Bilan

Alliancefinance, un lobby qui perce à Berne

Des gérants et banques de gestion, tant alémaniques que romands, s’allient pour défendre les petits et moyens acteurs de la finance suisse.

L'ancien conseiller national appenzellois Arthur Loepfe préside le comité.

Crédits: DR

Annoncée par le magazine Schweiz am Sonntag, la création du lobby «alliancefinance» est un événement pour la place financière. Fondé grâce à l’impulsion du Groupement patronal des gérants de patrimoines à Genève (GPGP), il comprend des gestionnaires de fortune, des fiduciaires, des gérants de fonds et des banques de gestion, tant alémaniques que romands.

Leur objectif: promouvoir «l’autorégulation, la sécurité du droit, la stabilité et la discrétion, valeurs qui ont fait le succès de la Suisse». Alliancefinance vise à intervenir dans le processus législatif en vue d’atténuer les excès réglementaires et les coûts élevés de lois redoutées comme la LBA révisée, la FINFRAG-LFIM, ou encore la FIDLEG.

«Ces règles modifient le travail des acteurs de la finance, souligne le consultant Dominique Morisod, membre du comité du lobby. Il faut s’impliquer en amont, car il est difficile de changer une loi en vigueur. Il faut surtout éviter le particularisme suisse hors sujet, trop lourd et aux conséquences hasardeuses. La Suisse ne doit surtout pas appliquer ces règles avant la concurrence.» 

Arthur Loepfe à la présidence

Autre membre engagé, Hans Geiger, ancien professeur à l’Université de Zurich, qui a soutenu dès le départ le lobby. «J’estime nécessaire de défendre les petits acteurs tels que les gérants indépendants, les petites banques privées et les hedge funds, qui se sont avérés les plus innovants et dont la croissance a le plus profité au tissu économique.»

Le comité est présidé par l’ancien conseiller national appenzellois Arthur Loepfe; le gérant de fortune Jacques Bally est vice-président. Derrière cette initiative, un conseiller national UDC zurichois, discret et très malin: Gregor Rutz, qui a œuvré dans l’ombre pour que le projet devienne réalité. 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante, spécialisée en économie et finance, et conseillère pour influenceurs et leaders d’opinion. Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque genevoise Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale". Elle obtient le prix Schweizer Journalist 2008. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle prédit que la fin du secret bancaire profitera à d'autres centres financiers. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin du billet vert comme monnaie de réserve, puis «La finance de l'ombre a pris le contrôle» en 2016.

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