Bilan

BNS: transactions bloquées chez PostFinance

L'abolition du taux plancher de 1,20 franc pour 1 euro a causé des perturbations dans les transactions de différents établissements. Beaucoup d'inquiétudes dans les premières réactions.

Chez PostFinance, la nouvelle de l'abandon du taux plancher a créé des perturbations dans les transactions. Rétablissement promis pour la fin d'après-midi.

Au moment de l'annonce de la Banque nationale Suisse (BNS) d'abolir le taux plancher de 1,20 franc pour 1 euro, PostFinance a connu des dérangements au niveau de son trafic de paiements en ligne. Les transactions en francs suisses et en devises étrangères ont été bloquées sur sa plate-forme E-finance. Le blocage résulte de problèmes techniques. PostFinance a dit mettre tout en oeuvre pour résoudre ce dérangement, a indiqué à l'ats la filiale de La Poste Suisse dans les services financiers. Le problème devait être résolu en fin d'après-midi.

Les responsables politiques affichaient aujourd'hui leur incrédulité, à l'instar de Jean-Christophe Schwaab, conseiller national du Parti socialiste (VD). "J'espère que la BNS sait ce qu'elle fait. Des milliers d'emplois sont en jeu", a-t-il averti. "Aujourd'hui, l'économie réelle a perdu", a estimé le vice-président du groupe socialiste au Parlement suisse, Roger Nordmann.

L'inquiétude domine chez les partenaires sociaux. L'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) craint pour sa survie. L'Union syndicale suisse parle de menace pour l'emploi et pour l'industrie d'exportation et le tourisme.

Le groupe français Saint-Gobain a annoncé avoir couvert en euros le montant de la prise de contrôle du groupe zougois de spécialités chimiques Sika. Il réagit ainsi aux interrogations suscitées par l'abandon-surprise du cours plancher du franc sur la valorisation des opérations en cours. "Saint-Gobain, conformément à sa politique de couverture des risques de change, confirme avoir couvert en euros le montant de 2,75 mrd CHF pour l'acquisition du contrôle de Sika", a indiqué le groupe français de matériaux de construction dans un bref communiqué.

Le spécialiste des sciences de la vie Lonza craint de son côté pour son site de Viège, après l'annonce par la Banque nationale suisse (BNS) de l'abandon du cours plancher, a-t-il indiqué jeudi. Le groupe effectue certes des opérations de couverture sur l'euro et le dollar, mais un affaiblissement de la monnaie unique européenne aura un effet négatif sur la compétitivité de son site valaisan. Plus de 90% de la production de Viège part à l'export, pour une grande partie dans la zone euro, a précisé Lonza dans un communiqué. Le cours plancher était un instrument important pour garantir la compétitivité du site, selon le groupe. Ce dernier ne pourra évaluer les conséquences qu'après une stabilisation des taux de change, a-t-il dit.

Des conséquences en Pologne

La nouvelle a créé levé un vent de panique en Pologne où quelque 700'000 ménages détiennent des crédits immobiliers libellés en devises helvétiques, le zloty décrochant de près de 20% face au franc. La bourse de Varsovie chutait jeudi de quelque 2% à la mi-journée.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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