Bilan

Capturer la croissance des licornes chinoises

Un fonds de capital-risque chinois gérant plusieurs milliards était de passage en Suisse fin avril afin de mettre en avant les opportunités à investir dans les startups asiatiques.

Pour la première fois, la Chine est devenue il y a quelques mois le moteur mondial du capital-risque, passant devant les Etats-Unis en matière de montants investis. En Asie, tout comme aux Etats-Unis, les grands groupes de la tech comme le japonais SoftBank ou le chinois Alibaba investissent, parfois à coup de milliards, dans les entreprises prometteuses. Un des plus mémorables tours de table de l’an dernier est l’investissement de 5,5 milliards de dollars de SoftBank dans Didi Chuxing, considéré comme l’Uber chinois.   

Il y a quelques semaines, un fonds de 1,6 milliard de dollars a même été lancé pour investir dans les startups de la blockchain, à l’occasion du lancement du Hangzhou Blockchain Industrial Park, dans la province chinoise du Zhejiang, avec l’originalité que le gouvernement municipal a participé à hauteur de 30% dans ce fonds. De plus, le gouvernement central chinois a pris récemment certaines mesures fiscales pour encourager encore davantage ces investissements. Les investisseurs et sociétés de capital-risque pourront déduire de leurs revenus 70% des montants investis dans les startups de haute technologie.

A côté des grandes entreprises et des autorités politiques, les fonds d’investissement consacrés au capital-risque fleurissent, créés par des entrepreneurs et/ou des investisseurs. Très orientés sur la Chine et l’Asie, ils commencent à s’ouvrir aux investisseurs étrangers. 

L’un d’entre eux, Zhejiang Zheshang Venture Capital (ZSVC), était d’ailleurs de passage à Genève récemment. ZSVC a son siège à Hangzhou, ville de 10 millions d’habitants où le parc industriel dévolu à la blockchain vient justement d’ouvrir. Cette entreprise de capital-risque créée en 2007 enregistre près de 5 milliards de dollars sous gestion à travers plusieurs fonds de capital-risque et dispose d’une réserve de 1 milliard de dollars pour de futurs investissements…

L’entreprise a reçu de nombreux prix en Asie et compte une centaine d’employés, avec des bureaux à Pékin, Shanghai, Shenzhen, Shenyang et San Francisco. Ces dernières semaines, ZSVC a entamé une tournée internationale, qui est passée aussi bien par l’Australie que par l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient. Le premier pays visité en Europe est la Suisse, à la faveur d’un partenariat de conseil avec Miremont Partners, établi en Chine depuis vingt ans et dont l’un des associés est Suisse.  

E-commerce, fintech, transports...

L’objectif à Genève était de présenter un nouveau fonds d’investissement, le ZAVC Overseas Fund 1, devant une trentaine d’investisseurs potentiels. Ce fonds, domicilié au Luxembourg, a pour but de permettre aux investisseurs étrangers de profiter de l’essor des entreprises chinoises dans les technologies, en particulier celles liées à l’e-commerce, aux fintechs ou encore aux transports. 

Il ne s’agit pas pour autant d’investir dans de jeunes pousses mais plutôt dans des entreprises considérées comme de futures licornes, c’est-à-dire valorisées à plus d’un milliard de dollars. Quelques exemples ont été donnés, comme MissFresh, spécialisée dans le commerce en ligne de produits frais, assurant une livraison en deux heures. Le géant Tencent a déjà investi dans l’entreprise créée par deux anciens cadres de la multinationale Lenovo et qui devrait entrer en bourse avant 2020. Autre exemple: Tencent Music Entertainement, qui ambitionne de devenir le Spotify chinois et qui a engendré 2 milliards RMB de revenus l’an dernier, devrait également entrer en bourse prochainement. 

Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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