Bilan

Ce jeune patron qui soutient les femmes

Le 6e gala de bienfaisance organisé en faveur de la Fondation Womanity, créée par le Genevois Yann Borgstedt, a battu ses records précédents: 2,6 millions ont été levés.

Yann Borgstedt avec Lapo Elkann, l’héritier de Fiat.

Crédits: David Maréchal

Plus de 1000 personnes étaient présentes début février à Palexpo pour le 6e gala de bienfaisance organisé en faveur de la Fondation Womanity (anciennement Fondation Smiling Children). Au final, Yann Borgstedt, fondateur de Womanity, estime à environ 2,6 millions de francs les recettes nettes dégagées par cette soirée.

Un montant qui dépasse celui récolté en 2014: avec son équipe, il avait déjà réussi l’exploit de parvenir à une somme de 2 millions de francs. Portrait d’un jeune chef d’entreprise à qui tout semble réussir.

Yann Borgstedt, 45 ans cette année, est, avec sa sœur Alexandra, le représentant de la cinquième génération au sein du groupe Pelichet. Ce groupe avait démarré à la fin du XIXe siècle en effectuant des livraisons de bois et de charbon, ainsi que des déménagements ou encore le transport de pianos, puis, dès 1984, s’était étendu
à la gestion d’archives pour des tiers. 

Après avoir étudié aux Etats-Unis, Yann Borgstedt rejoint rapidement trois amis d’études qui ont créé un fonds en capital-risque dénommé Global Investment Partners (GIP). Basé à Londres, il va s’occuper durant plusieurs années de gérer les investissements de GIP dans les nouvelles technologies, l’immobilier et le commerce retail. Parallèlement, il cofonde la firme de design web Netarchitects Communications, laquelle sera rachetée peu après par Altran. En 1998, sa famille rachète une partie des activités de l’éternel concurrent genevois de Pelichet, le groupe Natural Le Coultre, en l’occurrence les activités de déménagement.

En 2003, Yann Borgstedt démarre 360 Relocations à Londres, une activité complémentaire à celle du groupe Pelichet. Progressivement, il s’implique dans une activité annexe:
la promotion immobilière, via Previgest, en France et en Angleterre. Il met l’accent sur des projets de développement écologique, y compris sur le développement d’un quartier vert dans le secteur Praille - Acacias - Vernets à Genève, et plus particulièrement sur la création de 400 appartements résidentiels (dont deux tiers de logements sociaux) et une tour résidentielle verte. Ils mandatent, en partenariat avec la Banque Pictet, le groupe Constructa, lequel collabore avec le designer Philippe Starck pour ce dossier. 

En 2011, le groupe Pelichet se défait de sa société de déménagement Pelichet NLC au profit du géant international ACS. Puis tout récemment, Secur’Archiv a été cédé à son tour au groupe australien Recall. Au final, au sein de la galaxie familiale, il ne reste plus que Pelichet Exposition (détenue par Yann et son père), et Katana, la société de destruction de documents, dans laquelle il possède 20%. 

Une approche entrepreneuriale

Parallèlement à ses activités d’entrepreneur, Yann Borgstedt crée en 2004 la Fondation Smiling Children. Sa première action sera de développer au Maroc un programme de réinsertion scolaire de petites bonnes (des filles de 6 à 12 ans). Son réseau personnel lui permet de compter rapidement sur le soutien de Dona Bertarelli, de Cherie Blair, de Caroline Scheufele, de Jean-Claude Biver ou encore de l’actrice Rosanna Arquette. 

En 2010, il transforme Smiling Children en Womanity, un nom qui lui semble plus cohérent avec les programmes de la fondation. Womanity a une approche entrepreneuriale de la philanthropie avec la volonté ferme de mesurer l’impact de ses programmes. Désormais, sa fondation tourne avec un budget annuel de quelque 2 millions de francs dévolus à quatre programmes: 15 écoles pour filles en Afghanistan (dont une école à Kaboul qui accueille plus de 5000 élèves); la première radio dédiée aux femmes au Moyen-Orient (ainsi que le lancement d’une série de fiction radio traitant du rôle des femmes dans les sociétés arabes); le programme WomenChangeMakers, actif en Inde et au Brésil; et le Womanity Award, une récompense créée en 2014 spécialement pour les innovations en faveur de la lutte contre la violence faite aux femmes. 

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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