Bilan

Comment investir à partir d’un héritage?

La faiblesse des taux permet un rachat dans la caisse de pension afin d’optimiser sa fiscalité. Toutefois, bien définir ses projets financiers avant de se lancer reste un préalable indispensable.
  • Il est recommandé de bien s’informer sur la santé financière de sa caisse avant rachat.

     

    Crédits: Erhui1979/Getty images

En 2016, la Suisse a enregistré le décès de 64 586 personnes, qui ont légué une fortune de quelque 76 milliards de francs, selon diverses sources. Le volume exact des héritages est difficile à évaluer car la succession est gérée par les cantons et chacun applique son propre système. Pour rappel, le seul canton qui ne connaît pas d’impôt sur les successions est Schwytz. 

Pour illustrer cet article, prenons le cas de Thierry, 55 ans, qui a un salaire annuel total de 180 000 fr. Il est propriétaire d’un appartement avec une dette hypothécaire de 750 000 fr., dont le taux fixe moyen est de 1,5%. Il a une bonne caisse de pension avec une lacune de cotisation de 200 000 fr., qu’il pourrait racheter. Concernant les placements, il a une expérience moyenne et aime prendre des risques «mesurés». A la suite du décès de son père, il a hérité de 300 000 fr., somme qui, loin de compenser la perte d’un être cher, peut néanmoins lui être bien utile. Pourvu qu’il sache comment l’investir! Alors, comment procéder? 

Tout d’abord, il faut bien réfléchir à ses projets financiers (par exemple prendre une retraite anticipée, faire fructifier son épargne, aider ses enfants, acheter une résidence secondaire, etc.), fixer le temps nécessaire à la réalisation de ce projet et déterminer sa capacité et sa propension à prendre des risques financiers (profil d’investisseur). Sans oublier que, pour prendre la bonne décision financière, il faut absolument connaître son taux marginal d’imposition (TMI) qui frappe tout revenu supplémentaire ou toute diminution de celui-ci.

En l’occurrence, Thierry a un TMI de 35,5%. Maintenant, passons en revue les différentes possibilités. S’il souhaitait amortir en partie sa dette hypothécaire, il devrait se poser la question suivante: quel est le coût de la dette après impôt? En effet, étant donné que les intérêts payés à la banque sont déductibles du revenu, le coût net d’un prêt doit tenir compte de la fiscalité. En l’occurrence, le prêt lui coûte après impôt 0,97% (taux hypothécaire compte tenu du TMI). Il doit alors comparer ce taux avec le rendement qu’il pourrait espérer obtenir sur un placement financier sur le long terme (plus de 8 ans). Un portefeuille «équilibré» avec 50% en actions pourrait rapporter un rendement de 3%. Par souci de transparence, ce rendement doit être également soumis à l’imposition. En l’occurrence, le rendement net serait de 1,94% (rendement compte tenu du TMI). 

Connaître sa caisse de pension

Qu’en est-il de la possibilité de racheter dans la caisse de pension? Avant tout, et sauf cas particulier (par exemple, dernière année pour le faire), il faudrait étaler le rachat sur plusieurs années.

En effet, en raison de la progressivité de l’imposition, l’économie d’impôt est plus élevée que dans le cas où le montant total est versé en une seule fois. Donc, effectuer un rachat dans sa caisse de pension est un très bon moyen d’optimiser sa fiscalité car ce dernier est déductible du revenu imposable. Dans ce cas, le rendement net du rachat serait de 7,05% (voir tableau). Mais, avant de le faire, il faut analyser la santé financière de sa caisse. A-t-elle un bon degré de couverture? Si celui-ci est d’au moins 100%, cela signifie que sa situation financière est équilibrée. A-t-elle suffisamment de réserves pour pallier les fluctuations des placements?

Si tel est bien le cas, il faut alors étudier la manière dont la caisse place ses avoirs. Comme un investisseur privé, une caisse a également un «profil d’investisseur» impliquant plus ou moins de risques liés aux placements. Mais attention, si vous avez l’intention de retirer le capital dans les trois ans qui suivent, dans un but d’accession à la propriété ou de retraite, évitez ce rachat! Suivant sa situation, le rachat n’est pas toujours la meilleure solution en termes de diversification. Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier s’applique également à la prévoyance!

En conclusion, et sachant que chaque cas est particulier, Thierry aurait tout intérêt à rencontrer son conseiller patrimonial et effectuer un check-up financier. Seule une vision globale de sa situation (prévoyance, fiscalité, placement et endettement) lui permettrait de prendre la meilleure décision. 

* Directeur, conseil patrimonial et prévoyance, BCGE

Albert Gallegos*

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