Bilan

Comment contourner les taux bas en Suisse

Les rendements des placements à taux fixe s’avérant plus élevés en dehors de la Suisse, il pourrait être avantageux d’investir les avoirs de prévoyance dans plusieurs monnaies.

Le différentiel entre le franc suisse et le dollar américain se situe actuellement à environ 2,5% pour les taux à 10 ans.

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Les taux d’intérêt sont historiquement très bas, voire même négatifs en Suisse. Ils sont à l’origine de nombreuses questions. Ils provoquent même pour certains une remise en cause du système de prévoyance helvétique actuel. Car les taux d’intérêt s’avèrent en effet positifs dans plusieurs zones géographiques, à l’exemple des Etats-Unis. Le différentiel entre le franc suisse et le dollar américain se situe actuellement à environ 2,5% pour les taux à 10 ans.

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Quel est l’avantage dans ces conditions de disposer d’un système de prévoyance basé sur la capitalisation si ce dernier ne remplit pas sa fonction première, à savoir offrir un rendement qui permette aux assurés de financer leur retraite? Dans cet environnement peu propice aux rendements stables, les contraintes de gestion mises en place par le législateur helvétique, notamment la part maximale de 30% d’allocations en monnaies étrangères, rendent la tâche des gérants encore plus divinatoire. Est-il alors possible ou souhaitable de pouvoir exploiter ce différentiel de taux en investissant les avoirs
de prévoyance dans plusieurs monnaies?

Tout d’abord, il s’agit de considérer une caisse de pension au niveau de son organisation et de la construction de ses plans de prévoyance. En termes organisationnels, il est possible de distinguer deux parties bien différentes. Il y a la partie dite obligatoire et la partie dite surobligatoire ou hors obligatoire. Les avoirs assurés au-delà de la limite de 126 900 francs peuvent donc être investis selon une stratégie de placement déterminée par l’affilié. Chaque assuré peut choisir librement l’approche la plus adaptée à son type d’existence. Il peut tenir compte, par exemple, d’une vie privée et professionnelle impliquant une grande mobilité.

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Un assuré ne souhaite pas forcément être exposé uniquement au franc suisse si ses projets de vie doivent le conduire à long terme dans des régions où la monnaie de référence n’est pas la devise helvétique. Il pourrait ainsi chercher à détenir des placements dans d’autres devises sachant qu’il aura à terme une partie de son budget personnel allouée en euro, en dollar américain, en dollar canadien ou encore en livre sterling. 

L’assuré doit avoir le choix

En parallèle, les caisses de pension suisses sont mesurées et surtout auditées en franc suisse une fois par année. S’agit-il alors de se couvrir contre les fluctuations des cours de change puisque les comptes sont comptabilisés en franc suisse? Par analogie, faut-il se protéger contre les fluctuations des marchés financiers dans les autres classes d’actifs?

En réalité, il s’agit d’abord de considérer le fait qu’une caisse de pension, d’autant plus s’il s’agit d’une fondation collective, dispose fondamentalement d’un horizon-temps «infini» ou plutôt indéterminé. Dans ce contexte, une plus forte diversification monétaire peut certainement apporter de la valeur ajoutée supposant que le législateur vienne faciliter le travail des gérants de caisses de pension en abrogeant certaines limites aujourd’hui en place.

En conclusion, un assuré dispose d’un horizon-temps bien déterminé du moment que sa caisse de pension lui propose un choix de stratégies de placement distinctes. Ce choix doit lui permettre de lier la gestion de ses avoirs de prévoyance à ses propres objectifs financiers à long terme. La gestion de l’intégralité de sa fortune, privée et immobilière incluses, lui sera ainsi simplifiée et surtout lui permettra d’atteindre l’objectif prévu fondamentalement par la loi sur la prévoyance, soit conserver le même niveau de vie au moment de la retraite. 

*  Gérant de clientèle et membre du conseil de fondation de la caisse complémentaire chez Lombard Odier.

Knut Giersch*

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