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Comment la Suisse a dit adieu au secret bancaire

Temps présent et Bilan se sont associés pour analyser si la place financière a un avenir et quel sera le prix des turbulences pour l’ensemble de l’économie. Ce dossier, qui accompagne l’émission télévisée du 13 décembre, fait le point sur ce qui reste de la compétitivité suisse.
Crédits: Dr

Les attaques contre la place financière ne seront pas sans conséquences pour les emplois bancaires en Suisse, mais aussi pour ceux des secteurs annexes tels que l’informatique bancaire, l’immobilier, le tourisme, la restauration, le luxe, l’automobile. Les conditions-cadres ayant fortement changé en un laps de temps très court, les marges dans la gestion de fortune ont brusquement chuté et des acteurs de la place préfèrent travailler à Singapour ou à Montevideo (Uruguay) qu’en Suisse.

La place financière helvétique a-t-elle encore un avenir? Et quel sera le prix des turbulences pour l’ensemble de l’économie? Ce sont les questions auxquelles tente de répondre une émission de Temps présent réalisée en collaboration avec Bilan. Elle sera diffusée le 13 décembre à 20 h 15 sur RTS Un sous le titre: «Secret bancaire, adieu!», à l’occasion d’une soirée spéciale. «A l’issue d’une année de pressions sans précédent, les producteurs de Temps présent ont imaginé de raconter l’histoire de cette descente aux enfers depuis trois ans, et nous avons additionné nos forces avec Bilan, explique Romaine Jean, rédactrice en chef des magazines à la RTS. Il fallait apporter une réflexion, une vision prospective. Le secteur financier représente 15% du PIB suisse, il est donc un secteur clé de l’économie. Il y aura des conséquences sur le monde économique. Cela concerne tout le monde.»

L’effet boule de neige

A Genève, le poids du secteur financier est passé de 24% du PIB cantonal en 2008 à 17% en 2012. Cela ne s’est pas fait sans mal. Un chômeur sur dix, dans le canton, est issu de la finance: fin octobre 2012, le nombre de chômeurs issus des banques, des assurances et des autres services financiers était en hausse de 32% sur un an, leur effectif approchant les 10% des chômeurs du canton. L’an prochain, ce sont quelque 3000 emplois qui pourraient passer à la trappe dans les banques suisses. «Les banques genevoises pourraient être appelées à supprimer entre 15 et 30% des emplois dans la gestion de fortune genevoise», a mis en garde Grégoire Bordier, président du Groupement des banquiers privés genevois, en novembre dernier, reprenant l’estimation faite, en juin déjà, par Nicolas Pictet, président de l’Association des banquiers privés suisses.

«Pour chaque emploi bancaire perdu, plusieurs emplois le seront aussi dans l’économie, estime Cécile Civiale Vuillier, présidente de l’association STEP (Society of Trust and Estate Practitioners) en Suisse, qui réunit 1500 membres praticiens de la gestion et de l’administration de trusts, et associée chez Alpadis, une société suisse de trusts active à Singapour, Hongkong et Labuan (Malaisie). L’élagage des banques fera que ces personnes vont aller moins souvent au restaurant, ne donneront plus leurs vêtements au pressing, n’iront plus chercher leur journal au kiosque situé à côté de leur banque. Il y aura un effet boule de neige.» Pour cette experte, «c’est peut-être là le prix pour nettoyer la place», mais il y aurait eu de meilleurs moyens: «Il fallait changer plus tôt le système des bonus, afin qu’il ne soit plus axé sur la maximisation des nouveaux avoirs de clientèle. Car aujourd’hui tous ceux qui n’ont pas atteint leurs objectifs sont prêts à prendre des clients pas nets pour ne pas passer à la trappe, et on se retrouve avec un double discours.»

