Bilan

Caisses de pension: pensez aux start-up

Les investissements dans de jeunes entreprises actives dans des secteurs de pointe restent encore restreints en Suisse. Mais cela pourrait évoluer dans les années à venir. Explications.

Henri Meier, ancien directeur financier, a lancé le projet «Fonds pour l’avenir Suisse».

Crédits: Dr

Suite à certaines mauvaises expériences, notamment lors de la bulle spéculative de la fin des années 1990, de nombreux acteurs institutionnels sont devenus plus réticents à investir dans le capital-risque. Parmi les quelque 2000 caisses de pension que compte la Suisse, beaucoup sont, en outre, trop petites pour se lancer dans un domaine aussi pointu et gérer seules ce type de placement.

C’est notamment pour soutenir les start-up innovantes que le projet «Fonds pour l’avenir Suisse» a été lancé sous l’impulsion d’Henri Meier, ancien directeur financier de Roche. Ce projet vise à faire en sorte que toutes les caisses de pension suisses investissent initialement 1% de leurs entrées de fonds annuelles pour financer des jeunes entreprises actives dans des secteurs de pointe comme la biotechnologie, la medtech, l’énergie, les technologies vertes et les nanotechnologies. 

Pour l’heure, celles-ci ne reçoivent que 0,02% des avoirs gérés par les caisses de pension helvétiques et les compagnies d’assurance vie. A titre de comparaison, aux Etats-Unis, le capital-risque représente 5% des allocations annuelles d’investissement des caisses de pension.

«Un tel fonds pourrait, par exemple, investir à l’avenir dans des véhicules d’investissement tels que les nôtres», souligne Markus Hosang, partenaire chez BioMedPartners, une société de capital-risque bâloise spécialisée dans les jeunes sociétés actives dans la santé et les sciences de la vie. 

Elle gère deux fonds (BioMedInvest I et BioMedInvest II) pour un capital total sous gestion de 250  millions de francs et compte notamment, parmi les investisseurs de son premier fonds, une caisse de pension cantonale.

Basée à Lausanne, la société de capital investissement Defi Gestion comprend également diverses caisses de pension parmi ses investisseurs. 

Elle gère notamment le fonds Initiative Capital Romandie qui se concentre sur des sociétés technologiques basées en Suisse romande, de préférence des projets innovants en phase précoce de développement et à fort potentiel de croissance dans les sciences de la vie, les semi-conducteurs, les technologies de l’information et la cleantech. 

Parmi les actionnaires, on peut mentionner la BCV, les Retraites Populaires, ECA et le Centre patronal.

Exemple zurichois

De son côté, la caisse de pension zurichoise Nest (2900 entreprises affiliées et une fortune sous gestion de près de 2 milliards de francs) mise principalement sur les placements écologiques et éthiques. 

Pour des raisons de diversification, elle a choisi d’inclure dans son portefeuille du capital-investissement dans l’économie propre, par exemple par le biais de la firme spécialisée HgCapital, basée à Londres. A relever que sur ces dix dernières années le rendement moyen de la caisse s’élevait à 4,27%. 

William Türler

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