Bilan

BNP Paribas Suisse, laboratoire digital de la banque

Alors que BNP Paribas vient d'annoncer un investissement de trois milliards d'euros dans la transformation digitale (en hausse de 50%), les unités suisses du groupe bancaire jouent le rôle de laboratoire pour expérimenter des solutions numériques nouvelles.
  • BNP Paribas Suisse se positionne en laboratoire pour l'innovation au sein du groupe bancaire français.

    Crédits: Image: BNP Paribas
  • Les collaborateurs du groupe en Suisse ont été invités à proposer des idées et 40 d'entre elles ont été retenues.

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  • Les dirigeants de BNP Paribas Suisse explorent les nouvelles solutions proposées par leurs équipes.

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Malgré une hausse de 15% du bénéfice annuel, le cours de l'action BNP Paribas a reculé à la bourse de Paris mardi 7 février. En dépit d'indicateurs tous au vert, de nombreux investisseurs pointent des faiblesses pour le groupe bancaire, dont des risques de baisse du cours de l'action en cas de vente des parts détenues par l'état belge ou les risques de mesures de régulation accrues en Europe qui pourraient freiner l'activité. Mais dans les craintes des marchés émerge un autre motif: la montée en puissance des nouveaux acteurs, banques en lignes et société fintech. D'où une volonté marquée du côté de BNP Paribas d'accélérer la transition numérique: un investissement de 3 milliards de dollars sera consacré à ce volet d'ici 2020. Et la Suisse fait office de laboratoire dans ce domaine.

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Voici quelques jours, BNP Paribas Suisse organisait son Swiss Next à Genève: une journée destinée à l'ensemble des collaborateurs pour découvrir et apprivoiser les solutions innovantes mises au point par les différentes équipes au sein des unités. Pour Isabelle Jacob-Nebout, responsable développement et innovation, «il est»crucial de se donner les moyens d'être différent et d'accélérer le développement de la banque, en faisant travailler ensemble les différentes générations et les différents métiers». Le groupe qui compte 1500 collaborateurs en Suisse (1200 à Genève, 250 à Zurich et deux bureaux à Bâle et Lugano) s'est donc ouvert à des partenariats avec des universités, des incubateurs et d'autres entreprises pour évoquer le virage numérique. Des missions ont également été menées en Israël et en Espagne pour voir comment certaines entreprises de secteurs aussi traditionnels que l'immobilier ou la construction ont engagé leur mutation digitale.

40 idées retenues pour une banque innovante

«Il y a beaucoup de talents dans la banque. Il faut observer les potentiels, sélectionner les idées les plus prometteuses et donner à ceux qui les portent les moyens de les mener à bien», poursuit Isabelle Jacob-Nebout, qui reconnaît avoir «vu renaître la volonté et la motivation chez certains qui s'étaient parfois un peu assoupis».

Pour Geoffroy Bazin, CEO de BNP Paribas Suisse, «on voit beaucoup d'initiatives se développer et se concrétiser dans le digital depuis 18 mois». Il a donc supervisé une stratégie de transformation numérique «basé sur quatre piliers: l'intégration au groupe, l'innovation, la responsabilité et la sécurité». Et l'ambition du groupe se déploie dans l'ensemble des domaines d'activités, depuis le trading de matières premières jusqu'aux activités de banque commerciale ou de banque privée et de wealth management.

Concrètement, un appel a été lancé à l'ensemble des équipes pour faire remonter toutes les suggestions et 40 idées ont été sélectionnées. «Nous les avons catégorisées en trois piliers: sécurité informatique, mobile et home-working, et enfin digitalisation et robotisation. Le premier pilier est le socle des deux autres, et nous voulons passer d'une architecture informatique fermée à une architecture ouverte tout en garantissant un maximum de sécurité, via une collaboration notamment avec deux startups de la scène fintech de Genève pour encrypter les données. Le deuxième pilier constituera également une révolution pour les collaborateurs: nous n'avions pas de wifi dans le bâtiment voici six mois et nos équipes avaient des BlackBerry; nous les avons tous équipés d'iPhone et d'iPad et nous aimerions à terme proposer du flex-office à ceux qui le souhaitent. Enfin le troisième pilier concernera clients et collaborateurs, avec des tâches à faible valeur ajoutée confiées à des robots tandis que nous constituerons une équipe de business intelligence avec des data scientists afin d'explorer le plus finement et le plus profondément possible les données clients, pour proposer à ces derniers des solutions les plus personnalisées», détaille Kim-Andrée Potvin, COO de BNP Paribas Suisse.

Wealth management et trading sont concernés

Parmi les projets les plus aboutis figure Odyssey, une plateforme de wealth management destinée aux clients de BNP Paribas et développée avec des étudiants de l'Université de Paris-Dauphine, vierges de toute connaissance du monde bancaire mais très doués dans la programmation de systèmes informatiques. Autre projet majeur issu des 40 idées retenues par la direction de la banque: Commoconnect, un outil big data destiné à développer la ligne Specialized Trade Solutions (STS). «Commoconnect prend les données disponibles au sein du groupe mais collecte aussi des datas certifiées et vérifiées à l'extérieur, les associe et les structure afin d'affiner les analyses des experts», expliquent ses concepteurs.

Autant d’outils de nature à doter les équipes de BNP Paribas de nouveaux atouts pour rendre leur travail plus efficace encore à l’avenir et rester compétitif face à l’émergence de nouveaux acteurs. Afin que, demain, les investisseurs comprennent que l’investissement de trois milliards d’euros du groupe dans l’innovation permettra de rester à la pointe.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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