Bilan

BNP Paribas vise une croissance qualitative en Suisse

S'éloignant des marchés à risque dans les domaines fiscal et des matières premières, la plus grande banque étrangère de Suisse espère atteindre 500 millions de revenus et 32 milliards sous gestion d'ici 2020.

Geoffroy Bazin, CEO de BNP Paribas (Suisse). 

Crédits: BNP Paribas

C’est à l’occasion d’un petit déjeuner informel que le CEO de BNP Paribas Suisse, Geoffroy Bazin, a dévoilé les ambitions de la banque en Suisse.

La première banque étrangère de Suisse a mis en place une nouvelle stratégie, qu'elle a baptisée "Swiss forward". La banque, filiale du groupe bancaire français, entend devenir l’interlocuteur européen de référence pour les clients institutionnels helvétiques, les entreprises et les clients privés. En d'autres mots, l'entité suisse s’appuiera sur toute la panoplie d'expertises disponibles dans le groupe pour servir sa clientèle suisse. L'établissement, qui emploie 1400 collaborateurs, dont 1200 à Genève et environ 200 à Zurich, prévoit par ailleurs de se développer outre-Sarine. 

La stratégie vise notamment à accroître les relations avec les entreprises et les institutionnels, offrant des services tels que: des produits de couverture adossés aux salles de marchés européennes du groupe, des financements spécialisés, déjà offerts "à de très grands noms suisses dans la pharma, l'agroalimentaire et les trains", et du financement immobilier, autre spécialité du groupe.


L’établissement - qui entretient déjà des relations avec les 80 plus grandes entreprises de Suisse - aimerait dorénavant développer le marché des moyennes entreprises fortement exportatrices (plus de 250 millions de francs de chiffre d’affaires). L’idée est d’accompagner ces dernières dans leurs exportations, la gestion de leur trésorerie, le financement de leurs bilans sur l'encours de la clientèle ou sur le poste fournisseurs, et leur développement en Europe. Geoffroy Bazin indique que la banque a ciblé 400 entreprises dans tous les secteurs d’activité en Suisse. L’établissement entend ainsi acquérir une centaine de nouvelles entreprises clientes d’ici 2020.  


En dehors de cette activité, la BNP continue de développer ses deux domaines d’activité historiques– l’ADN de la banque - que sont le financement de matières premières et la gestion de fortune. Ces deux secteurs ont été durement frappés par la conjoncture depuis le renforcement d’un certain nombre de réglementations. La banque a ainsi dû s’adapter et investir pour se conformer aux nouvelles exigences et les anticiper, notamment au niveau de la sécurité et de la conformité.  


L’établissement a ainsi vu sa masse sous gestion fondre de 35 milliards à 24 milliards en cinq ans avec la résorption des portefeuilles fiscalement non-conformes. BNP Paribas a pour objectif de revenir à 32 milliards d'ici 2020. Elle a ainsi engagé trente nouveaux gérants depuis 2016 et prévoit d’autres recrutements dans l’année. La banque compte également racheter sur une base opportuniste des portefeuilles de clients auprès de banques de la place, et n'exclut pas de racheter des établissements si le cas se présente et correspond aux critères du groupe.

S'agissant de gestion transfrontalière, BNP Paribas Suisse précise qu’elle se concentre dorénavant sur une soixantaine de pays (contre une centaine auparavant) dont elle connaît l’économie, les régulateurs et la clientèle privée. La banque offre également un service de crédits et de financement hypothécaire à sa clientèle privée. Elle s’est par ailleurs spécialisée dans le financement de jets et de yachts. 

Quant à sa plateforme de financement de matières premières, elle aussi a connu une restructuration et une mise à niveau réglementaire depuis 2008. De 60% du chiffre d'affaires, le trade finance ne pèse plus que le tiers de l'activité, mais il cible désormais des négociants irréprochables, aux bilans solides. L’objectif est désormais de doubler ses revenus d’ici 2020. BNP Paribas compte accroître ses lignes de crédits aux 250 acteurs de ce secteur avec lesquels elle collabore. La banque enregistrait 2000 relations il y a cinq ans. Elle s’est recentrée sur des négociants qui jouent un rôle direct dans l’économie réelle, en s’éloignant d’opérations spéculatives et en appliquant strictement les directives du groupe en matière d’éthique, notamment en ce qui concerne des matières premières comme le charbon ou  l’huile de palme. «Nous souhaitons surtout continuer de développer nos relations avec les acteurs de l’économie réelle», souligne Geoffroy Bazin. 

Alors que la banque enregistrait en 2016 un revenu opérationnel de 380 millions pour un coût opérationnel du même montant – soit le seuil de rentabilité -, l’établissement espère atteindre 500 millions de revenus en 2020. « La banque va devoir probablement réduire encore ses postes industriels, et ses charges», annonce Geoffroy Bazin. Mais il se dit convaincu que faire partie d'un groupe fortement implanté en Europe et employant près de 200'000 personnes sera l'atout qui différenciera la banque sur le marché suisse. 

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