peut miser sur la hausse du renminbi par rapport à d’autres monnaies. S’il s’apprécie de 1,5%, le client reçoit un coupon de 8% ainsi que le capital. Si la monnaie ne s’apprécie pas, le client perd le coupon mais récupère 100% du capital.

«Les investisseurs suisses peuvent aussi s’exposer à la monnaie chinoise à travers des ETF libellés en renminbis, dont le sous-jacent peut être un indice obligataire ou même de l’or physique», recommande Alicia Garcia-Herrero, cheffe économiste pour les marchés émergents à la Banco Bilbao Vizcaya Argentaria (BBVA). La Chine a en effet ouvert mi-septembre aux investisseurs internationaux le Shanghai Gold Exchange, une bourse de l’or libellée en monnaie chinoise, et les banques internationales peuvent désormais créer des produits sur l’or en renminbis.

Dans le domaine des hedge funds, la banque genevoise Mirabaud a fait partie des premières en Suisse à offrir, il y a trois ans, un fonds de fonds avec une classe en monnaie chinoise: le Mirabaud Opportunities Emerging Markets – Class CNH. Ce produit, destiné aux investisseurs qualifiés au sens de l’art. 10 de la Loi fédérale sur les placements collectifs de capitaux (LPCC), leur est accessible à partir de 125 000 euros.

Il inclut des gérants «long only» sur les marchés émergents ainsi que des gérants alternatifs. Son profil est asymétrique: il capture deux tiers de la hausse de l’indice MSCI marchés émergents, et un tiers de la baisse. En trois ans, il affiche 5,2% de performance annualisée, «soit un peu plus du double de l’indice de référence sur la même période», souligne Bertrand Bricheux, responsable des ventes et du marketing à l’asset management de Mirabaud. Son ratio de frais totaux atteint 1,75%, auquel il faut ajouter une commission à la performance. La liquidité est mensuelle ou trimestrielle.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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