Bilan

Berkshire Hathaway, un formidable empire

Acheté il y a cinquante ans, le conglomérat est devenu le véhicule d’investissement de Warren Buffett. Portrait.

Ces dernières décennies, Buffett a racheté un immense bric-à-brac de sociétés couvrant les branches les plus diverses de Corporate America, du fabricant de sucreries See’s Candies au producteur de vêtements Fruit of the Loom, en passant par des éditeurs comme Buffalo News ou le groupe chimique Lubrizol.

Reste que l’influence du «Sage d’Omaha» sur les affaires courantes de ses filiales se limite au minimum. Il n’y a pas de départements centralisés, tels que marketing, achat ou ressources humaines. La maison mère est avant tout responsable de décider de l’allocation du capital disponible, de coordonner les prises de participations, et de nommer les patrons de filiales. Cette approche se traduit aussi dans la structure du personnel. C’est ainsi que la centrale compte 25 personnes pour un total de 340  000 salariés.

Les comptes de résultats illustrent à quel point le portefeuille de Berkshire Hathaway est diversifié. En 2014, le secteur des assurances a certes contribué à 26% du bénéfice global. Mais, au-delà, les fondations sont largement équilibrées.

La taille du secteur de la réassurance a quand même soulevé des questions de stabilité. C’est ainsi que la Bank of England relevait récemment que Berkshire Hathaway n’avait pas été admis dans la liste des Financial Stability Boards, sur laquelle figurent les établissements d’importance systémique («too big to fail»). Dans sa dernière lettre aux actionnaires, Buffett écrivait à ce propos que le département dirigé par Ajit Jain n’exposerait jamais le conglomérat à des risques susceptibles de déborder les ressources de capital disponibles.

Outre ses filiales consolidées, Berkshire Hathaway dispose d’innombrables participations en actions dont la valeur s’établissait fin 2014 à plus de 117 milliards de dollars. Dans ses décisions d’investissement, Warren Buffett se conforme par principe à sa résolution: «Mieux vaut acheter une formidable entreprise à un prix correct qu’une entreprise correcte à un prix formidable.»

Miser sur les «Big Four»

La qualité de l’investissement détourne Warren Buffett de sa position sur le marché. Il privilégie ainsi les entreprises de branches au ticket d’entrée élevé, qui conféreront des avantages compétitifs à long terme. Comme dans le cas du géant des sodas Coca-Cola, qui est au cœur du portefeuille de Berkshire depuis belle lurette déjà.

L’année dernière, la proportion de participations aux «Big Four» (Wells Fargo, American Express, Coca-Cola et IBM) a continué d’augmenter. Deux raisons: ces groupes ont un modèle d’affaires excellent, et ils sont dirigés par des managers aussi talentueux qu’orientés actionnaires. Chez IBM, de nouveaux titres ont été acquis en 2014.

Pour les trois autres grandes entreprises, la proportion de participations a augmenté automatiquement, car les programmes de rachat d’actions ont réduit le nombre de titres en circulation. Vu la longue durée de détention, on ne s’étonnera guère que presque toutes les positions soient notablement à la hausse. Au début de l’année, seule la participation IBM, prise en 2011 seulement, restait dans le rouge.  

Frank Heiniger

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