Fonte des masses sous gestion

Quant aux masses sous gestion, elles diminuent en Suisse depuis cinq ans, malgré les propos rassurants des banquiers. Sachant qu’il y avait jusqu’à 1000 milliards d’euros d’avoirs européens essentiellement non déclarés en Suisse – soit pas loin de la moitié des avoirs étrangers déposés dans les banques –, c’est cette somme qui est à risque: soit elle quittera le pays, soit elle sera fiscalisée dans le meilleur des cas, devenu moins probable avec le rejet allemand des accords Rubik. Selon les statistiques de la BNS, les avoirs totaux (suisses et étrangers) déposés dans les banques suisses atteignaient 5235 milliards en 2007, année record. En septembre 2012, ils se situaient à 4420 (-16%). Bien entendu, il faut souligner l’effet majeur de la crise de 2008. Mais les avoirs n’ont pas retrouvé leurs niveaux d’avant la crise, diminuant encore depuis 2009. Si l’on ne prend que les clients privés (personnes physiques) dont l’argent est déposé en Suisse, les avoirs passent de 1620 milliards en 2007 à 1010 cette année (-38%).

Tandis que les dépôts des titulaires suisses sont restés remarquablement stables, ce sont bien les avoirs privés étrangers qui baissent, allant de 1042 à 562 milliards (-46%). Et encore, ces chiffres ont bénéficié d’une certaine stabilité des montants, due à la crise de la zone euro, qui a clairement dissuadé d’importants rapatriements de capitaux européens, et qui a aussi attiré des afflux d’avoirs européens institutionnels (déclarés) vers la Suisse. Mais les attraits de la Suisse pour les capitaux européens se réduiront ces prochaines années, selon l’avis unanime des professionnels de la place.

Baisse des actifs européens

Autre indicateur de l’évolution des actifs européens en Suisse: la somme totale prélevée au titre d’impôt à la source et d’impôts déclarés sur les intérêts de l’épargne européenne. Or ces montants reculent de façon nette depuis 2009. Selon les chiffres de l’Administration fédérale des contributions, la Suisse a prélevé 5,1 milliards en 2007; 4,5 milliards en 2008; 2,8 milliards en 2009; 2,4 milliards en 2010; 2,4 milliards en 2011. Les chiffres 2012 ne sont pas encore disponibles. A noter qu’entre 2010 et 2011 la retenue est passée de 25 à 30% (sur les six années sous revue, le taux d’imposition à la source est passé de 15 à 30%), et que, malgré cela, les recettes récoltées baissent sur la durée.

Il est intéressant de noter aussi que la part de ces intérêts qui est retenue à la source (et qui concerne donc essentiellement des avoirs non déclarés) passe de 94% en 2005 à 70% en 2011, ce qui indique que la proportion des avoirs non déclarés européens a clairement baissé. Enfin, il est essentiel d’ajouter que ces montants dépendent aussi, de toute évidence, du niveau des taux d’intérêt, qui sont historiquement bas depuis 2009. Ces indications sont donc partielles et offrent seulement un indice laissant penser que les avoirs européens ont probablement diminué, ce qui peut être corroboré par la baisse des avoirs privés étrangers publiés par la BNS. «La place suisse fait face à une guerre économique et fiscale, estime Dominique Morisod, ancien banquier d’affaires à UBS et consultant à Genève. Ce sont des actifs qui partent vers des places comme le Delaware, Singapour, le Luxembourg, la Belgique, Londres, le Brésil et l’Europe.» Selon lui, les accords fiscaux vont faire disparaître entre 20 et 40% des actifs sous gestion.

Consolidation bancaire

Avec moins d’avoirs à gérer, il y aura forcément moins d’acteurs sur le marché. Et la tendance, là aussi, est à la diminution du nombre de banques. En 1990, la Suisse comptait 625 banques. Fin 2012, il en restera à peine 310, selon PricewaterhouseCoopers. La vague de rachats bancaires, qui s’intensifie depuis l’an dernier, touche principalement les banques étrangères, pour l’heure. Mi-août, Merrill Lynch Bank (Suisse) disparaissait dans la masse rachetée à Bank of America par Julius Baer, qui venait de reprendre ING Bank (Suisse). UBP a racheté ABN Amro Bank (Suisse) en 2011, puis la clientèle espagnole de Banco Santander en Suisse. Fin 2011, KBL (Suisse) tombait en mains qataries, en même temps que Dexia Banque Privée (Suisse).

