Bilan

Bordier renforce sa masse sous gestion à 10,8 milliards

Bordier & Cie est parvenu au premier trimestre 2015 à renforcer sa masse sous gestion à 10,8 milliards CHF. A la fin de l'année dernière, ces avoirs représentaient 10,5 milliards.

La levée du taux plancher EUR/CHF s'est répercuté de manière "modérée" sur les avoirs sous gestion de Bordier & Cie, avec un impact négatif de l'ordre de 2%.

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Bordier & Cie est parvenu au premier trimestre 2015 à renforcer sa masse sous gestion à 10,8 mrd CHF. A la fin de l'année dernière, ces avoirs représentaient 10,5 mrd CHF. L'année en cours devrait se solder par un compte de résultat équilibré et des apports d'argents frais positifs, à condition que les marchés financiers et les taux d'intérêts restent stables. Le groupe bancaire espère régler le litige fiscal aux Etats-Unis d'ici fin 2015.

La migration du système informatique de Bordier sur celui de Lombard Odier pèsera sensiblement sur le résultat du groupe genevois en 2015, a indiqué à AWP Grégoire Bordier, associé, qui parle d'"investissement relativement important" sans toutefois le chiffrer. Les structures situées hors du territoire suisse continueront à assurer l'essentiel des rentrées nettes d'argent frais, comme l'année dernière.

Lors de l'exercice écoulé, les fonds ont afflué principalement des antennes situées à l'étranger, tandis que le siège genevois a enregistré une modeste progression. A l'heure de tirer le bilan, les avoirs sous gestion ont fait du surplace en 2014. "Principalement parce que nous désirons nous séparer d'un certain type de clientèle. Ou plutôt nous avons certaines exigences qui font que certains clients préfèrent se retirer", considère M. Bordier.

Depuis 2009, le nombre de comptes a légèrement fléchi. Grégoire Bordier y voit surtout la conséquence du départ de personnes qui conservaient de petites sommes pour garder un compte actif, pratique rendue obsolète par la perspective de l'échange automatique d'informations. Les nouveaux arrivants n'ont pas tout à fait permis de compenser les sorties.

L'effort de régularisation de la clientèle arrive à son terme au sein de la maison genevoise, fondée en 1844. "Le processus se passe bien. Nous n'employons pas une approche autoritaire et les clients s'avèrent réceptifs", selon l'associé, l'un des représentants de la cinquième génération des Bordier au sein de la banque.

TAUX NÉGATIFS APPLIQUÉS AUX CLIENTS

La levée du taux plancher EUR/CHF s'est répercuté de manière "modérée" sur les avoirs sous gestion de Bordier & Cie, avec un impact négatif de l'ordre de 2%. Le renforcement du dollar a permis de limiter les dégâts. Le groupe genevois compte 25% à 30% d'avoirs libellés en euro. Les positions en francs et dollars représentent une part plus importante que celles en monnaie unique.

Grégoire Bordier se montre en revanche plus incisif contre l'introduction de taux négatifs: la banque ponctionne à 0,75% les dépôts supérieurs à 100'000 CHF. Cela concerne "un certain nombre de clients suisses" mais pas la petite clientèle étrangère. "La différence entre 0 et 100'000 CHF, c'est moi qui la paie", regrette-t-il. Certains clients de Bordier ont préféré pousser la porte de grandes banques qui n'appliquent pas les taux négatifs.

Le groupe a d'ores et déjà crevé le plafond imposé pour les dépôts auprès de la Banque nationale suisse (BNS). "Plus l'établissement est sûr, plus l'impact est grand", constate M. Bordier qui déplore que la BNS pousse ces banques prudentes à prendre des risques. A l'échelle de Bordier, cela se traduit par une tendance à favoriser le crédit et à changer du franc contre des monnaies étrangères. A plus long terme, la banque pourrait même être tentée de réduire son bilan.

La politique monétaire menée actuellement par la banque centrale n'est pas concluante, à en croire Grégoire Bordier. "Les taux négatifs ont un impact faible, voire nul". Pour le banquier, le franc va continuer à s'apprécier.

PROGRAMME US: CONCLUSION ESPÉRÉE EN 2015

Toujours dans l'actualité, les projets de loi sur les établissements et les services financiers (LEFin/LSFin) qui vont être débattus en 2015 aux Chambres fédérales constituent un autre sujet de fâcherie pour Grégoire Bordier. Si ce dernier reconnaît que les textes vont dans le bon sens, il n'arrive pas à dissiper un sentiment d'inquiétude. "N'allons pas trop loin dans la restriction des libertés d'investissement car c'est une valeur ajoutée essentielle à notre place financière", plaide le président de l'Association des banques privées suisses.

L'établissement espère mettre le programme américain de régularisation fiscale derrière lui en 2015. Le groupe bancaire est bien avancé dans les démarches. M. Bordier n'a souhaité fournir aucune indication sur les éventuelles provisions et les coûts liés au programme.

La clientèle de Bordier & Cie, banque privée familiale, est composée à 30% de résidents. L'établissement est spécialisé dans la gestion de patrimoine privé ou encore les mandats de gestion. Elle offre également des prestations dans la gestion d'actifs. Il est présent en Suisse, en Paris, à Londres, à Singapour, en Uruguay et aux Iles Turques et Caïques.

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