Bilan

Bourse: le SMI a chuté de 27% en un mois

Les compagnies d’assurances sont les principales victimes de la chute de l’indice des valeurs-vedettes de la bourse suisse au cours des semaines écoulées. La volatilité est extrême sur les marchés depuis le déclenchement de la crise liée à la pandémie de coronavirus.

Les cours des entreprises cotées à la bourse de Zurich ont largement chuté depuis un mois.

Crédits: Keystone

Sur les marchés boursiers, l’année 2020 a débuté sur les chapeaux de roues. Comme les autres indices à l’étranger, le SMI qui comprend les valeurs-vedettes helvétiques, a atteint un record historique à 11 270 points le 20 février dernier. Les acteurs ne souciaient alors guère de ce qui se passait en Chine en dépit de l’épidémie de Covid-19. L’atmosphère était encore à l’euphorie.

Les investisseurs ont commencé à prendre conscience de la gravité de la situation avec les conséquences des ruptures de la chaîne d’approvisionnement des biens intermédiaires et la propagation du virus hors des frontières de l’Empire du Milieu. Le réveil a été brutal. Depuis lors, les marchés n’ont cessé de dévisser.

Les compagnies d'assurance ont chuté

En Suisse, le SMI a perdu 3043 points ou 27% entre le 20 février et 16 mars. La volatilité est extrême. Un seul exemple: lundi dernier, Dufry (le leader mondial des boutiques hors taxes) a d’abord perdu 31% avant de rebondir de 38%. Au cours des premières semaines de cette année, onze des vingt valeurs du SMI avaient atteint leur cours le plus élevé sur une base annuelle. Depuis lors, elles n’ont cessé de dégringoler. Les principales victimes sont les compagnies d’assurances: Swiss Re (-49%), Swiss Life (-45%) et Zurich Insurance (-38,7%). A l’inverse, Roche a bien résisté avec une baisse limitée à 16,75%.

A l’étranger, la situation est encore pire. En France, le CAC 40 s’est effondré de plus de 36% en un mois. Une chute jamais atteinte depuis la déroute boursière de 1929. Malgré la décision de la banque centrale américaine d’intervenir massivement pour stabiliser les marchés des capitaux, Wall Street a connu hier sa pire séance depuis le krach de 1987. Le Dow Jones a perdu 12,93%. Depuis son plus haut niveau historique, il a chuté d’environ 30%.

Sérieuse menace sur la confiance de marché

«Dans des circonstances normales, une réponse politique de grande envergure comme celle-ci parviendrait à soutenir une reprise», affirme à Bloomberg Jason Daw, stratège de la Société Générale à Singapour. «Toutefois, l'ampleur du choc de croissance devient exponentielle et les marchés s'interrogent à juste titre sur ce que la politique monétaire peut faire d'autre et négligent son efficacité pour atténuer les risques de baisse induits par le coronavirus», constate-t-il. Autrement dit, rien ne rassure les marchés.

Faut-il fermer les bourses? Même si la mesure a déjà été prise aux Philippines, on estime que sa généralisation sur le plan mondial est inutile. Mais tout change si vite que rien n’est exclu. «Les circonstances actuelles font peser une sérieuse menace sur la confiance de marché dans l’Union européenne », admet cependant l’Esma, l’autorité européenne des marchés financiers.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

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