Bilan

Barclays condamnée pour avoir mis en danger les actifs de ses clients

La deuxième banque britannique s'est vue infligée une amende de près de 38 millions de livres par l'Autorité de conduite financière. "Après Lehman, il n'y a plus d'excuses au fait de ne pas protéger les actifs des clients", a déclaré un responsable de la FCA.

Cette décision représente un énième coup à la réputation de Barclays, impliquée depuis quelques années dans une série de scandales. L'un des plus retentissants d'entre eux, celui de la manipulation des taux interbancaires Libor, avait coûté sa place à l'ancien directeur général de la banque, Bod Diamond, en 2012.

Crédits: Keystone

Barclays a été condamnée mardi à une nouvelle amende, cette fois-ci pour n'avoir pas suffisamment protégé les fonds de ses clients, illustrant une nouvelle fois combien la banque britannique peine à s'affranchir des errements du passé qui ternissent son image.

L'Autorité de conduite financière (FCA) lui a infligé une amende de près de 38 millions de livres (48 millions d'euros) d'amende pour avoir mis en danger 16,5 milliards de livres d'actifs de ses clients.

La somme est certes minime à l'échelle de la deuxième banque britannique par les actifs mais c'est l'amende la plus élevée jamais imposée pour ce motif par le régulateur au Royaume-Uni.

"Barclays a échoué à appliquer les leçons de nos précédentes décisions et de nos nombreuses mises en garde au secteur, exposant ses clients à un risque qui n'était pas nécessaire", a déclaré Tracey McDermott, une des responsables de la FCA.

"Toutes les firmes doivent bien comprendre qu'après Lehman, il n'y a plus d'excuses au fait de ne pas protéger les actifs des clients", a-t-elle ajouté, en référence à la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en 2008.

La FCA reproche ainsi à la division de banque d'investissements de Barclays des "faiblesses significatives" dans ses contrôles entre novembre 2007 et janvier 2012. La banque n'avait pas respecté les règles qui permettent de protéger les actifs des clients en cas de faillite. Dans certains cas, les actifs semblaient appartenir à la banque elle-même et non à ses clients.

Barclays a aussitôt accepté sa responsabilité, tout en soulignant qu'aucun client n'a été lésé et n'avoir tiré aucun bénéfice de cette situation.

UNE LISTE SANS FIN DE LITIGES

Cette décision représente un énième coup à la réputation de Barclays, impliquée depuis quelques années dans une série de scandales. L'un des plus retentissants d'entre eux, celui de la manipulation des taux interbancaires Libor, avait coûté sa place à l'ancien directeur général de la banque, Bod Diamond, en 2012.

Son successeur Anthony Jenkins s'est montré bien décidé à restaurer l'image de la banque et a largement coupé dans l'activité de banque d'investissements mais les erreurs du passé continuent à venir le rattraper.

"L'amende "record" d'aujourd'hui semble plutôt sans importance en comparaison du reste", a ainsi souligné Ian Gordon, analyste chez Investec.

Les derniers résultats financiers de Barclays comptent en effet plus de dix pages consacrées aux problèmes "légaux, de concurrence et de régulation" qui la concernent. La liste semble sans fin.

Barclays devrait ainsi payer une amende de 50 millions de livres sur les conditions d'une levée de fonds au Qatar en 2008 et les autorités britanniques et américaines enquêtent sur le volet pénal de l'affaire.

La justice américaine l'accuse aussi d'avoir favorisé le courtage à haute fréquence sur sa place de marché interne, aux dépens de ses autres clients.

Toujours aux États-Unis, la commission fédérale de régulation de l'énergie (FERC) lui réclame 453 millions de dollars pour avoir manipulé les prix de l'électricité.

Dans l'affaire de la manipulation du Libor, Barclays a payé 290 millions de livres d'amendes aux régulateurs britanniques et américains mais le volet pénal se poursuit et le groupe fait face à diverses plaintes.

Les soupçons des autorités se sont depuis étendus à la fixation de l'ISDAfix (l'indice de référence des contrats d'échanges - swaps - de taux d'intérêts) et au gigantesque marché des changes. Barclays est à chaque fois visée, parmi d'autres établissements.

La banque a aussi été condamnée en mai à 26 millions de livres d'amendes au Royaume-Uni pour des manquements sur le marché de l'or.

Barclays est encore poursuivie ou soupçonnée aux États-Unis pour divers litiges dont certains liés à la chute de Lehman Brothers ou à des créances hypothécaires titrisées (RMBS).

Comme d'autre banques britanniques, elle doit aussi rembourser des petites et moyennes entreprises auxquelles elle avait abusivement vendu des produits de couverture contre les variations de taux d'intérêts.

Mais le plus gros scandale en termes financiers et d'impact sur le grand public britannique reste de loin celui de la vente forcée aux particuliers d'assurances crédit dites PPI ("Payment Protection Insurance"). Des milliards de livres de provisions ont été passées mais l'affaire est pour l'essentiel réglée.

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