«La consolidation va se poursuivre sur le marché bancaire suisse, en raison de plusieurs facteurs: pour les propriétaires étrangers et suisses des banques, l’attractivité des banques suisses est en baisse, en raison des coûts plus élevés, résultant des exigences réglementaires, et de la chute des marges, résultant des pressions continues des Etats-Unis et d’autres pays, analyse Philipp Hofstetter, responsable corporate finance chez PricewaterhouseCoopers Suisse. Toutefois, nous n’avons pas vu jusqu’ici de grosses fusions ou acquisitions, l’absorption de Sarasin par Safra étant l’exception. Je m’attends à voir la consolidation se poursuivre principalement parmi les acteurs de petite taille, car il faut une certaine taille pour rester rentable quand les revenus baissent et les coûts montent.»

«Le modèle axé sur les avoirs déclarés fera donc baisser les masses sous gestion, puis les revenus, et par conséquent la marge brute, estime Dominique Morisod. Le ratio coûts-revenus ne peut que se corriger par des baisses de salaire, des licenciements massifs et une consolidation sans précédent du secteur.»

Les marges baissent, les coût progressent

Plus révélateur, en effet, que l’évolution des masses gérées: la détérioration des marges de la gestion de fortune. Et celles-là diminuent rapidement. La marge brute est le baromètre de la bonne santé des banques, soit de leur capacité de créer des emplois et de payer des impôts. Avec la fin de la «prime» du secret bancaire et l’utilisation réduite de produits structurés par les clients, les revenus de la gestion baissent. La marge brute, dans la division Wealth Management d’UBS baisse de 4 points de base (pb) pour atteindre 89 pb au troisième trimestre 2012. Celle de Julius Baer baisse de 92 à 90 pb en six mois, et celle de Credit Suisse recule de 13 pb à 107 pb.

Dans son dernier rapport de 2011 sur les banques privées, l’Université de Zurich constate que les marges brutes médianes ont baissé de 21% entre 2004 et 2010. Cette détérioration de la rentabilité se poursuit en 2011 et en 2012, malgré le rallye du marché des actions. Pis, les coûts atteignent des sommets. C’est à une véritable refonte des modèles d’affaires de la gestion de fortune que l’on assiste, qui refaçonne les établissements selon le nouvel environnement réglementaire. Selon l’Université de Zurich, les charges des banques ne cessent de progresser. Le ratio coûts-revenus mesure le coût de chaque franc de revenu généré, donc la capacité de réaliser des profits futurs.

Chez les banques privées suisses, ce ratio a progressé de 63,7 à 79,8% entre 2007 et 2010, selon le World Wealth Report 2012 de Capgemini. «L’industrie ne sera plus rentable si elle garde ce rythme de progression encore cinq ans», estime le rapport. Il faudra probablement supprimer beaucoup d’emplois si les coûts ne baissent pas. La détérioration des conditions-cadres porte une lourde part de responsabilité.

La Suisse moins compétitive

La crise de l’euro ne durera pas éternellement. Un rapport de PricewaterhouseCoopers indique qu’il y a eu, depuis 2009, «un exode significatif de capitaux vers les Etats-Unis et l’Europe», tandis que l’argent frais récolté par les banques suisses provenait de l’Asie, de l’Europe de l’Est et du Moyen-Orient. Inévitablement, la Suisse perd de la compétitivité en comparaison internationale. D’une part, le ratio coûts-revenus de ses banques est l’un des plus défavorables comparé aux autres places et, d’autre part, les salaires s’avèrent des moins attractifs en comparaison internationale. Certaines banques créent des emplois au Luxembourg mais licencient en Suisse. De plus, la marge brute se rapproche de plus en plus de la concurrence.

La compétitivité de la place suisse fond comme neige au soleil. Les places financières lutteront encore plus agressivement pour capter les avoirs de clientèle, afin de préserver leur rentabilité, seule l’augmentation des masses sous gestion pouvant compenser l’érosion des marges brutes. Les banques américaines améliorent leurs marges brutes mais doivent encore gagner de la masse sous gestion, et en Europe la place du Benelux devient une des plus performantes, l’Italie n’étant pas en reste.

