Bilan

Big data, mobile, intelligence artificielle: UBS prépare l'avenir

Entre son service UBS Advice et un concours récemment remporté par une société singapourienne pour amener de l'intelligence artificielle dans la gestion de fortune, UBS se projette dans l'univers technologique.
  • UBS veut mettre à profit tous les potentiels des technologies de pointe pour rester leader dans le domaine bancaire au niveau mondial.

    Crédits: Image: Reuters
  • Chaque nuit, des robots auscultent les portefeuilles des clients et proposent des solutions à ceux-ci via notifications sur le mobile au petit matin.

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  • Les titres et biens détenus par le client sont scrutés et analysés en détail, puis ces analyses sont vérifées par des experts de la banque au petit matin.

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  • Les solutions étudiées par les robots d'UBS puisent dans un très large corpus de données et sont validées et vérifiées par des experts.

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Voici une trentaine d'années, les clients des services de gestion de fortune des grandes banques confiaient leur destin à leur conseiller et devaient lui téléphoner ou évoquer de visu avec lui des placements, stratégies, options et autres choix pour leur portefeuille de valeurs. Trois décennies plus tard, cet univers a profondément changé. «A l'époque, les cours de la Bourse de la veille paraissaient dans le journal chaque matin. Mais pour avoir les évolutions en direct, il fallait téléphoner à son conseiller. Aujourd'hui, c'est en page d'accueil de son smartphone que chacun peut consulter toutes les places boursières du monde», constate Jean-Raphaël Fontannaz, porte-parole d'UBS.

Web, mobile, mais aussi big data ou intelligence artificielle, la première banque suisse se lance tous azimuts dans les opportunités nouvelles offertes par les recherches et les innovations les plus récentes. «En tant que numéro un mondial de la gestion de fortune, nous percevons trois tendances lourdes qui, à notre sens, vont fondamentalement remodeler notre secteur. La première est le glissement vers le mobile et vers le multicanal. Nous devrons offrir nos services de la même façon que nos clients se procurent tous leurs autres services: instantanément, tous canaux confondus et de manière nomade. La deuxième est le potentiel qu'offre le «big data» pour mieux comprendre le monde, afin de prendre de meilleures décisions concernant la constitution et la conservation de patrimoine. Et la troisième, c'est l'impact des médias sociaux», expliquait Jürg Zeltner, CEO d'UBS Wealth Management, dans une tribune parue le 11 décembre 2014 dans L'Agefi.

Les portefeuilles auscultés pendant la nuit

D'ores et déjà, une série de solutions ont été mises en place. L'une des plus emblématiques réside dans le programme UBS Advice (une surveillance permanente de la qualité du portefeuille et des conseils individuels avec rémunération du conseil). «UBS a déployé une stratégie multicanal avec un mix de conseillers et d'outils digitaux», précise Andreas Kubli, responsable de la stratégie multicanale et de la digitalisation chez UBS, qui intègre le développement des canaux numériques. Le principe est celui d'une double analyse et proposition de solutions en se basant sur les données à disposition. «Pendant la nuit, des ordinateurs auscultent et testent plus de 650'000 portefeuilles au cours d'un processus baptisé Health Check, évaluent les potentiels de quelque 50'000 opportunités pour chaque portefeuille et, chaque matin, 120 experts auscultent ces solutions et valident les propositions», détaille Andreas Kubli.

Ce Health Check qui mêle big data et analyse humaine est disponible à tout moment sur l'ordinateur ou l'iPad des clients grâce aux solutions e-banking. «Pour bénéficier d'un tel service voici vingt ans encore, il fallait prendre rendez-vous avec son conseiller et éplucher le portefeuille scrupuleusement. Désormais, chaque client peut réagir à tout moment et bénéficier de solutions et d'idées supplémentaires», rappelle Andreas Kubli.

Cette évolution n'est pas sans impact sur le métier de conseiller qui, de fournisseur d'informations boursières, se voit de plus en plus amené à affiner une réelle expertise très poussée (rôle qu'il tenait déjà avant) et à sélectionner de la bonne information: «Le conseiller doit désormais savoir explorer la masse de données de plus en plus importante qui arrive et en extraire précisément les informations qui pourront se révéler cruciales pour son client, sur la base de son expertise», relève le responsable de la stratégie multicanale et de la digitalisation.

SumUp et Sqreem pour innover sans cesse

Pour tout cela, le maître-mot chez UBS est «Multi Channel»: cette approche plurimodale vise à offrir au client une palette la plus large et la plus poussée de services financiers basés sur les dernières avancées technologiques. Dans le domaine corporate comme dans le secteur e-banking ou encore pour les paiements, diverses solutions sont donc explorées. C'est ainsi que l'un des projets innovants d'UBS, mené avec SumUp, a été récemment lauréat d'un concours: il permettra à des petits commerces et des prestataires de service même itinérants de disposer d'un terminal de paiement pour cartes facile d'emploi et sans frais de location ou abonnement.

La semaine dernière, une autre initiative a été annoncée: une société singapourienne spécialisée dans l'intelligence artificielle, Sqreem Technologies, a remporté un concours d'innovation organisé par UBS en Asie: l'idée serait d'utiliser des solutions de pointe en matière d'intelligence artificielle pour extraire d'un très large corpus de données les plus significatives pour le client et les faire parvenir à ce dernier sur le terminal de son choix à tout moment. «UBS a choisi l'Asie car les clients sur ce continent y sont les plus sensibles aux innovations en matière de mobile banking, davantage qu'en Europe ou aux USA. Mais les solutions possibles avec Sqreem ne sont pas à attendre dans le court terme: ce concours s'inscrit dans le cadre d'une vaste veille technologique destinée à maintenir UBS en pointe pour l'innovation. Il faut voir cela comme des pistes d'avenir», précise Jean-Raphaël Fontannaz.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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