Bilan

BancaStato propose de racheter le capital-actions de BSI

La Banque cantonale du Tessin (BancaStato) a déposé fin décembre 2015 une lettre d'intention non contraignante portant sur l'ensemble des actions de BSI.

L'établissement cantonal souligne que le rachat de BSI est une "excellente opportunité d'investissement, tant sur le plan financier qu'au niveau des synergies", et qu'il est "dans l'intérêt de l'ensemble de la place financière tessinoise et du canton d'éviter un possible démembrement de BSI".

Crédits: Keystone

La Banque cantonale du Tessin (BancaStato) a indiqué jeudi avoir déposé fin décembre 2015 une lettre d'intention non contraignante portant sur l'ensemble des actions de BSI, filiale du groupe financier brésilien BTG Pactual. Selon un communiqué, l'offre a été réalisée avec deux partenaires dont l'identité n'a pas été révélée.

Contacté par AWP, le directeur général (CEO) de BancaStato, Bernardino Bulla, n'a pas souhaité apporter plus de détails sur le profil ou la nationalité des partenaires "importants et sérieux" évoqués dans le communiqué, pas plus que sur le montant de l'offre, qualifié de "raisonnable".

L'établissement cantonal souligne que le rachat de BSI est une "excellente opportunité d'investissement, tant sur le plan financier qu'au niveau des synergies", et qu'il est "dans l'intérêt de l'ensemble de la place financière tessinoise et du canton d'éviter un possible démembrement de BSI". M. Bulla estime que si le rachat devait aboutir, "on aura pu faire d'une pierre deux coups".

BancaStato, dont le Tessin est l'actionnaire exclusif, indique avoir informé le gouvernement cantonal des démarches entreprises et "attend de voir l'évolution de la situation". Celle-ci pourrait se dégrader considérablement au cas où la nouvelle maison-mère de BSI, empêtrée dans un vaste scandale politico-financier, venait à faire faillite.

Feu vert brésilien

De son côté, BTG a confirmé par voie de communiqué avoir reçu "une offre non contraignante de tiers concernant l'acquisition de BSI". Le conseil d'administration de la banque d'investissement brésilienne a également signalé qu'il avait autorisé sa filiale tessinoise à entamer les négociations avec les acquéreurs potentiels.

Le groupe brésilien a par ailleurs déclaré qu'à ce stade, il n'était pas en mesure de confirmer si les parties parviendraient à un accord "sur les termes et conditions liés à cette transaction".

Le rachat de BSI par BTG, finalisé en septembre 2015, s'était étendu sur plus d'une année, en raison notamment du différend fiscal avec les Etats-Unis. Celui-ci s'était soldé par une amende de plus de 211 mio CHF, la plus forte sanction à ce jour pour une banque de catégorie 2.

La banque privée tessinoise s'est ensuite retrouvée progressivement dans l'oeil du cyclone, après que sa nouvelle maison-mère a brusquement éprouvé des lacunes de liquidités suite à la débâcle financière qui a suivi l'arrestation de son patron André Esteves fin novembre.

Depuis, rumeurs et démentis concernant le rachat de l'établissement se sont succédé, le dernier en date remontant à hier. Annoncée comme acquéreur imminent de BSI dans un article de la "Handelszeitung", la banque privée bâloise J. Safra Sarasin avait annoncé dans la soirée ne pas être sur les rangs pour un rachat de son homologue tessinoise.

Une "très bonne chose"

Pour l'économiste et ex-rédacteur en chef adjoint du "Corriere del Ticino" Alfonso Tuor, ce serait une "très bonne chose" que BSI soit reprise par BancaStato. "Cela voudrait dire que le centre décisionnel retournerait au Tessin", a-t-il confié au portail Ticinonews.

L'expert rappelle que même si BSI avait pu conserver une certaine autonomie opérationnelle, les "leviers du pouvoir" restaient en mains brésiliennes, comme elles l'avaient été en mains italiennes, du temps où la banque tessinoise était la propriété du géant de l'assureur Generali.

"Reste à savoir maintenant comment l'opération pourra être financée", poursuit l'économiste, qui n'exclut pas un prix de vente inférieur aux 1,2 mrd CHF déboursés par BTG pour racheter BSI.

Le rachat par BancaStato serait aussi sans doute la meilleure option au niveau du maintien des postes de travail au Tessin, estime Alfonso Tuor, "même si BSI, indépendamment de son acquéreur, sera sans aucun doute soumise à une cure d'amaigrissement".

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