Bâle III: désavantage helvétique

Une autre épine dans la compétitivité de la Suisse: Bâle III, à savoir les nouvelles exigences internationales de fonds propres. La Suisse agit avant la concurrence. Elle est la seule place bancaire importante à l’appliquer au 1er janvier 2013 et à être déjà prête à ce jour, avec une interprétation particulièrement rigoureuse de ces règles, alors que les banques américaines n’ont pas réalisé Bâle II, et que l’UE demande un délai de deux ans pour appliquer Bâle III.

Ces nouvelles règles exigent plus de fonds propres au bilan pour le crédit aux entreprises et à l’immobilier, pour le financement du négoce de matières premières, mais aussi pour des produits d’investissement. La réduction de la taille de la banque d’affaires d’UBS et le recentrage de Credit Suisse ont été imposés par ces nouvelles règles, mais se font au détriment de leur compétitivité face à leurs rivales bancaires américaines, allemandes et françaises. «Les crédits internationaux aux entreprises, la gestion institutionnelle, l’émission de dette, les entrées en bourse seront laissés à la concurrence. Les compétences dans la création de produits s’affaiblissent», estime Dominique Morisod.

La fin des rétrocessions

Le Tribunal fédéral a frappé fort: les banques suisses et les gérants de fortune sont désormais obligés de reverser à leurs clients toutes les rétrocessions perçues lors de la vente de parts de fonds de placement, de produits structurés et autres. Les banques doivent reverser les rétrocessions à leur client, et cela rétroactivement sur dix ans. Une décision juste, mais lourde de conséquences: ces montants représentent entre 20 et 30% de marge brute pour certains établissements, au moment où ils sont frappés par la redéfinition du secret bancaire et pénalisés par un surcroît de coûts.

Seule certitude: les marges brutes de la gestion de fortune seront bien moins élevées dans dix ans. «Ne serait-il pas temps de retrouver une certaine clairvoyance et une vision politique pour appliquer des règles justes mais à un timing supportable et comparable à l’international?, estime Dominique Morisod. Il est temps de retrouver un pragmatisme suisse avant que la réalité des rentrées fiscales ne nous rattrape.» Mises à part les appréhensions pour les conséquences de la perte du secret bancaire, d’autres craintes planent sur la compétitivité de la place alors que les forfaits fiscaux, les hedge funds, les sociétés de négoce et les fonds de placement en général se retrouvent simultanément mis en difficulté. Des sociétés de trusts, comme la société de Jersey, Bedell, ferment boutique en Suisse, de même que des family offices. Et sur 800 fiduciaires en Suisse, on estime que seule la moitié survivront.

Des atouts perdus

Dans ce contexte, la Suisse doit compter ses atouts. Elle ne s’est pas battue pour défendre certains d’entre eux, alors qu’ils étaient des ingrédients de sa compétitivité internationale: «La Suisse était très innovante sur le marché des eurobonds, le marché de l’or, le marché des fonds de placement et l’industrie des fonds de hedge funds. Chacun de ces secteurs a été dépassé par d’autres places financières», a estimé Peter Meier, responsable du Centre pour les placements alternatifs et la gestion du risque à l’Université de Zurich, lors d’une conférence récente à Pfäffikon.

Il y a dix ans, 60% des fonds de hedge funds autorisés à la distribution en Suisse étaient domiciliés en Suisse, contre seulement 28% aujourd’hui. Le Luxembourg a conquis la place de principal domicile pour les fonds enregistrés en Suisse, avec une part 49%. La Finma y porte sa part de responsabilité: «En tant que régulateur des fonds, elle s’est montrée extrêmement restrictive durant la crise, et à présent ses exigences sont très élevées pour les nouveaux prestataires de fonds, note Peter Meier. Elle est également très lente dans les autorisations de distribution et de domiciliation.»

Trop de réglementation?

