Bilan

Antoine Hubert défend la légalité des pratiques du groupe Genolier

Ses médecins étant tous indépendants, Genolier Swiss Medical Network ne peut les contraindre à choisir de travailler avec tel ou tel fournisseur, selon l'administrateur délégué du groupe.
  • Antoine Hubert, entrepreneur valaisan et actionnaire du groupe Genolier.

    Crédits: Dr
  • Selon l'administrateur, les attaques sont sans fondement car les pratiques ont été jugées légales par le Tribunal fédéral.

    Crédits: Image: Archives

De retour des Etats-Unis, Antoine Hubert nous a accordé un entretien exclusif suite aux attaques dont Genolier Swiss Medical Network (GSMN) a été la cible. Nous le rencontrons alors qu’il rentre des assemblées générales des sociétés AEVIS Holding et Victoria-Jungfrau Collection  qui se sont tenues à Interlaken et dont la fusion donne naissance à Aevis Victoria.

Deux journaux du dimanche ont mis en cause la gestion et la légalité des pratiques de GSMN. Or, comme nous le rappelle l’administrateur délégué, « la loi s’adresse initialement aux prescripteurs ou à ceux qui les emploient. Or nous n’employons pas les médecins. Ces derniers sont tous indépendants. Les seuls médecins salariés sont les médecins assistants, excepté en radiothérapie. Dès lors, nous n’avons de toute façon aucun moyen de forcer les médecins à travailler avec tel ou tel fabricant de médicaments, par exemple», argumente le Valaisan.

Distinguer biens consommables et investissements

C’est d’ailleurs le leitmotiv d’Antoine Hubert : «A mon sens, c’est là que réside la clé du succès. Si vous salariez les médecins, non seulement vous limitez leur rémunération, mais en plus ils vont se transformer en fonctionnaires. Voilà pourquoi la plupart des salles d’opération des hôpitaux publics ne fonctionnent jamais en soirée. Les anesthésistes s’arrêtent généralement de travailler vers 17h. En les salariant, nous cassons leur dynamisme.» Et de nous confier que lorsqu’Aevis a repris l’Hôpital de la Providence à Neuchâtel, une des premières mesures qu’ils ont prises étaient de licencier le corps médical pour leur rendre une certaine souplesse, ainsi que davantage de responsabilités.

Autre argument cité par Antoine Hubert : il faut différencier les biens consommables des investissements. «Il est naturel que nous mettions nos fournisseurs sous pression pour obtenir les prix les plus bas. Je vous cite un exemple : un lit médical fabriqué en Allemagne sera moitié moins cher en France qu’en Suisse. Comme nous avons une clinique en France, nous demandons des offres et ensuite nous challengeons le distributeur suisse. C’est ainsi que ce dernier consent généralement à nous faire un rabais. »

Des pratiques jugées légales par le Tribunal fédéral

La législation suisse permet d’importer des biens directement de l’étranger sans passer par un distributeur, sauf en ce qui concerne le tabac, l’alcool et les médicaments. «Cela nous empêche d’être en position  de négocier des rabais, excepté un petit rabais sur les volumes, comme n’importe qui. Ces rabais ont été déclarés légaux par le Tribunal fédéral en 2012. Ces rabais n’ont pas besoin d’être répercutés sur les prix.»

Pour gérer au mieux la marche des affaires et tenter d’obtenir ses rabais sur les volumes, GSMN essaie de restreindre le nombre de fournisseurs, comme par exemple pour les prothèses. «Nous en avons choisi deux avec un comité de médecins, alors que les hôpitaux publics n’en prennent souvent qu’un seul. Cela étant, nos médecins sont libres de choisir qui ils veulent.» 

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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