Bilan

Barclays double sa perte nette en 2015

Barclays a plus que doublé sa perte nette en 2015 à cause d'une envolée des provisions versées dans le scandale d'assurance-crédits au Royaume-Uni.

Barclays a dû aussi provisionner l'an passé des sommes pour d'autres scandales, comme celui des manipulations sur le marché des changes.

Crédits: Reuters

Barclays a doublé sa perte nette en 2015 à cause d'une envolée des provisions dans un scandale d'assurance-crédit au Royaume-Uni (PPI), et va céder sa majorité dans sa filiale Barclays Africa pour se concentrer sur ses activités européennes et américaines.

L'action de la banque britannique chutait de 9,56% à 155,60 pence à la Bourse de Londres mardi vers 15H00 GMT, les investisseurs déplorant une réduction de plus de moitié du dividende attendu en 2016 et 2017 par rapport à celui de 2015.

Lors de l'année écoulée, la banque britannique a accusé une perte nette de 394 millions de livres (500 millions d'euros).

Barclays a expliqué avoir mis de côté 2,2 milliards de livres supplémentaires (2,8 milliards d'euros), contre 1,3 milliard en 2014, pour indemniser des clients lésés par l'affaire des PPI (Payment Protection Insurance).

Ces assurances étaient destinées à soutenir les emprunteurs qui se retrouveraient dans l'incapacité de rembourser un prêt ou de faire face aux échéances liées à leur carte de crédit. Mais dans les années 2000, il est apparu que ces PPI, vendues massivement durant la décennie précédente, comportaient des clauses cachées faisant que l'emprunteur ne pouvait en bénéficier lorsqu'il en avait besoin.

Barclays a dû aussi provisionner l'an passé des sommes pour d'autres scandales comme celui des manipulations sur le marché des changes qui suscite un certain nombre d'enquêtes notamment aux États-Unis.

La banque britannique a par ailleurs évalué à pas moins de 580 millions de livres (740 millions d'euros) ses pertes liées à la vente d'activités en Espagne, au Portugal et en Italie.

Ancrée à Londres et New York

L'établissement, dirigé depuis décembre par Jes Staley, a au final annoncé une série de mesures "stratégiques" pour faire face aux "difficultés héritées du passé". Il a notamment annoncé son intention de vendre une partie de Barclays Africa, de façon à ne détenir plus qu'"une part non-majoritaire d'ici deux à trois ans", a précisé M. Staley lors d'une conférence téléphonique.

Barclays en détient aujourd'hui 62,3%, l'essentiel du reste étant coté à la Bourse de Johannesburg où l'établissement a son siège, et cette part vaut sur le marché quelque 72 milliards de rands (4,1 milliards d'euros).

Barclays Africa est présente dans 12 pays d'Afrique où elle compte environ 12 millions de clients. Barclays y a acquis une part majoritaire en 2005 mais les revenus qu'elle en tire ont pâti ces derniers mois de la chute du rand sud-africain.

Dans son rapport annuel, Barclays explique par ailleurs qu'une filiale de Barclays Africa, Absa Bank, avait "identifié une possible activité frauduleuse de certains clients" en lien avec le marché des changes, et souligne procéder à un "passage en revue" des activités concernées.

Barclays Africa s'est voulue de son côté rassurante sur son futur sans son actuelle maison-mère à la barre. "Notre avenir est en Afrique", a expliqué sa directrice générale, Maria Ramos, lors d'une conférence de presse à Johannesburg. "Nous avons investi massivement sur le continent ces trois dernières années et allons continuer de le faire", a-t-elle ajouté, assurant que sa stratégie ne serait pas modifiée par le changement d'actionnariat à sa tête.

La vente d'une part de la principale filiale africaine de Barclays entre dans le cadre d'un approfondissement du processus de simplification et de concentration sur les points forts de la banque initié par le prédécesseur de M. Staley, Antony Jenkins, avant d'être poussé vers la sortie en juillet dernier par le conseil d'administration qui souhaitait du sang neuf pour accélérer la restructuration.

Sous l'égide de M. Jenkins, Barclays avait mis sur les rails un vaste plan de suppression de 19.000 emplois, toutes divisions confondues, toujours en cours.

Son successeur a expliqué mardi qu'il voulait "accélérer" le retrait de la banque d'opérations ou de territoires jugés non stratégiques, rappelant les fermetures d'activités de banque d'investissement dans neuf pays annoncées en janvier, notamment en Asie mais aussi en Russie.

Afin de mettre un terme aux ambitions démesurées qui l'avaient exposée à une série de scandales, dont celui du Libor, Barclays veut désormais devenir "une banque transatlantique pour les consommateurs, les entreprises et l'investissement ancrée dans les deux centres financiers mondiaux de Londres et New York".

Comme ses concurrentes, la banque explique subir les conséquences d'une croissance mondiale moins dynamique et de normes de régulation plus strictes.

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