Bilan

Comment investir dans les drones

Un peu partout dans le monde, des entreprises développent des engins volants sans équipage. Certains titres sont intéressants pour les investisseurs.
  • L’entreprise californienne AeroVironment, qui vend surtout ses drones aux militaires, a annoncé vouloir conquérir le marché civil.

    Crédits: Dr

«Le marché des drones à usage commercial va exploser ces prochaines années.» Pour Gerald Van Hoy, analyste à l’institut d’étude de marché Gartner, la branche peut s’attendre à un démarrage vertical. Pour les particuliers, les possibilités offertes par les engins volants sans équipage sont certes épuisées mais, pour les entreprises, ils offrent l’opportunité encore peu exploitée de simplifier les processus et de réaliser des économies. Aujourd’hui déjà, on voit des sociétés inspecter leurs sites d’extraction et leurs pipelines depuis le ciel pour détecter les fuites à temps. D’innombrables applications se profilent ainsi pour l’industrie minière, l’agriculture, les entreprises de construction et le commerce en ligne.

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Pour les investisseurs, il n’est pas si simple de s’impliquer et de faire des drones un objet de placement dans leur portefeuille. Certes, la société chinoise DJI domine nettement le marché des drones à usage civil et devrait avoir réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de dollars, mais le titre DJI n’est pas coté.

Le constructeur français Parrot

En guise d’alternative, il y aurait Parrot. L’entreprise française est le deuxième constructeur mondial de drones à usage non militaire. Son titre est traité à Paris. Parrot s’est fait un nom avec ses drones pour particuliers qui se pilotent par le biais du smartphone. Selon ses derniers chiffres trimestriels, 82% des ventes de drones concernent le domaine des loisirs. 

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Mais Parrot a annoncé son intention de se concentrer davantage sur les applications commerciales et d’y étendre ses activités car le secteur des loisirs, lui, est âprement disputé. Afin de mieux servir désormais la clientèle des entreprises, le groupe a investi ces derniers mois dans des constructeurs de drones, des fabricants de composants et des producteurs de logiciels proposant les technologies adéquates. C’est ainsi que les Suisses senseFly et Pix4D, entre autres, travaillent pour Parrot.

En dépit de ce repositionnement, Parrot n’est pas un pur constructeur de drones. La société produit également des dispositifs mains libres pour automobilistes et des casques audio. Au quatrième trimestre 2016, 46% d’un chiffre d’affaires de 58,4 millions d’euros ont été réalisés hors drones.

Les américains AeroVironment et Boeing

Ceux qui chercheraient une entreprise encore plus focalisée sur les engins volants sans pilote feront leur beurre avec AeroVironment. L’entreprise californienne réalise environ 90% de ses ventes avec des drones. AeroVironment s’est fait un nom avec de petits modèles maniables utilisés au combat par les forces terrestres américaines. En 2016, son chiffre d’affaires s’est établi à 264 millions de dollars.

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En décembre dernier, la société a dû annoncer qu’elle avait moins vendu récemment, et le cours du titre s’est effondré. La direction a souligné qu’elle entendait progresser sur des marchés de croissance et s’adresser désormais davantage à des clients civils. Elle pense commercialiser ce printemps encore un modèle équipé de senseurs infrarouges et d’une caméra à haute définition. Le drone Quantix se pilote via une tablette et s’adresse notamment aux agriculteurs qui veulent surveiller la croissance de leurs champs.

Pour l’analyste Gerald Van Hoy, il est évident que d’autres constructeurs vont emboîter le pas à AeroVironment et travailler pour le marché civil. Jusqu’ici, les réglementations dans le domaine non militaire étaient restées vagues. En août dernier, la FAA, l’agence américaine de l’aviation civile, a enfin édicté des règles plus contraignantes pour l’usage commercial de drones et d’autres pays devraient suivre. 

Autre exemple d’entreprise de l’industrie de l’équipement aéronautique qui fait le virage vers l’usage commercial de drones: Boeing. En 2008, le constructeur américain avait acheté le producteur de drones Insitu et vend désormais sous cette marque des engins volants à des particuliers.

En Suisse, pour l’instant, pas besoin d’autorisation pour faire voler des drones à titre privé ou commercial, du moins tant que leur poids n’excède pas les 30 kilos. Mais il doit obligatoirement et toujours y avoir un contact visuel entre le pilote et son engin. L’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) estime qu’une vingtaine de milliers de drones volent dans le pays, une tendance à la hausse.

Les fabricants de composants

Selon l’analyste Gerald Van Hoy, les fabricants de composants devraient eux aussi profiter de la vogue des drones. C’est ainsi que de multiples modèles comportent des puces produites par Ambarella qui améliorent la qualité vidéo. L’entreprise californienne fournit le constructeur de drones DJI mais fabrique également des puces utilisées pour les body cams des agents de police, les caméras de surveillance et les caméras GoPro. L’an dernier, Ambarella a réalisé un chiffre d’affaires de 316 millions de dollars, en hausse de 44,9% par rapport à l’exercice précédent.

A l’avenir, les techniques de senseurs, infrarouge, radar et microphone devraient être toujours plus demandées. FLIR Systems y travaille. L’entreprise américaine fabrique des senseurs actifs dans l’infrarouge, déjà utilisés dans des drones pour retrouver des personnes disparues ou des troupeaux. Sur les trois premiers trimestres 2016, la société a réalisé avec ses appareils un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dollars.

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Les observateurs de la branche signalent un autre exemple de fabricant de composants spécialisé qui pourrait tirer parti de la vogue des drones: IXYS Corporation. Pour de petits drones légers à usage civil, une utilisation efficace de la source électrique est cruciale afin d’allonger l’autonomie de vol. IXYS fournit ce type de composant.

Ceux qui souhaiteraient diversifier leur dépôt y songeront: pour l’instant, il n’existe qu’un seul fonds thématique. Le Drone Economy Strategy ETF de Pure Funds réplique très bien le secteur. Cet ETF constitué en dollar détient les plus fortes positions chez AeroVironment, Parrot, Boeing et Ambarella. Mais il est vrai qu’avec sa taxe de gestion de 0,75%, ce véhicule d’investissement n’est pas vraiment bon marché.  

* Cet article est paru dans «Finanz und Wirtschaft»

Carlo Portmann*

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