De même, l’industrie zurichoise des hedge funds a-t-elle récemment émis des craintes face à la surréglementation ambiante, lors d’un événement organisé par Opalesque. Urs Ramseier, président de Twelve Capital, un gérant spécialisé dans les produits d’assurance, a estimé qu’«aujourd’hui un gérant alternatif a besoin d’un gestionnaire des risques, d’un gestionnaire de portefeuille, d’un responsable de compliance et d’autres fonctions encore. Les barrières à l’entrée deviennent beaucoup plus élevées. La crainte est que ces développements pourraient finalement tuer l’industrie des hedge funds gérés en direct en Suisse.»

Pourtant, comme l’a noté le financier zurichois, l’innovation dans l’industrie des hedge funds suisses provient non pas d’UBS ou de Credit Suisse, mais des petites firmes de gestion indépendantes. Il y a deux ou trois ans, des gérants de talent pouvaient lancer leur propre fonds avec 20 ou 30 millions de francs et produire de bonnes performances qui leur permettaient de grandir. Ces temps sont révolus, en raison des coûts réglementaires, et il faut désormais 1 milliard d’actifs sous gestion pour survivre dans l’environnement actuel, selon Urs Ramseier.

Une politique à repenser

Clairement, une réflexion d’ensemble s’impose à propos de la politique économique que souhaite la Suisse pour rester compétitive. Dans le domaine industriel et technologique aussi, la Suisse a laissé partir quantité de savoir-faire, qu’elle avait développé, vers d’autres horizons durant la dernière décennie. Dans un livre paru récemment, Comment en vient-on aux délocalisations et à la désindustrialisation en Suisse?, le journaliste Rohan Sant recense les disparitions successives de fleurons industriels helvétiques, dont le dernier en date est Merck Serono, avec ses 1200 emplois supprimés.

«Le problème, dit-il, c’est que les repreneurs intègrent le savoir-faire helvétique puis délocalisent les emplois à l’étranger.» Il en fut ainsi d’Alusuisse, Suchard, Bally, SIG, mais aussi de fleurons des techniques médicales tels que Synthes ou Sulzer Medica. Rien n’est perdu; à une époque où les économies entourant la Suisse devront surtaxer et surréglementer leurs territoires pour repayer leurs dettes, la Suisse conserve une opportunité historique pour redéployer ses avantages. En outre, «la Suisse garde une excellente image en Asie», souligne Cécile Civiale Vuillier. 

A Genève, les sociétés auxiliaires respirent

Elles craignaient une réforme du taux d’imposition plus douloureuse, qui aurait pu les inciter à se relocaliser. Genève restera peut-être un hub attractif pour les sociétés de négoce de matières premières. Cette activité représente désormais quelque 10% du PIB cantonal mais était menacée ces dernières années par les pressions constantes de l’Union européenne en faveur d’une abolition des statuts fiscaux spéciaux pour les sociétés auxiliaires suisses. Avec l’annonce, début octobre, du Conseil d’Etat en faveur d’un taux d’imposition unique de 13% sur les sociétés, Jacques-Olivier Thomann, président de la GTSA (Geneva Trading and Shipping Association), se dit satisfait. Actuellement, les sociétés auxiliaires paient entre 10 et 12% d’impôts; l’augmentation serait donc pour elles marginale. «Les autorités ont pris conscience de l’importance de ce secteur, ce que prouve cette annonce courageuse, de nature à sauvegarder des emplois», estime-t-il. Cette réforme, poursuit-il, devrait donner la visibilité nécessaire aux sociétés qui sont installées, car, depuis quelques années, «il y avait certaines inquiétudes et un manque de visibilité, car on savait qu’un changement devait intervenir, sans savoir quelle forme il prendrait». Le Parlement doit encore accepter la réforme, qui doit aussi faire l’objet d’une votation populaire. Selon une étude du CREA (institut de marcroéconomie appliquée) de juin 2012, les sociétés auxiliaires (sous lesquelles sont incorporés notamment les négociants de matière première) contribuent directement et indirectement à faire vivre 54 000 emplois à plein temps en Suisse romande.

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Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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