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Axa IM tempère avant l'entrée en bourse d’Uber

Axa Investment Managers s’est fendu d’un commentaire de marché vendredi matin. Un expert rappelle que le modèle d’Uber n’est pas rentable, et doute donc de son intérêt en bourse.

L'application bien connue prévoit son entrée en bourse le 9 mai.

Crédits: DR

«Ce n’est que grâce à un ensemble favorable de financements de capital-risque et à des prix excessivement bas que l’entreprise a pu attirer de nouveaux utilisateurs jusqu’ici. Ce modèle n’est pas rentable.» L'analyste d'Axa Investment Managers au sujet de l’introduction en bourse d’entreprises comme Uber est formel: le modèle de l’autopartage est à discuter. A moins d’une semaine de l’entrée en bourse du géant des VTC (voiture de transport avec chauffeur), le commentaire rejoint la base grandissante des sceptiques. Cet article de CNBC parle par exemple d’une communauté plus large, disant que l’entreprise arrive sur le marché en étant déjà surévaluée. Uber viserait les 91,5 milliards de capitalisation boursière. Son entrée en bourse est prévue le 9 mai. 

Si une certaine euphorie est à prévoir d’emblée, c’est surtout le long terme qui intéresse les experts d’AXA Investment Managers. «Nous attendons donc de voir si Uber peut augmenter sa rentabilité sans augmenter ses prix, ce qui est crucial pour l’offre globale et la compétitivité. Il y a beaucoup de concurrence dans le covoiturage» note Mark Hargraves, responsable de Framlington Global Equities chez AXA Investment Managers. Pour lui, l’autopartage en général représente encore un risque pour un investissement durable et à long terme. A noter qu'en 2018, Uber a réalisé une perte nette d'1,8 milliards de dollars, après avoir perdu 4,5 milliards en 2017.

Attention au long terme

Mark Hargraves met en garde sur la rentabilité à long terme des plateformes et services liés aux nouvelles technologies. «Celui qui est patient et qui observe à quel point les innovations peuvent finalement être intégrées dans un modèle d’affaires économiquement viable et générer des profits, peut séparer le bon grain de l’ivraie» affirme encore Mark Hargraves dans son commentaire de marché. Il rappelle que la croissance à court terme n’est de loin pas synonyme de réussite à long terme. D’où l’intérêt de prendre son temps. L’expert en investissements justifie ainsi le délai entre l’introduction en bourse de Facebook et la possibilité d’y investir. Il parle ainsi des quatre trimestres entiers de patience avant de reconnaître la viabilité commerciale de la plateforme publicitaire.

Au-delà d’Uber, Mark Hargraves désigne d’autres opportunités d’investissement dans le futur. Il évoque notamment Waymo, une filiale d’Alphabet - la société mère de Google.

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