Bilan

Comment se protéger des aléas politiques?

L’euro semble être une monnaie en sursis et les futures élections européennes risquent de peser sur les marchés financiers. Conseils pour bétonner son portefeuille.

La Française Marine Le Pen et le Néerlandais Geert Wilders, deux souverainistes qui montent.

Crédits: Giuseppe Cacace/AFP

L’année 2016 a réservé bien des surprises. Les poussées nationalistes vont bon train, entre le Brexit, l’élection de Donald Trump et le référendum italien. Et cette tendance risque de continuer cette année avec les élections françaises. Des analystes de tous bords promettent des turbulences «majeures» sur les marchés financiers. Le spectre des mouvements souverainistes fait décidément tache dans la grande marche vers la mondialisation.

Ces mêmes analystes avaient prédit un cauchemar avec le Brexit: la sortie de l’Union européenne (UE) signifiait quasiment la fin économique du Royaume-Uni. Les dernières données économiques montrent pourtant le contraire; la production manufacturière britannique qui augmente plus que prévu en est un parfait exemple. De plus, l’argument de l’effondrement de la livre est largement utilisé pour justifier une crise économique sévère, alors que cela aide la politique monétaire de la Banque d’Angleterre et ne pénalise que les touristes anglo-saxons.

En France, Marine Le Pen, présidente du Front National, tente d’orienter la campagne présidentielle vers un débat sur un référendum de sortie de l’UE. Oui, la machine euro est en danger. Le candidat Macron semble tout de même en bonne place dans les sondages pour contrer le parti à la flamme. Malgré un programme inexistant et son refus de dévoiler les sources du financement de sa campagne, on sait qu’il est un européiste convaincu. 

Toutefois, il n’y a pas qu’en France que l’avenir de l’UE se joue. Aux Pays-Bas, l’hypothèse  d’une victoire de Geert Wilders aux élections générales néerlandaises est clairement sous-estimée par les marchés. Un peu plus tard cette année, l’Allemagne aura aussi ses élections et le problème de la gestion des migrants a renforcé le vote nationaliste outre-Rhin. L’unité de la zone euro est bien mise à mal.

Alors oui, il y a des incertitudes politiques en cette année 2017, mais elles s’inscrivent dans la continuité de la crise financière de 2007 dont les conséquences négatives sont toujours d’actualité. L’UE aura certainement de la peine à se relever dans l’éventualité où la France et les Pays-Bas tomberaient aux mains des souverainistes.

On peut dès lors penser que l’euro est une monnaie en sursis. N’oublions pas non plus la Grèce, qui est toujours largement insolvable. Ce n’est pas parce que ce problème a été quelque peu mis à l’écart l’année dernière, avec le Brexit, qu’il a été résolu. Syriza, dont l’histoire retiendra l’incroyable trahison après le vote «OXO» de juin 2015, a pourtant fait toutes les compromissions possibles pour satisfaire ses créditeurs (augmentation de l’âge de la retraite notamment) et n’a réussi qu’à augmenter la charge d’une dette quasi impossible à rembourser.

Paradoxalement, ces menaces aident indirectement la Banque centrale européenne dans sa politique monétaire car elles exercent des pressions baissières sur la monnaie unique. Trop d’incertitudes auront tout de même un effet contre-productif car le risque d’un éclatement de l’Union ne peut pas être considéré comme un cygne noir mais bien une possibilité réelle et sérieuse.

Alors, sur quoi miser?

Il apparaît très important de protéger son patrimoine de ces incertitudes. Il est clair que les politiques monétaires actuelles des banques centrales participent à la surévaluation du prix des actifs. Ce n’est pas parce que les bourses battent des records que la situation économique s’améliore. Cette décorrélation entre les bourses et l’économie réelle doit inciter à la prudence. Ainsi, avoir une partie de son patrimoine dans les métaux précieux, même s’ils ne rapportent pas de dividendes, permet au moins de le protéger de l’inflation.

Notons à ce propos que l’Allemagne accélère son plan de rapatriement de son or des Etats-Unis et que les Chinois et les Russes en achètent également à tour de bras. Plutôt un bon signal. D’une manière un peu plus spéculative, investir dans des industries nationales peut ouvrir de belles opportunités car l’on peut anticiper à terme que la concurrence extraeuropéenne diminuera. 

* Analyste de marché chez Swissquote

Yann Quelenn*

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